Archives

Publié par Anthony Le Cazals

Le futurisme est idéologie révolutionnaire qui saisit l'art seulement comme work in progress, comme révolution culturelle permanente, et qui se veut être une nouvelle civilisation (0). Il est marqué par un usage récurrent des manifestes comme si celui-ci voulait faire advenir un homme noveau.
 

Le futurisme en tant que peinture (1) est un transcendantalisme cinétique et pictural qui a pour visée un transcendantalisme physique (Boccioni) (2). Le futurisme en tant que sculpture se caractérise par : :

- un vitalisme d'une osmose énergétique qui met en relation l'objet avec son espace environnant (3). Cela passe par une tension dynamique qui engendre l'unité de l'intérieur et de l'extérieur (4). « Boccioni ne veut pas faire de l’impressionnisme mais du vitalisme » (5) avec « une approche vitaliste de la couleur » (5).

- un divisionnisme de la forme qui est un rejet de la forme plastique (5), il ne vise par une interprétation de la forme par déconstruction et reconstruction (3). L'unité picturale futuriste éclatant sous l’influence d'une partie du mouvement par Picasso,on parle de touche postdivisionniste (6).

- un alogisme ou primitivisme futuriste : « Simultanéité d'ambiance et, par conséquent, dislocation et démembrement des objets délivrés de la logique courante et indépendants les uns des autres »

- un rejet du sublime (7) et un refus des conventions plastiques (8) : l'« antigracieux » devant détruire les valeurs esthétiques traditionnelles (9)

Marinetti publie le 11 septembre 1914 le Manifeste intitulé Le vêtement antineutraliste qui témoigne d'un bellicisme ardent et outrancier (7).

 

Le futurisme en tant que sculpture se caractérise par :

- une sculpture qui se veut architecturale (10).

- une sculpture cinétique  et plurimatériel (8) pour casse l'unité organique de l'œuvre (9). Cela se base sur l'assemblage hétérogène de matériaux appréhendés comme fragments de réalité (11) avec verre, bois, carton, fer, ciment, béton, crin, cuir, étoffe, miroirs, lumière électrique.

- « l'abolition complète de la ligne finie et de la statue fermée » (Boccioni) (10)

- une analyse transcendantale du dynamisme des forces constitutives de la forme (12) qui amène à la dimension d'une architecture non pas statique mais « spiralique » (13). C'est un « dynamisme plastique »,  comme « synonyme platique de la copénétration des forces que fait le dynamisme conrtinu de la vie moderne » (11), son réflet, sa transcription, plus que sa transposition. C'est -à-dire que l'usage de la couleur et de la lumière vise unité dynamique de l'espace intérieur et de l'espace extérieur, par la copénétration des plans notamment, bref la fusion entre la figureet son milieu ambiant (15).

- l'usage de moteur qui est là pour témoigner d'un élan vital qui est continu même dans la répétition cinétique du cycle, comme pulsation du mouvement et pour signifier cinétiquement la détermination, la force de volonté et l'énergie en action (16).

- une réinterprétation de l'art baroque (Longhi) : usage de la spirale et de l'ellipse.

 

Le futurisme en tant que photographie est définie par un manifeste de Marinetti et Tato (La photographie ffuturiste, avril 1930) et se caractérise par :

- une prologation en deux périodes du photodynamisme des frères Bragaglia (_811/816) : répétition de la forme par des portraits cinétisés (_817).

- La seconde période est « emblématique à travers « l'acte de découper et de mettre en contraste des fragments du visible pour faire à la fois exploser les éléments de la réalité et l'unité organique de l'oeuvre » (_812) avec notamment la technique du montage en sandwich (_811). On pensera aussi à l'action painting avant l'heure et aérophotographique de Masoero, photocollage de Depero, la photo-performance de Tato et Thayaht, l'imagisme comme photomontage de Paladini (homme de gaucche, _812) et de Panagini inspiré , eux, des dadaïstes allement et des constructivistes russes. On pensera encore à Filia, Pamrololini, Sartoris, Russolo (_813) et aux textures de lumière de Guiseppe Albergamo.

- La seconde période est marquée parl'abandon de la photographie militante et emblématique de la première période qui ne peut plus s'exrprimer dans un pays dominé par le fascisme (_814) et par une ouverture sur l'imaginaire (_816). L'ont pratiqué entre autres : Tato (« camouflage d'objets », Le Parfait Bourgeois, 1930), Luigi Pirrone, Mario Bellusi (« spectralisations d'objets »), Wanda Wulz (« symbioses oniriques de répétitions de formes dans l'espace »), Ferrucio Demanins, Adele Gloria, Thayaht (« compositions d'objets »), Guilio Pariso, Maggiorino Gramaglia, Gianni Croce (« natures mortes futristes »), Mario Castagneri (_816). Il est fait référence au drame d'objets du théatre synthétique futriste (_816 et _817)

 

 

« On ne le note jamais assez, mais sans la passion pour l'Industrie et l'idolâtrie du Progrès techno-scientifique, il n'y aurait probablement jamais eu de fascisme. L'élément technique, en tant qu'imaginaire de la rapidité, de l'efficacité, de la rationalité instrumentale, de la division du travail entre dirigeants et exécutants et in fine de la force brute, est le terreau où s'enracinera partout en Europe le fascisme. » (17). Peut-être avons-nous du « mal à accepter le rôle du futurisme dans l'essor de la modernité européenne du XXème siècle » (2). Appolinaire parle de « cette brutalité moderne qui est l'apport du futurisme métallique de Marineetti » (cf. 15)

Comme tout fascisme (un tiers des juifs italiens étaient fascistes), il n'a pas de rejet ou d'a priori quant aux juifs. Bien que rejetant l'individualisme bourgeois (16), il s'inpire de Bergson et les références du mouvement à celui-ci ne manquent pas (_315), , Thayht (_1093), le vitalisme de Boccioni (_816).
Il en va de même pour le cubo-futurtisme parisien (Kupka, Villon, Duchamp, Picabia, Metzinger, Gleizes) qui n'y échappe pas (_269, _308) et qui a dû servir de pont avec les italiens.

Giovanni Lista, Qu'est-ce que le futurisme ?
0. LisQF_252-253
1. La liste des peintres futuristes est : Boccioni, Carra, Severeni, Russolo, Balla, etc. ...
2. LisQF_241
3. LisQF_242
4. LisQF_249
5. LisQF_244
6. LisQF_247
7. LisQF_387
8. LisQF_389
9. LisQF_391
10. LisQF_388
11. LisQF_392
12. LisQF_394
13. LisQF_396
14. LisQF_398-399
15. LisQF_272
16. LisQF_385
x. LisQF_382-383

17. République & Révolution, Ernst Jünger et l'esthétique fasciste, entre militarisme barbare et éloge de la technique, par Galaad Wilgos, le 28 janvier 2014  

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article