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Publié par Anthony Le Cazals

Muriel Beyer

Muriel Beyer

Distribué par Humensis et par la librairie PUF détenu par SCOR, société de réassurrance dont Denis Kessler est le patron avec son salaire annuel de 6 millions d'euros. Il est l'ancien assistant de Foucault, démissionnaire de l'EHESS, il a mis fin aux sociétés éditions PUF (1921-2016) et aux éditions Belin (1777-2016) qui ne sont plus que des pôles d'Humensis. Humensis en a profité pour être rejoint par Muriel Beyer et pour créer Les éditions de l'observatoire. Tout en dirigeant ces éditions qu'elle a fondées, mais qui ne sont que le troisième pôles d'Humensis, elle profite de ses bons résultats éditoriaux et de sa bonne relation avec Denis Klesser (nommé plus parmi les économistes) pour devenir la directrice générale adjointe d'Humensis.

« Le 8 décembre 2016, l’éditrice Muriel Beyer, spécialisée dans les best-sellers politiques, a quitté la direction éditoriale de Plon – maison où elle officiait depuis vingt ans – pour créer les Editions de l’Observatoire au sein du groupe Humensis (Belin, PUF). Comment devient-on l’éditrice d’hommes politiques de tous bords (Sarkozy, Bayrou, Mélenchon) ?

Par hasard et par goût. J’ai toujours été passionnée par la politique. C’est une incroyable scène de théâtre où évoluent des personnages hors du commun, habités par une forme de folie. Cela me fascine. J’éditerai toujours des politiques car j’ai tissé, au fil des ans, un réseau important avec eux, de même que dans le milieu des économistes. Pour moi, le cœur de l’édition réside dans la relation éditeur-auteur. Sans elle, rien n’existe. Il ne se passe pas un mois sans que j’aie au bout du fil la plupart de mes auteurs afin qu’ils m’entretiennent de leurs projets. C’est pourquoi un certain nombre d’entre eux me suivront dans ma nouvelle aventure. » (2)

« Il est 13 heures, madame Beyer traverse le boulevard Montparnasse. Une trentaine de mètres séparent sa maison d'édition de la Closerie des Lilas, la célèbre brasserie qui a vu défiler Apollinaire, Hemingway et Picasso. Là, l'élégante sexagénaire s'installe sur "sa" banquette, à gauche sous la verrière, pour un déjeuner avec l'un de ses auteurs. Un jour Luc Ferry, le lendemain François Bayrou, le troisième Natacha Polony. Et quand arrive son rituel fromage blanc au miel, il est souvent temps de sortir les contrats. Et quels contrats ! Muriel Beyer a fondé les éditions de l'Observatoire il y a tout juste trois ans et son tableau de chasse est impressionnant : le pape François, Nicolas Sarkozy (avec 200 000 exemplaires vendus, Passions est le coup éditorial de l'année), Michel Onfray, Jean-Luc Mélenchon, Michel Serres et, cette semaine, les mémoires de l'icône Michel Platini... 

Une politique tous azimuts qui l'amène à braconner régulièrement sur les terres de concurrents parfois centenaires (Grasset, Plon, Albin Michel...), furieux de voir leurs auteurs céder aux chants de la sirène de l'Observatoire. "Muriel n'a pas seulement un bon carnet d'adresses, elle a aussi un gros carnet de chèques", grommelle l'un d'eux. Réaction de l'intéressée, connue pour son tempérament de pétroleuse : "J'agace ? Tant mieux !"» (3) « C'est une vieille lune, balaie-t-elle. J'ai un carnet de chèques comme tout le monde et un grand actionnaire au-dessus de moi. » (6)

Muriel Beyer, « l'éditrice vedette de Plon, formée par Françoise Verny chez Flammarion, se félicitait de son sort. « Quand on apporte 16 millions d'euros de chiffre d'affaires, on est bien traité », lançait cette marseillaise, entrée dans le monde des livres grâce à l'académicien Jean Dutour. Après dix-huit années chez Plon, l'assureur Denis Kessler, qui montait au sein de SCOR un groupe d'édition, Humensis, a eu le flair de lui proposer de lancer sa maison. Aux Editions de l'Observatoire, son premier fait d'armes a été d'acquérir les droits mondiaux d'un livre d'entretiens avec le pape, « Politique et société ». « On va me haïr », jubilait-elle à l'époque. L'éditrice connue pour ses « coups » éditoriaux n'a pas volé sa réputation. » (4) Soulignons que le pape François a publié trois livres aux éditions des Équateurs qui ont rejoint Humensis en 2018.

« Muriel Beyer est nommée directrice générale adjointe (DGA) d’Humensis, chargée de la stratégie éditoriale : développement, rachats, services communs aux différents pôles, qui conservent leur entière autonomie de programmation. Muriel Beyer dirige par ailleurs l’un d’entre eux, les éditions de l’Observatoire qu’elle a créées l’an dernier. Le poste de DGA était auparavant occupé par Frédéric Mériot, nommé directeur général en décembre dernier, en remplacement de Sylvie Marcé. » (5)

Qu'édite Muriel Beyer et les éditions de l'observatoire ?

La mode de l' invective « islamo-gauchisme »

Editeur de nombreux ouvrage sur l'islamo-gauchisme :
 - Mohamed Sifaoui, « Les fossoyeurs de la République », son éditeur a mis en manchette : « l’islamo-gauchisme l'enquête inédite », 31 mars 2021.
 - Gérald Darmanin, « Le séparatisme islamiste », 3 février 2021.
 - Pierre-André Taguieff, « L'imposture décoloniale », 24 octobre 2020.

L'extrême centre élargi

Editeur généraliste plus consensuel en France :
 - d'Oliver Stone (« À la recherche de la lumière »), 
 - de Dorian Astor (« La passion de l'incertitude »), 
 - d'un livre sur Léon Blum de Frédéric Salat-Baroux (« Blum le Magnifique »), Toujours ce goût pour les surnoms,
 - des livres Nicolas Sarkozy (les 300 000 exemplaires vendus (6) de « Passions », sorti le 27 juin 2019, et de « Le temps des tempêtes », sorti le 23 juillet 2020), Muriel Beyer a convaincu Nicolas Sarkozy de la prendre comme éditrice. L'ancien Président n'a eu qu'à s'en féliciter  : « La France pour la vie », paru début 2016, s'est vendu à 190.000 exemplaires, et « Tout pour la France », à 160.000 (4)
 - de Laurent Fabius  (« Rouge Carbone »),
 - de Ségolène Royale (« Résilience française »),
 - de Thibault de Montbrial (« Osons l’autorité »),
 - de journalistes et éditorialistes comme Christophe Barbier et Alain Duhamel. Ce dernier sort un entretien avec Eric Mandonnet, « Emmanuel le Hardi », 13 janvier 2021, Muriel Beyer « aime raconter que certains de ses auteurs fétiches chez Plon l'ont suivie sans broncher : « Alain Duhamel m'a juste envoyé un SMS: "Vous me donnerez l'adresse". » » (6)
 - du très libéral Gaspard Koenig, « L'Enfer », 6 janvier 2021, défenseur des bienfaits de la corruption,
 - de l'ex-compagne de Piotr Pavlenski, opposant à Emmanuel Macron, dénonciateur de Benjamin Griveaux : Oksana Shalygina, « Sous emprise »,
 - d'un livre sur la crise sanitaire de 2020-2021 : Eric Vibert, « Droit à l'erreur, devoir de transparence »,
 - de livres sue De Gaulle : Eric Roussel, « De Gaulle, monument français », Patrice Duhamel et Jacques Santamaria, « De Gaulle, l'album inattendu », 2 décembre 2020, 
 - du fils de l'éditeur parisien qu'est Raphaël Enthoven, « Le temps gagné », « c'est mon premier livre ... je m'y trouve tour entier. ... En un sens, c'est mon premier livre. »,
 - de journalistes comme Roger-Pol Droit (intervieweur en philosophie) et Monique Atlan (France 2 jusqu'en 1993), « Le sens des limites »,

Cette maison d'édition a enterré le livre de Jean-Luc Mélenchon, « De la vertu », 22 mars 2017. avec Cécile Amar est journaliste politique d'extrême centre à l’Obs, autrice de livre sur François Holland et Jacques Delors.

On attachera son attention aux présentation des livres d'Alain Duhamel sur Emmanuel Macron et du second ministre de l'intérieur de la Macronie mis en examen pour viol, Gérald Darmanin.

« Jadis, les rois de France étaient souvent affublés d’un surnom. Tantôt flatteurs, Philippe le Bel ou Louis XV le Bien-Aimé, tantôt moins agréables, Louis le Bègue ou Charles le Chauve. Il est tentant d’accoler aux présidents si monarchiques de la Ve République un tel surnom. Le général de Gaulle n’aura pas dédaigné de se voir honorer d’un Charles le Grand ; François Mitterrand aurait pu prétendre à François le Hutin à l’instar de Louis X ou encore Nicolas Sarkozy à Nicolas le Batailleur.
Pour le président actuel, Emmanuel le Hardi semble le plus appro­prié. On aurait pu envisager aussi bien un Emmanuel le Téméraire, tant son élection relevait d’une audace presque impudente, tant son mandat se déroule sous le signe du risque perpétuel et des tensions permanentes.
Mais qualifier le jeune président de « hardi » semble plus juste, puisque après tout la partie n’est pas jouée, l’échec n’est pas avéré, l’impasse n’est pas inévitable. Macron chevauche la stratégie du risque extrême mais aussi longtemps qu’il n’a pas renoncé, qu’il se bat, il subsiste une part de chance ; hardi plus que téméraire, même si la distance tient parfois à un fil.
Car la France reste ce grand pays enviable aux orages non désirés. Y être président, c’est être impopulaire et être impopulaire, c’est être entravé. Voilà la malédiction présidentielle qu’Emmanuel Macron a la prétention d’affronter et de vaincre. Avec son courage et son énergie. Avec ses fautes et ses bourdes. Déterminé à réformer, donc en sursis perpétuel. Hardi. » (10)

« L’islamisme, l’idéologie la plus puissante à l’œuvre dans le monde contemporain, a privé l’islam de parole, manipulant la religion, pour s’insinuer pleinement dans la société française, pour la combattre et finalement s’en séparer. Voici comment des millions de musulmans se trouvent pris en otage par les militants politiques islamistes. Voici comment notre modèle républicain, laïc et social se découvre sournoisement miné, laissant aux élites le soin de mettre tardivement à jour ce que le peuple ressent depuis un certain temps.
Le présent manifeste s’inscrit dans le constat et les solutions esquissées par le président de la République. Il espère éclairer le lecteur sur la situation d’urgence que notre pays connaît. Il n’a pas d’autre ambition que celle, comme d’autres avant lui, d’aider à cerner notre ennemi : l’islamisme, terreau du terrorisme. 
Une prise de conscience est aujourd’hui nécessaire, vitale même. Elle est de salut public. Puisse cet argumentaire venir exposer au lecteur les raisons profondes qui nous ont conduits au texte de loi confortant le respect des principes de la République. » (11)
On aurait pu croire que l'idéologie la plus puissante à œuvre avec le monde contemporain c'était le libéralisme ou néo-libéralisme, non ?

Coup éditorial du monde d'après

Coup éditorial, Muriel Beyer constitue la collection Et après ? : « Nous avons décidé de continuer notre mission d'éditeur en publiant de courts livres numériques à petit prix (1.99 euro) qui amorcent les thèmes de ce" monde d’après" » (12) avec pour titres :

  • Inventons la mondialisation de demain de l'économiste et essayiste Nicolas Bouzou,  (21 avril)
  • Se divertir demain, de Jérémie Peltier (23 avril)
  • La pandémie par-delà les peurs: réinventer l'Etat-nation ?, de Pierre-André Taguieff (27 avril) 
  • Libérez vous, de Patrick Bentata (30 avril
  • Les lents demains qui chantent, de Marylin Maeso (4 mai)
  • La souveraineté numérique : plus de transparence dans l'après, de Laurence Devillers (7 mai). Muriel Beyer est déjà son éditrice pour Des robots et des hommes : mythes, fantasmes et réalité, Plon, 2017 et Les robots émotionnels, Éditions de l'Observatoire, 2020. 
  • 'Europe ou rien, de Philippe Val (11 mai) 
  • Aurélie Jean, L'apprentissage fait la force (14 mai)
  • Ce qui change tout sans rien changer, de Julia de Funès (17 mai)
  • Après l'épidémie, un moment chinois, de Brice Couturier (21 mai).

« La petite collection «Et après ?», consacrée au monde post-coronavirus, rassemble une communauté de penseurs républicains, libéraux, laïcards et anti-communautaristes comme Laurent Bouvet, Philippe Manière ou Joseph Macé-Scaron. «Il se trouve que les essayistes dont on parle beaucoup sont plutôt côté droite libérale ou centriste», se justifie Muriel Beyer. Elle se fixe en revanche une barrière : «Je ne veux pas éditer d'extrême droite. C'est simple, je ne pourrais pas me prononcer sur un livre d'extrême droite car je ne le lirais pas. Pour des raisons personnelles et parce que ça pourrait mettre la maison en difficulté. »  » (6)

Muriel Beyer

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Chronologie des rachats d'Humensis en ordre de bataille

(13)

  • 2017 :
    • Le 1er décembre, fondation d'Humensis, qui réunit les éditions Belin et les Presses universitaires de France (PUF). Les deux maisons ont un actionnaire majoritaire en commun, le réassureur Scor (90 % de Belin et 62 % des PUF), présidé par Denis Kessler.
    • En décembre, création des Éditions de l’Observatoire, une nouvelle maison d’édition de littérature générale orientée essentiellement vers des documents, analyses et témoignages.
  • 2017 :
    • Emménagement dans les nouveaux locaux du 170bis, boulevard du Montparnasse, Paris 14e arrondissement.
  • 2018 :
    • En janvier, la revue L'Avant-Scène opéra rejoint le groupe Humensis, au sein du pôle Savoir de références.
    • En août, le groupe Humensis lance le magazine mensuel Pour l'Éco, à destination des lycées et des étudiants.
    • En juillet, les Éditions des Équateurs rejoignent le groupe Humensis.
    • En décembre, création de humenSciences, une nouvelle maison d'édition dédiée à la science.
  • 2019 :
    • En mars, création de Passés / Composés, une nouvelle maison d'édition dédiée à l'histoire.
    • En mai, création de la plateforme d'apprentissage des langues étrangères Qioz.
    • En septembre, les magazines Classica et Pianiste rejoignent le groupe Humensis.

Organistation d'Humensis en pôles ou départements

11 Maisons d’édition de sciences humaines, sciences, essai-documentaires et éducation (avec 2,5 millions de livres diffusés en francophonie, 14 000 titres actifs et 1 500 nouveautés par an et publiés en plus de 60 langues) :,

  • Les éditions Belin, fondées en 1777 et acquises en 2016,
  • Les éditions PUF, fondées en 1921 et acquises en 2016,
  • Les éditions Le Pommier, co-fondées par Michel Serres et fusionnées avec Belin en 2010,
  • HumenSciences, fondées en décembre 2018,
  • Passés / Composés, sur l'histoire,
  • Papiers Musique
  • Les revues au sein du pôle Savoir de référence plus connu comme les éditions Première loge : L'Avant-Scène Opéra, Classica et Pianiste
  • Les éditions de l'Observatoire avec 70 titres par an
    • « La Relève », collection de philosophie dirigée par Adèle Van Reeth, donne la parole à des philosophes contemporains qui n’opposent pas pensée et action.
    • « De Facto », collection d’essais dirigée par Gaspard Koenig, accueille, autour du thème de la liberté.250
  • Les Éditions des Équateurs, fondées en 2003 par Olivier Frébourg, acquises en juillet 2018 avec 250 titres au catalogue.

3 médias sur la science, la neuroscience et l’économie :

  • Pour la Science
  • Cerveau & psycho
  • Pour l'éco

2 plateformes de services numériques pour développer les apprentissages :

  • la plateforme d'apprentissage des langues étrangères Qioz
  • la plateforme d'apprentissage GERIP avec plus de 18 000 exercices accessibles en ligne ou sur appli
Muriel Beyer

Muriel Beyer

Sources

2. Le Monde, Muriel Beyer  : « J’ai toujours été passionnée par la politique » (lemonde.fr), par Macha Séry, 5 janvier 2017.
3. L'express, Muriel Beyer, l'éditrice qui agace, par Jérôme Dupuis, 11 novembre 2019.
4. Les échos, Muriel Beyer, « caméléon » au service des politiques, par Nathalie Silbert, 28 juillet 2019.
5. Livre Hebdo, Muriel Beyer, directrice générale adjointe, par Hervé Huguény, 19 janvier 2018.
6. Libération, Muriel Beyer, la reine des best-sellers politiques. par Thibaut Ghironi, 13 août 2020.
10. Muriel Beyer, Quatrième de couverture du livre d'Alain Duhamel, Emmanuel le Hardi, Editions de l'observatoire, 13 janvier 2021.
11. Muriel Beyer, Quatrième de couverture du livre de Gérald Darmanin, « Le séparatisme islamiste », Editions de l'observatoire, 3 février 2021.
 12. Muriel Beyer, responsable de la ligne édiotriale, citée par Livre Hebdo, Les éditions de l'Observatoire imaginent "le monde d'après "
13. Article wikipédia sur Humensis et présentation du groupe sur Humensis.com.

Muriel Beyer en Salon du Livre de Paris en 2017

Muriel Beyer en Salon du Livre de Paris en 2017

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