Archives

Publié par La Philosophie

Pour les 14 années de notre site, nous allons rediffuser pour une seconde fois notre livre Planète bleue.

Déjà Foucault et Deleuze (du département de philosophie de Paris 8) avaient anticipé une pensée du Dehors et du Surpli, l'un comme théologie négative, le second comme pensée de la double hélice du génome et des potentialités du silicium DzMP et DzF, nous faisons la démonstration que cette pensée de la convergence est déclinable sous les ressorts classiques du manifeste, du traité et du programme. Si une époque est un découpage temporel où les procédures dominantes ont comme un air de famille, nous sommes à une époque de conjectures où coexistent les procédures de l'ancienne ère classique et de la nouvelle ère quantique. Nous sommes partie de là pour poser un basculement de l'ère classique à l'ère quantique, c'est-à-dire que la révolution numérique qui bouscule toutes les institutions au xxie s. repose sur la révolution quantique du xxe s.. Cela est marqué le passage d'une quête de cohérence symbolique à celui d'une convergence des métabolismes qui sous-entend un changement de paradigme. Nombreux sont les livres et les recherches qui font état pour un paramètre donné de ce changement de paradigme. Si les antiques depuis le passage des Hébreux par Babylone possèdent l'Un infini, le paradigme classique ou immanent est l'infini limité : on pensera aux procédures classiques de dérivation et d'intégration propre au calcul différentiel à la base de la programmation algorithmique de nos ordinateurs ou computeurs d'informations. C'est l'infinitésimal chez Leibniz et Serres, le presque rien chez Jankélévitch, le différentiel chez Derrida-Deleuze-Lyotard, l'écart chez Desanti, l'infra-mince chez Duchamp, etc. Vient à présent l'infini-limité comme paradigme quantique ou convergent du monde sans bord d'Einstein ou du fini-illimité de Deleuze, autre nom pour l'éternel retour de Nietzsche. C'est ce qu'on retrouve dans la dite neutralité du Net qui occupe la Terre, on peut en censurer une partie (censure chinoise, iranienne ou française plus pernicieuse) sans atteindre le développement de la globalité du net.


Ainsi vous trouverez tour à tour un manifeste qui vise à expliquer le ressort quantique de la révolution numérique (livrée A) qui selon nous permet une troisième prise d'autonomie avec l'Antiquité grecque et la Renaissance italienne qui a chaque fois furent suivies d'une époque classique qui tendait à analyser les découvertes de ces époques de synthèse. Sans parler de vérité des Grecs comme chez Castoriadis ou d’événement avec sa dimension d'analyse crépusculaire comme chez Foucault et Deleuze, nous assistons bien à une troisième époque de convergence et de synthèse de valeurs. La première époque vit le jour de la monnaie, de la démocratie, de la science, de la philosophie. La seconde époque vit la naissance de l'édition et de l'imprimerie, de la connaissance et de la perspective, de la découverte du nouveau monde comme confirmation de la globalité de la Terre supposée depuis Anaximandre. Après ce manifeste d'autonomie autour des récentes découvertes sur la lumière (dont celles du Prix Nobel français Haroche, dont nous avions mis le texte de 2007) vient un traité de déconstruction de la métaphysique (livrée B), toujours porteuse d'un sens divin plutôt que terrestre. Cette thèse porte peu sur la métaphysique occidentale, même si elle en démonte les mécanismes symboliques qui freinent les processus métaboliques et affectifs contemporains. La métaphysique via l'abstraction pose des modes d'existence sans qu'aucune existence ne leur correspondent, c'est-à-dire qu'elle pose des vides, des flatus vocis qui n'ont pas lieu d'« être » puisqu'ils grèvent la pensée et reportent sur le dos des autres l'expérimentation de leurs hypothèses. La pensée autonome vérifie par elle-même mettant ainsi à distance la croyance en des chimères et le doute qui souhaite se maintenir dans le suspens et l'ignorance. Ne pas être coupé de ce qu'on peut telle la capacité qui ne réclame plus la liberté de l'homme supérieur qui se retourne toujours en un esprit de vengeance et de domination. C'est le ratage de l'homme supérieur par rapport au créateur qui enfante, c'est le point de vertige stoïcien qui fait que celui qui obéit à une commande est aussi celui qui dirige en ce qu'il s'insère dans une mouvance (recherche ou dô) qui génère ce qui sera de nouvelles valeurs pour d'autres. Enfin (livrée C), il de montrer que les activités comme les métiers, les différents combats pour l'existence sont constitutif d'un nouvel idiome en forme de programme et de conjectures. C'est parce que l'on sait s'en sortir avec l'envie, le goût, la chance que nos dispositions chasse le hasard sans pour autant définir de but sinon celui de rencontres qui enrichissent l'existence. Elles ne sont ni là pour chasser l'ennui ou la tristesse qui sont des sentiments d'hommes supérieur classique, mais pour tenir en tension chacun entre jubilation et insatisfaction comme régime des hautes intensités, celle du creuset et du chaudron d'où émerge un bouillonnement de culture, qui n'a lieu qu'un temps mais qui par la prise de vitesse dans le façonnage et la brèche qu'il ouvre est décisif. Dans une marche en avant soit on passe à l'étape suivante soit on disparaît, aspect terrible « mais » puissant de l'existence, qui se vérifie dans les plus petits détails de notre vie.


Le surhomme pourrait en effrayer certains tant on lui prête une mythologie barbare ou aryenne. C'est n'est que l'attention portée à la Terre qui fait appartenir le ciel au champ magnétique de celle-ci. Il n'y a plus de ciel même dédivinisé puisque le ciel est terrestre, englobé dans le champ magnétique de la Terre qui par sa couche ionisée rend possible l'atmosphère. A l’heure où s'achève la basilique expiatoire de la Sagrada Familia, les occidentaux pourraient toujours être tentés par la verticalité et la manière dont on dresse à la promesse, tâche pour Nietzsche incombe à la philosophie. Mais si les champs magnétiques comme « aura », comme intime et les différents systèmes synergiques comme les cellules gliales, nous ouvraient à ce qui était perçu comme jusque là irreprésentable ou inexprimable. On peut avoir à notre époque la capacité de tout exprimer ne serait-ce qu'en maintenant une part d'indétermination et d'indénombrable qui va en s'affinant : c'est la voie que prirent ceux qui défendirent les dimensions « fractales » ou du multi-échelle propre à la complexité. L'hypertexte peut aller en zoomant à la manière de ces mappemonde numérique ramenées à sphère qui résolvent la quadrature du cercle, la juxtaposition de prise de vue rectangulaire. Ce parcours terrestre en survol est un exemple de ce qui peut être illimité sur une surface finie.

 

Ainsi se comprend la Planète bleue comme nouveau paradigme. S'il faillait en titre ce ne serait plus Les mots et les choses à l'âge classique mais leur suite à l'âge quantique. S'il fallait un titre, pour rendre un hommage à Kenneth White tout en en dépassant la figure, ce serait Capitalisme et schizophrénie 3 puisque toute la géophilosophie finale est avant tout une reprise de sa thèse, puisque là encore cela a été écrit à plusieurs mains.

 

Les formules sont très dangereuses, alors nous n'en ferons qu'une. Soit la matrice d’équations suivante :

 

- Transcendance = antique = écriture
            Crise millénariste chez les chrétien qui conduit à repenser l'apocalypse,
            Crise messianique chez les juifs qui consiste à écrire la loi orale (Michna et Talmud)
            Apparition de la Shekinah (ou présence immanente de Dieu)
- Immanence = modernité classique = imprimerie
            Crise de la raison pure qui devient insuffisante et donc crise de l'absolu
            Apparition conjointe de l'industrie et du romantisme (machinisme et modernité romantique)
- Convergence = modernité quantique = hypertexte

 

A chacune correspond l'un des paradigmes suivants : l'Un infini, l'infini-limité et le fini-illimité. Soit Dieu, l'homme et la Terre comme surhomme.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article