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Publié par Doumek

Car l’homme, ce n’est pas un homme abstrait, « accroupi hors du monde », c’est « le monde de l’homme », l’homme en société qui produit, échange, lutte, aime. C’est l’État, c’est la société. Une fois admis que cet homme réel n’est pas la créature d’un Dieu tout-puissant, reste à comprendre d’où lui vient le besoin de s’inventer une vie après la vie, et d’imaginer un Ciel débarrassé des misères terrestres : « La misère religieuse est tout à la fois l’expression de la misère réelle et la protestation contre cette misère-là. La religion est le soupir de la créature opprimée, l’âme d’un monde sans cœur, de même qu’elle est l’esprit d’un état de choses dépourvu d’esprit. La religion est l’opium du peuple. »

Daniel Bensaïd, Les Annales franco-allemandes ou « le tournant parisien » de Marx, 2000

Ce texte sera repris et enrichi dans Marx mode d’emploi, éditions La Découverte, Zones, 2009

L'homme réel ce n'est pas l'homme total, l'homme abstrait pourtant Bensaïd se posera la question à nouveau en 2007 de savoir ce qu'était cet homme réel, qui n'est pas l'homme pensable rationnellement comme le pense Badiou, mais l'homme soumis à un conflit (rapport de forces exterieur à lui) et à ses propres contradictions éthiques qui le font être impérial et souverain chez lui (et non étranger chez soi besuch)

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