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Publié par Gilles Andecq

GRAND DEBAT / Quels intellectuels ont participé au grand débats du 18 mars 2019 ?

En rouge vous retrouverez les think tank de l'extrême centre et les soutiens à la présidentielle; En vert les organes médiatiques (les producteurs de France Culture qui diffusait l'entièreté du débat et la revue Telos), en bleu les néoconservateurs.

L'animateur du débat

Guillaume Erner. Il est journaliste à France Culture.

Les économistes 

- Philippe Aghion est économiste, professeur au Collège de France et spécialiste de l'innovation et de la croissance (1). Soutien d'Emmanuel Macron en 2017 (2), il a entraîné avec lui ses deux compères Elie Cohen (CNRS) et Gilbert Cette (Université Aix-Marseille), qui avaient soutenu François Hollande en 2012. Tous les trois sont notamment connus pour avoir cosigné l'ouvrage Changer de modèle en 2014, qui proposait de réformer le SMIC (2).

- Daniel Cohen est professeur à l’ENS Ulm et vice-président de l’Ecole d’économie de Paris - il est aussi l'un des participants de l'Esprit public sur France Culture (1). le 16 février 2017 qu'il soutenait Benoît Hamon. Membre fondateur de la Paris School of Economics, il a obtenu plusieurs fois le prix du livre d'Économie et est spécialiste des questions de macroéconomie internationale (budget, dette, commerce international). (2) Daniel Cohen : « Tout ce dont on parle sert à faire passer le suppositoire de la suppression de l'ISF ... Bravo l'artiste en un certain sens. » « L'idée que rendre les riches très riches, ça tire les autres vers le haut, ce n'est pas ce qui s'est passé », théorie du ruissellement de Ronald Reagan (4).

- Bernard Gazier est un économiste français et membre de l’Institut universitaire de France. Il est spécialiste des politiques de l’emploi (1). Il prend la succession de son père (?) François Gazier, ancien directeur de l'ENA, à la tête de la société de Port-Royal en 1990 (4).

- Jean Pisani-Ferry est professeur d’économie à Sciences Po, à la Hertie School de Berlin et à l’Institut universitaire européen de Florence (1). Il a quitté son poste de commissaire général de France Stratégie pour devenir le directeur de programme d'Emmanuel Macron en 2017. Selon un de ses collègues, « sa présence rassure beaucoup » les économistes du monde universitaire. (2)

- Elie Cohen est directeur de recherche au CNRS. Ses recherches portent sur les marché et sur les crises économiques (1). Soutien d'Emmanuel Macron en 2017 (2).

- Gilbert Cette est professeur associé à l’Université d’Aix-Marseille (AMSE). Il est spécialiste du marché du travail, des temps de travail et de la productivité (1). Soutien d'Emmanuel Macron en 2017 (2).

- Yann Algan est spécialiste de l’économie collaborative et numérique. Il est doyen de l'École d'Affaires Publiques (EAP) et professeur d'économie à Sciences Po Paris (1). 

- Jean-Claude Casanova est l'ex-président de la Fondation nationale des sciences politiques. Il dirige la revue Commentaire (1). Il est membre du comité scientifique du think tank la Fondation Robert Schuman.

- Philippe Martin est professeur à l’Institut d’études politiques de Paris. Ses principaux travaux de recherches portent sur l’économie internationale et la géographie économique (1). Soutien d'Emmanuel Macron en 2017 (2).

- Christine Erhel est directrice du Centre d’Études de l'Emploi et du Travail, au CNAM. Elle étudie notamment les différentes politiques de soutien à l'emploi en Europe (1).

- Magali Talandier est une économiste et spécialiste de l’aménagement du territoire. Elle est également professeure à l’Université Grenoble Alpes (1).  « Il est difficile de dresser un tableau global, car les territoires ruraux offrent toute la palette des dynamiques, du territoire très en difficulté à celui à forte croissance", note Magali Talandier, économiste et urbaniste. Mais ses travaux (menés pour plusieurs d’entre eux avec Laurent Davezies) montrent que les territoires urbains et ruraux ont tendance à fonctionner en interdépendance au sein de "systèmes productivo-résidentiels » (SPR). « Il faut arrêter de mettre les métropoles et les territoires ruraux dos à dos, estime la chercheuse. C’est artificiel. La métropolisation existe, mais elle n’empêche pas le rural de se développer, au contraire. »

- Claudia Senik est est économiste et professeure à l'Université Paris-Sorbonne (Paris IV) et à l'Ecole d'économie de Paris. Elle est également membre de l'Institut universitaire de France (1). Collabore avec Daniel Cohen.

Les sociologues 

- Luc Boltanski est sociologue français et directeur d’études à l’EHESS. (1) Disciple de Pierre Bourdieu (" Boltanski est donc dans sa jeunesse inséré dans le « groupe de jeunes que Bourdieu avait réunis autour de lui ». "), il est l'auteur notamment avec Eve Chapiello Le nouvel esprit du capitalisme publié 1999, qui nitroduit en sociologie l'économie des grandeurs, il crée avec Thévenot un courant pragmatique (4) En 2008, il dit se sentir « proche des communistes libertaires » (4a). En 2009, le sociologue participe à la société Louise Michel, proche du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) (5a). Son fils Christophe est rédacteur en chef de la Revue XXI (4).

- Julien Damon est sociologue et professeur associé à Sciences Po Paris. Il est spécialiste des questions sociales et urbaines. (1)

- Dominique Méda est sociologue et philosophe. Professeure de sociologie à Paris-Dauphine, elle est également directrice de l'Institut de Recherche Interdisciplinaire en sciences sociales (IRISSO). (1) Dominique Méda ont participé au débat mais le dénonce a posteriori comme un simple « faire valoir présidentiel » (Libération, 19 mars) (14a)

- Louis Chauvel, professeur à l'Université du Luxembourg, chercheur à Sciences Po Paris. Il est membre de l’Institut Universitaire de France. (1)

- Jean Viard est directeur de recherche associé au Cevipof et au CNRS (Centre de recherches politiques de Sciences Po Paris). (1)

- Irène Théry est une sociologue spécialisée dans la sociologie du droit, de la famille et de la vie privée. Elle est directrice d'étude à l'EHESS. (1)

- Olivier Galland est sociologue et directeur de recherche au CNRS. (1) « Certains soupçonneront une opération de communication politique, mais gardons un esprit positif : le fait qu’un Président de la République prenne huit heures de son emploi du temps très chargé pour débattre avec des intellectuels n’est pas anodin. Même si le débat est resté assez superficiel, on peut espérer que quelques idées évoquées n’étaient pas attendues et auront un impact sur les politiques publiques. Même s’il est modeste, ce résultat serait déjà un succès. » (14a) On peut lire sur son site Telos : « L’enquête sur le complotisme réalisée par l’IFOP pour la Fondation Jean-Jaurès et Conspiracy Watch livre des résultats assez spectaculaires et inquiétants qui montrent qu’un clivage culturel profond est en train de se creuser au sein de la population. L’enquête montre en effet que le complotisme est loin d’être marginal et que l’adhésion à ces thèses est très fortement associée à certaines caractéristiques d’âge, de niveau de diplôme, de niveau de vie et d’orientation politique. Il paraît également imprégner très fortement le mouvement des Gilets jaunes. » (17a)

- Michel Wieviorka est directeur d'études à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales et directeur du CADIS /Centre d'analyse et d'intervention sociologiques (EHESS/CNRS). (1) Depuis juillet 2009, il est Administrateur de la Fondation Maison des sciences de l'homme. Ancien membre du Conseil scientifique de la Défense. En décembre 2018, il considère que le mouvement des Gilets jaunes a « un tropisme vers la droite dure ou extrême », dans une interview du journal Libération. (4) (8a)

- Dominique Schnapper est sociologue et politologue, directrice d'étude à l'EHESS. Ancienne membre du Conseil constitutionnel, Dominique Schnapper a été également présidente de la mission sur la laïcité. (1) «La haine personnelle qui s'attache aujourd'hui à la personne du président de la République est inédite » constate-t-elle dans la revue Telos la même qu'Olivier Galland (18a). « Les institutions politiques n’ont pas changé mais aujourd’hui le délitement de la société de la démocratie qu’en empruntant à Montesquieu, j’ai appelée « extrême » est frappant ... Lorsque le dialogue démocratique, qui fait appel à la raison commune, n’est plus possible, il reste la violence et la haine. La démocratie « extrême » donne à cette haine une forme particulière. Dans le monde de la passion de l’égalité et du refus de la reconnaissance des compétences, le président actuel n’est plus seulement celui qui concentre le pouvoir, et, à ce titre, concentre les critiques, comme les précédents présidents de la République. Il est celui qui tranche radicalement avec la passion égalitaire. Il est scandaleux qu’il soit aussi jeune et talentueux » (18a). C'est la fille du sociologue éminemment progressiste qu'est Raymond Aron (19a).

- Gérald Bronner est sociologue et professeur de sociologie à l’université Paris-Diderot. (1) Il y a selon lui une passion de notre époque pour le complotisme et la crédulité, lors de la présentation de son « Cabinet de curiosités sociales ». La présentation de son livre Déchéance de rationalité présente le même constat : « Le monde est devenu fou, nous le constatons tous un peu chaque jour. Nous sommes accablés par un déferlement continu de fake news et de théories du complot, par la haine ordinaire sur les réseaux sociaux, par la radicalisation des points de vue, au quotidien, en famille, sur les routes, au travail… »   Il a écrit pour la revue Telos et dans certaines polémiques obtient le soutien de Dominique Schnapper (4) et Olivier Galland (4) qui eux aussi écrivent pour Telos.

Les enseignants en philosophie

- Monique Canto-Sperber est enseignante en philosophie, ancienne directrice de l'ENS, membre du Centre de recherches politiques Raymond-Aron de l'Ecole des hautes études en sciences sociales. Elle intervient dans l'émission L'Esprit public sur France Culture (1). Membre du Cercle de l'Oratoire, think tank non-transparent et néoconservateur.

- Frédéric Worms est professeur de philosophie contemporaine à l’ENS. Il est également directeur adjoint du département des Lettres et membre du Comité consultatif national d’éthique, et producteur de l'émission "Matières à penser" sur France Culture (1).

- Pierre-Henri Tavoillot est maître de conférences en philosophie à l'université Paris-Sorbonne. Il est président du Collège de philosophie et ancien membre (2004-2013) du Conseil d'analyse de la société auprès du Premier ministre (1). Se dit philosophe politique libéral (16a), pour lui il faut pour apprivoiser la démocrati0e articuler une pluralité de conceptions du peuple, il faut assumer une pluralité de figure du peuple sinon on aboutirait à un pouvoir autoritaire, n'ayant rien compris à la dictature du prolétariat qui n'est pas loin du mandat impératif. Car pour lui la démocratie une méthode plus qu'une figure (du peuple) qui passe par quatre étapes : élection, délibération, décision, reddition (rendre des compte), bref il n'a rien compris à la démocratie et n'a pas lu Aristote, Montesquieu ou Rousseau. A propos des musulmans pour lesquels il pratique l'amalgame, « Pour le dire très franchement, j'étais avant les attentats dans une perspective de la laïcité libérale, c'est-à-dire une laïcité qui tolère les différences, le vivre ensemble, qui accepter des signes religieux qui s'expriment, voilà ! effectivement la situation s'est tendue et de ce point de vue là j'ai évolué avec l'idée qu'il y a certains adversaires de la liberté qui utilisent la liberté pour des fins qui visent à la détruire et là-dessus il ne faut pas être naïf. Il faut être vigilant et il  ya des signes religieux qui ne sont pas l'expression d'une conviction ,d’une foi mais qui sont des actions politiques et ces signes religieux il faut de ce point de vue là les combattre. » (16a) Il suggère par là la mise en place d'un état sécuritaire, ce qui renvoie au microfascisme anticipé par Deleuze et Foucault.

- Bernard Manin est spécialiste de la pensée politique. Il est directeur d’études à l’EHESS et professeur à la New York University (1). En 1995, il obtient à Sciences Po Paris (IEP de Paris) un doctorat sur travaux et une habilitation à diriger des recherches en science politique (4). Auteur d'article pour Telos.

- Myriam Revault d’Allonnes est enseignante en philosophie, chercheuse associée au CEVIPOF (Centre de recherches politiques de Sciences Po Paris) professeure émérite des universités à l’École pratique des hautes études (1).

- Rémi Brague est enseignant en philosophie, professeur à la Sorbonne et membre de l'Institut de France (1). Rémi Brague fit partie de la délégation qui accompagna Emmanuel Macron lors de son voyage auprès du Pape, c'est là d'ailleurs qu'il tint ces propos : « J'ai été tout à fait flatté par la quantité de références précises et justes dont le président Macron a émaillé son discours, donc ça m'a fait plutôt plaisir, comment dire ? ça m'a caressé dans le sens du poil. Et comme ce qu'il disait me semblait plutôt juste, voire très juste, eh bien ça m'a ragaillardi. »

- Souad Ayada n'est pas philosophe, spécialiste des questions d’éducation (1). Elle a enseigné la philosophie pendant seize ans, avant de devenir inspectrice pédagogique régionale, puis inspectrice générale de l’Éducation nationale. Depuis le 23 novembre 2017, elle est présidente du Conseil supérieur des programmes. (1) (12a) Selon Médiapart, « La présidente du CSP fait sa rentrée à l'extrême-droite  C’est à Causeur que Souad Ayada a choisi de confier sa philosophie sur la réforme du lycée et plus généralement sur l’état de l’école en France ». Elle n'hésitera pas à dire « l’enseignement de l’histoire doit aujourd’hui, plus que jamais, promouvoir le sentiment d’appartenir à la nation. » « Docteure en philosophie et inspectrice générale de l’EN, son éloignement manifeste des salles de classe et sa méconnaissance des réalités du terrain lui permettent d’aligner les poncifs comme des perles ; ainsi sur « l’inflation des métadiscours, par exemple ceux qui affirment la nécessité d’apprendre à apprendre, de comprendre et de critiquer avant d’apprendre quoi que ce soit. » Dit autrement, pour la présidente du CSP, apprendre sans comprendre est la finalité première de l’école » (10a).

Les scientifiques 

- Jean Jouzel  est climatologue et glaciologue, membre du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). (1)

- Amy Dahan est mathématicienne et historienne des sciences. (1)

- Jean-François Delfraissy, médecin et professeur de médecine. (1) Le Président de la République, sur proposition du Premier ministre, a nommé Jean- François Delfraissy en qualité de président du Comité consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé en mars 2019, peut-on lire sur le site de l’Élysée.

- René Frydman est médecin, obstétricien, et producteur de l'émission "Matière à penser" sur France Culture (1).

- Catherine Bréchignac est physicienne, ancienne secrétaire perpétuelle de l'Académie des sciences. (1)

- Aurélie Jean est docteure en sciences et experte en mathématiques appliquées (1). Figure bien connue de l’écosystème numérique en France et à l’international, Aurélie Jean est une spécialiste des algorithmes. Experte de la biomécanique numérique, elle a travaillé durant cinq ans au prestigieux MIT de Boston avant de découvrir la finance chez Bloomberg à New York. Fondatrice du cabinet In Silico Veritas, spécialisé dans le code, et de la start-up MixR, Aurélie Jean voit dans le code informatique et l’intelligence artificielle des leviers pour faire avancer la société. (15a) Elle est présentée comme un successeur au poste de Mounir Majhoubi (15a).

- Serge Haroche est physicien, prix Nobel pour ses travaux en physique quantique. (1)

- Jules Hoffmann est biologiste, Prix Nobel de physiologie et de médecine. (1)

- Cédric Villani est mathématicien, lauréat de la médaille Fields en 2010 et député LREM de l’Essonne. (1)

- Claude Cohen-Tannoudji, physicien et prix Nobel de physique.  (1)

- Boris Cyrulnik est neurologue et psychiatre, il enseigne l'éthologie humaine à l'université du Var. (1)

Les  écrivains, essayistes, responsables de think tanks

- Olivier Mongin est écrivain, essayiste et éditeur. Il est directeur de la publication de la revue Esprit. (1)

- Jacques Julliard est journaliste et essayiste français, historien de formation et ancien responsable syndical. Il est également éditorialiste au journal Marianne. (1)

- Pascal Bruckner est romancier et essayiste néoconservateur. (1)

- Jean Birnbaum est journaliste au Monde, rédacteur en chef du "Monde des livres". (1) Il est l'auteur de *Un silence religieux : la gauche face au djihadisme * (Seuil, 2016); il y dénonce, en bon réactionnaire, le parti-pris «L'islamisme n'avait "rien à voir" avec l'islam, le djihadisme était étranger au djihad.» . Il fait une chronique sur France Culture. Il peut y tenir des propos réactionnaires : « L'actrice Simone Signoret, comme tant d'autres hier et aujourd'hui, a joué la "comédie de l’indifférence", fondée sur le refus viscéral de distinguer entre démocratie et dictature, comédie qui est un legs du stalinisme et de sa longue emprise sur une partie de la gauche occidentale. » (le 14 février 2019) « Il faut s’en réjouir, d’autant plus que Sérotonine est un grand roman, un texte qui nous met les larmes aux yeux et nous fait hurler de rire avec, à la fin des fins, même, la possibilité d’une joie retrouvée. [...] Mais en même temps, ... » (le 3 janvier 2019). Réactionnaire, il peut taper sur le néoconservatisme, adepte de raymond, il peut écrire un essai sur Bernanos.

- Laetitia Strauch-Bonart est essayiste et journaliste. (1) Ancienne élève de l’Ecole normale supérieure Ulm en philosophie et de Sciences Po Paris en affaires publiques, elle est considérée comme l'une des figures de proue de la « nouvelle vague conservatrice ». Elle entre à l'Institut de l'entreprise comme chargée d'études, où elle restera jusqu'en 2014 (4).

- Xavier Darcos est latiniste et Chancelier de l'Institut de France. (1)

- Thierry Pech est essayiste et directeur général de la fondation Terra Nova. (1)

- Hakim El Karoui, essayiste français, est professeur d’anthropologie juridique sur l’islam à la Sorbonne (1).  Essayiste et consultant, fondateur de la société Volentia, senior fellow à l'Institut Montaigne.

- Laurent Bigorne est un essayiste français, directeur de l’Institut Montaigne depuis 2010. Il est spécialiste des questions d'éducation et d'enseignement supérieur. (1) Juan Branco a apporté un certains nombre d'éléments quant au soutien à la candidature d'Emmanuel Macron à Laurent Bigorgne : l'institut Montaigne a en effet accueilli son siège de campagne présidentielle.

Les historiens

- Denis Peschanski est militant LREM (4), historien et directeur de recherche au CNRS. (1) Membre du Parti communiste français jusqu'en 1981, il en est exclu comme « agent infiltré par la bourgeoisie ». Le 25 avril 2017, il fait partie des signataires d'une tribune de chercheurs et d'universitaires annonçant avoir voté Emmanuel Macron au premier tour de l'élection présidentielle française de 2017. Il a rejoint le mouvement En Marche ! devenu LREM. (4)

- Hervé Le Bras est historien et démographe, spécialiste en histoire sociale et démographique. Il est  directeur d'études à l'INED (Institut national d'études démographiques) et enseignant à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS). (1) C'est un proche d'Emmanuel Todd, très critique envres le macronisme.

- Benjamin Stora est historien et président du Conseil d’orientation de l’Établissement public du Palais de la Porte Dorée - Musée de l’histoire de l’immigration. (1) Lors du Grands débat avec les intellectuels, le 18 mars 2019, il dira au président Macron : « C'est du devoir des intellectuels aujourd'hui d'être aux côté de ceux qui combattent en Algérie pour la démocratie ». Peut-être faut-il balayer devant sa porte ?

- Frédéric Régent est historien, maître de conférences en Histoire moderne à l’Université de Paris et spécialiste de l’histoire de l’esclavage. (1)

- Valentine Zuber, historienne, est directrice d'études à l'École pratique des hautes études. Elle est spécialiste de l’histoire de la liberté religieuse en Europe. Elle était l'invitée du journal de France Culture pour s'expliquer à ce propos. (1)

- Perrine Simon-Nahum est historienne, directrice de recherches au CNRS. Ses recherches portent sur l’œuvre de Renan, des philologues français et allemands mais aussi sur l’histoire des intellectuels ainsi que sur le judaïsme français aux XIXe et XXe siècles. (1) Anime Les rencontres de Perrine Simon-Nahum sur la Radio Communautaire Juive. Dit de Marcel Gauchet qu'il est une des grandes voix intellectuelles de notre temps (émission du 21 octobre 2018)

Les politologues

- Dominique Reynié est professeur des Universités à Sciences Po et directeur général de la Fondation pour l’innovation politique. (1)  Il est à l’origine de la notion de « populisme patrimonial ». Il est un chroniqueur récurrent de l'émission politique C dans l'air (4).  Il a dit dans un tribune de Le Monde (10 juillet 2018) « Le discours de Macron exprime une réaction à un système politico-administratif conservateur ».

- Gilles Finchelstein est directeur général du think tank Fondation Jean-Jaurès et directeur des études chez Havas. (1) Ancien élève de Sciences Po et titulaire d’une maîtrise de droit social, Gilles Finchelstein a été le conseiller de Pierre Mauroy, lorsque celui-ci était Premier secrétaire du Parti socialiste et président de l’Internationale socialiste, puis conseiller technique dans des cabinets ministériels du gouvernement de Lionel Jospin. Auteur avec Matthieu Pigasse de Le monde d’après, une crise sans précédent, Plon, 2009. (20a)

- Agathe Cagé est politiste, présidente de l’agence de conseil "Compass Label". Ancienne directrice adjointe du cabinet des ministres de l’éducation nationale de 2014 à 2017. (1) Elle est secrétaire générale de la campagne de Benoît Hamon. Enseignante à Sciences Po après être passée par Harvard et l'ENS, Julia Cagé s'est plus spécialement penchée sur l'économie du développement ainsi que sur l'avenir économique des médias. Sa soeur jumelle Julia Cagé est une jeune économiste (33 ans), chargée des questions économiques dans la campagne de Benoît Hamon et a ainsi été la cheville ouvrière de la deuxième version du revenu universel. (2) Elle est la la belle soeur de Thomas Piketty qui a refusé de se joindre au débat (voir plus bas). Les deux soeurs Cagé ont fondé le think tank Cartes sur tables avec en 2012 10 propositions pour François Hollande. Elles sont membre du think tank la Fondation Jean Jaurès (20a).

- Rachid Benzine est politologue et islamologue et chercheur associé au fonds Paul Ricœur. Il enseigne au collège des Bernardins et à la faculté protestante de Paris. Ses travaux portent sur l’herméneutique coranique. (1). Selon Riposte laïc, Rachid Benzine serait à la manœuvre pour désamorcer le plus vite possible le projet macronien d’une mise sous tutelle républicaine et démocratique de l’Islam. « Vous êtes désormais en face d’une machine de guerre puissante et organisée, débarquée du cheval que vous avez laissé entrer dans Troie. Vouloir réduire cette armée à vos gabarits religieux historiques est illusoire. L’islam avance. Depuis toujours. Aucune civilisation ne lui a survécu. Aucune. Si vous n’avez pas compris cela, ce n’est même pas la peine de l’affronter. Il vous plongera dans des souffrances qu’à l’évidence, vous refusez d’endurer. Vous êtes, je pense, bel et bien foutus » (11a)

- Gilles Kepel est géopolitologue. Il est directeur de la chaire Moyen-Orient-Méditerranée à l’Ecole normale supérieure et professeur à Sciences Po Paris. (1) il milite brièvement à la Ligue communiste. Il est diplômé de Sciences Po (section Relations internationales, promotion 1980). Il reçoit son habilitation à diriger des recherches en 1993. Le jury est notamment composé du professeur René Rémond (président de la Fondation national de Sciences Politiques) ainsi que de professeurs tels que Rémy Leveau, Ernest Gellner, Alain Touraine, et André Miquel. En 2001, il est nommé professeur de sciences politiques à Sciences Po Paris. (4)

- Réjane Sénac est politologue. Docteure en science politiques, elle a beaucoup travaillé sur la question des rapports homme/femme (1). Elle est directrice de recherche CNRS au CEVIPOF (Centre de recherches politiques de Sciences Po Paris).

Les juristes

- Olivier Beaud est juriste et universitaire, spécialiste de droit constitutionnel, professeur de droit à l'Université Paris 2. (1) Il est reçu premier au concours d’agrégation de droit public en 1990. Il est président de l’Institut Michel-Villey pour la culture juridique et la philosophie du droit depuis décembre 2006. Il est le frère jumeau du sociologue Stéphane Beaud, aussi diplômé de Sciences Po Paris.

- Marthe Fatin-Rouge Stefanini est une juriste spécialisée en droit comparé sur les questions de justice constitutionnelle et de référendum. (1)

- Mireille Delmas-Marty est juriste et professeure au Collège de France. (1)

 


 

GRAND DEBAT / Quels intellectuels ont participé au grand débats du 18 mars 2019 ?

Ont refusé l'invitation :
L'économiste et philosophe Frédéric Lordon (6a). L’historien Gérard Noiriel a refusé mais se dit prêt à apporter les cahiers de doléances de ce secteur sinistré qu’est aujourd’hui l’éducation populaire. L’économiste Thomas Piketty indique à CheckNews qu’il a refusé, jugeant que le raout était «le sommet de la dérive monarchique».. La philosophe Sylviane Agacinski a refusé car «les conditions qui ne [lui] paraissent pas satisfaisantes». L’historien Patrick Boucheron indique à Libé qu’il a refusé de venir. Le philosophe Michaël Fœssel a indiqué à Libé qu’il n’avait pas souhaité venir.  (7a)

N'ont pas pu venir ou ont eu un empêchement :
Le sociologue Dominique Wolton ne pouvait pas venir, selon France Culture. Le philosophe Alain Finkielkraut était à l’étranger. La climatologue Valérie Masson-Delmotte n’a pas pu venir à cause d’une réunion à l’étranger. La philosophe Elisabeth Badinter n’était pas disponible, selon l’Élysée. L'historienne et académicienne Hélène Carrère d’Encausse n’était pas disponible, selon l’Élysée. L’historien Pierre Rosanvallon n’était pas disponible, selon l’Élysée. Le politologue Patrick Weil n’était pas disponible, selon l’Elysée. Le politologue Olivier Roy a fait savoir à CheckNews qu'il avait décliné l'invitation parce qu'il donnait ce jour-là un cours à l'université d'Oslo. (7a)
- Marcel Gauchet est philosophe et historien. Il est directeur d'études à l'EHESS et rédacteur en chef de la revue Le Débat. (1) (9a). Parle de « la funeste génération 68 dont on n'arrête pas de scruter les reins et le coeur » (9a).

Sources

1. France Culture, Qui sont les intellectuel(le)s qui vont échanger avec Emmanuel Macron ce lundi ?, 18 mars 2019.
2. BFM, Présidentielle: qui soutient qui chez les économistes?, 18 mars 2017.
3. France Inter, Daniel Cohen : "La réforme du Code du Travail, c'est surtout une occasion ratée", vendredi 29 septembre 2017.
4. articles de Wikipedia
4a. A. Rousseau et P. Wright, Éléments biographiques [archive],
5a. lesinrocks.com, Le sociologue Luc Boltanski repart au combat [archive], 16 novembre 2009.
6a. Frédéric Lordon, intervention à la bourse du travail, mars 2019 : « « Deux hypothèses me sont venues à l’esprit : celle du canular et celle, qui n’est pas la moins probable, celle du machiavélisme de sous-préfecture. Cela m’a semblé tellement loufoque, d’une chose l’autre – le travail, les courses, le ménage, tout ça-, que j’ai complètement oublié de répondre. Ce qui n’est pas très urbain et je m’en excuse. Cela m’est revenu et voici : Cher Monsieur Macron (quel hypocrite), Vous comprendrez que si c’est pour venir faire tapisserie le petit doigt en l’air au milieu des pitres façon BHL, Enthoven, ou des intellectuels de cour comme Patrick Boucheron, je préférerais avoir piscine ou même dîner avec François Hollande. Au moins votre invitation ajoute-t-elle un élément supplémentaire pour documenter votre conception du débat. Savez-vous qu’à part les éditorialistes qui vous servent de laquais et répètent en boucle que la-démocratie-c’est-le-débat, votre grand débat à vous, personne n’y croit ? Vous-même d’ailleurs, nous ne sommes pas certains que vous y croyez. Dans une confidence récente à des journalistes, qui aurait gagné à recevoir plus de publicité, vous avez dit ceci : « Je ressoude partout, et dès que c’est consolidé je réattaque ». C’est très frais. Vous ressoudez et vous attaquez. C’est parfait, nous savons à quoi nous en tenir, nous aussi viendrons avec le chalumeau. »
7a. Libération  Qui sont les intellectuels qui ont refusé l'invitation à débattre avec Macron ?, 19 mars 2019, par Jacques Pezet.
8a. Alexandra Schwartzbrod, « Gilets jaunes : «Les racines de la contestation se trouvent dans l’exercice du pouvoir par le Président» », Libération,‎ Voir radiorcj.info. https://radiorcj.info/diffusions/rencontre-avec-marcel-gauchet/
9b. Voir son intervention commune avec Emmanuel Todd à Critique de la Raison Européenne.
10a. Médiapart, La présidente du CSP fait sa rentrée à l'extrême-droite, 10 septembre 2018, par B. Girard.
11a. Sur le site d'extrême droite Riposte Laïque.
12a. Différents articles sur Causeur. Entretien avec la présidente du Conseil supérieur des programmes, 10 septembre 2018, par Elisabeth Lévy et Gil Mihaely. Souâd Ayada, l’anti-Michel Lussault - La nouvelle présidente du CSP promet de sortir l'enseignement du pédagogisme ambiant, 22 février 2018, par Jacques Billard.
13a. Fiche Gilles Kepel sur https://www.sciences-po.asso.fr/profil/gilles.kepel80_1
14a. Olivier Galland, Le Président et les intellectuels, Telos, 25 mars 2019.
15a. Ces quatre femmes qui pourraient succéder à Mounir Mahjoubi, FrenchWeb, 29 mars 2019.
16a. Entretien de Jean Cornil avec Pierre-André Tavoillot, 2018.
17a. Olivier Galland, Les Français, les Gilets jaunes et le complotisme, Telos, 20 février 2019.
18a. Dominique Schnapper, Emmanuel Macron: pourquoi cette haine?, Telos, 28 janvier 2019.
19a. Dominique Schnapper, Raymond Aron a été condamné par le monde intellectuel, Le Point, 1 février 2019. https://www.lepoint.fr/politique/dominique-schnapper-raymond-aron-a-ete-condamne-par-le-monde-intellectuel-01-02-2019-2290589_20.php
20a. Profil d'auteur sur le site de la Fondation Jean Jaurès.

 

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