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Publié par La Philosophie

700 à 999.— C’est ainsi, loin de tous les modèles préconçus, que se forge une culture intense, fruit d’une audace tranchante et incisive, c’est-à-dire d’un combat plus destructeur que conservateur des valeurs décadentes. C’est par la joute et le combat farouche que l’on résiste au domptage des civilisations uniquement marchandes qui font tout sans intensité sans créer de valeurs nouvelles. Ce n’est qu’après le combat que l’on comprend l’intérêt de la création, pas avant. Mais avant d’y parvenir, ce qui compte, c’est de se placer face à ses propres impossibilités et de chasser tout orgueil et, à partir de là, de développer ses propres capacités ou facultés. Ne pas être séparé de ses propres capacités, telle serait l’égalité. Mais bien souvent on en reste à la déclaration de cette idée et l’égalité n’advient jamais car pour ses tenants, qui au fond d’eux-mêmes sont les chantres de la supériorité, elle n’est même pas égalité de statut ou de redistribution. C’est de cette accommodation de la réalité que vient l’habitude en France d’en appeler aux révolutions. Elles conduisent à des impasses. On croit trop en l’avenir des révolutions alors que les véritables révolutions sont techniques et scientifiques : les premières modifient notre interaction avec la terre entière par exemple l’informatique et internet, les secondes font basculer notre conception du monde dans de nouveaux paradigmes. Parler d’égalité, de liberté et de toute une série d’idées, c’est nous faire rater combien importe ce dont nous sommes capables à l’époque où est réalisée la soumission de la Terre par l’Humanité comme l’évoquait déjà l’Ancien Testament. Le fait que l’homme se soit répandu à la surface de la Terre amène de manière physique la dimension d’un monde sans borne, d’un monde fini-illimité : « le monde », notre Terre, est fini en quantité mais parcourable de manière illimitée. Et c'est ce qui nous connecte avec l’impersonnel et nous fait dépasser notre apparente finitude ; ce n’est pas le voyage mais la guerre déclarée et plus encore le combat farouche. On est à mille lieues des pensées discursives qui reviennent toujours au même, à l’identique, à toutes ces fictions qui n’ont  comme visée que de freiner de nouvelles naissances. Les pensées discursives ou réflexives ne perçoivent pas la nouveauté et le combat à mener pour la joyeuse étrangeté. Elles font abstraction des signes, des indices mais aussi des esquives et des nouvelles prises, car pour elles, seul compte l’atermoiement de leur déréliction. Les pensées réflexives posent le Sujet, le monde, l’Un, Multiple, le Tout, le Même et l’Autre, tous ces concepts si larges dont on  peut dire qu’ils vont aussi bien à Pierre qu’à Paul alors que précisément le point de vue de Paul n’est pas celui de Pierre. Leurs cerveaux ne sont point identiques, leurs intérêts respectifs non plus. Il s’agit d’en revenir à la fougue 428 qui n’a pas conscience de son tranchant. C’est en ce sens que les maîtres d’arts martiaux japonais avaient une longueur d’avance sur la pensée occidentale qui avait bien du mal à renouer avec les scintillements héraclitéens. L’important n’est donc pas de résister à la forme d’échange dominante puisque obéir se confond avec diriger mais n’est pas commander. D’autres manières d’exister se substituent aux modèles préconçus et visent les dimensions de combats et de rebonds

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