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Publié par M.K. Bhadrakumar

L’Ukraine est devenue le principal partenaire de la Turquie dans un certain nombre de technologies militaires telles que les turbopropulseurs et les moteurs diesel, l’avionique, les drones, les missiles antinavires et de croisière, les systèmes radar et de surveillance, les technologies spatiales et satellitaires, les systèmes robotiques actifs et passifs. C’est un mariage parfait, car l’Ukraine possède également une solide industrie de défense remontant à l’ère soviétique.

Ainsi, la Turquie finance les travaux de R&D en Ukraine pour développer des technologies de moteurs avancées ; les entreprises turques ont acquis un quart des actions du fabricant de moteurs ukrainien Motor Sich, ainsi que des conditions liées au transfert de savoir-faire ; la Turquie est ouverte à la coproduction de ses célèbres drones de combat en Ukraine.

L’Ukraine a accepté de transférer son savoir-faire à la Turquie pour renforcer sa jeune agence spatiale et un laboratoire de recherche et développement de satellites à Roketsan, le principal fabricant turc de moteurs de fusées et de missiles et de satellites. Elle apportera son aide au développement de moteurs d’avions de chasse dans le cadre du projet turc TFX et les deux pays développeront et produiront conjointement un satellite militaire.

Les technologies proposées par la Turquie vont des drones de surveillance et de combat Bayraktar TB2 et des missiles antinavires Atmaca (d’une portée de 200 kilomètres) aux corvettes de pointe. Au total, les deux pays travaillent actuellement sur 50 projets de défense communs.

Les analystes spéculent que l’Ukraine pourrait répéter l’exemple du Karabakh pour récupérer les territoires qu’elle a perdus en 2014 au Donbass aux mains des séparatistes soutenus par la Russie et pourrait utiliser des drones pour assurer la surveillance de la Crimée et du Détroit de Kertch reliant la Mer Noire et la Mer d’Azov. Lors d’une visite en Turquie le 2 décembre, le ministre ukrainien des Affaires étrangères Kuleba Dmytro a ouvertement exprimé l’espoir, tout en invoquant l’héritage de l’Empire Ottoman jusqu’au 18ème siècle, qu’Ankara assume un « rôle de leader » sur la question de la Crimée.

En effet, la déclaration commune publiée après la réunion ‘2+2’ de vendredi a « noté l’existence de menaces et leurs implications pour la stabilité et la sécurité de la région de la Mer Noire au sens large, qui doivent être renforcées sur la base du droit international et du respect de l’intégrité territoriale et de la souveraineté des États à l’intérieur de leurs frontières internationalement reconnues ».

La déclaration souligne le soutien de la Turquie à « l’intégration de l’Ukraine dans les structures européennes et transatlantiques, notamment l’UE et l’OTAN » ainsi que sa « souveraineté et son intégrité territoriale à l’intérieur des frontières internationalement reconnues, notamment en République Autonome de Crimée et dans la ville de Sébastopol ».

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