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Publié par Les étudiants de Paris 8

PHILOSOPHIE / Les droits de l'homme

Ceux et celles* qui pensent que nous statuerons sur les Droits de l'homme et que nous en feront soit un éloge, soit une condamnation seront bien déçus. Epokhé et circonvenance.

Une avancée en plusieurs générations
Les droits de l'Homme ne sont qu'une tentative du droit de dire dans le langage juridique quelque chose à propos de l'être humain. Ils sont historiquement et métaphysiquement situables et inscrits, jusque là, ce qui ne s'étaye classiquement d'un discours métaphysique, que ce qui n'a aucune base ontologique, n'a alors aucune existence réelle. Métaphysiquement veut dire qu'ils reflètent les conceptions du "monde", les conceptions de leur temps. Il existe plusieurs générations de droits de l'Homme. Tous les droits de l'Homme existant aujourd'hui ne sont pas apparus en même temps. La première de ces génération est celle des droits civils et politiques. La deuxième génération de droits de l'Homme est celle des droits économiques, sociaux et culturels. Ces deux générations ont été articulées autour du droit de propriété. Un droit économique, c'est une garantie matérielle : le droit au logement est une garantie économique. La troisième génération est constituée des droits dits de la solidarité ; ce sont les plus récents, les moins solidifiés, les moins affirmés, comme le droit au développement, le droit à un environnement sain, le droit à la paix.

Une origine anglaise
Les partisans d'une révolution française fomentées par les Anglais pour éviter de ruiner leur Empire des Indes - après la perte des Amériques - insisteront sur le fait que le bonnet phrygien , que les Droits de l'homme ont été écrit par des anglais. Certes ces raccourcis sont possible mais s'il o'nt resitue le contexte, il faut bien comprendre que le parlementarisme anglais a revendiqué par une série de textes la progression des droits opposables par les nobles face aux rois : la Petition of rights, en 1629, le May Day Agreement de 1649, puis l'Habeas Corpus de 1679 et le Bill of Rights de 1689. Ces droits qui vont être revendiqués sont des droits contre le pouvoir, essentiellement civils et politiques mais chose intéressante ils ne repose pas en premier sur le droit de propriété mais sur celui d'entreprendre, car telle est la spécificité anglo-saxonne. L'articulation avec la deuxième génération se fera en France quand la première a été amenée en grande  partie d'Angleterre comme nous l'avons vu, à l'exception des droits égaux. Il faut dire que là-bas compte la liberté d'entreprendre et non celle de la propriété puisque toutes les terres appartiennent aux nobles - ce qui rappelle la Hollande l'autre pays à l'empire maritime.

Les droits fondamentaux
Les Droits de l'homme marquent surtout historiquement la mise en désuétude du droit naturel auxquels se substituent les droits fondamentaux. Ils concrétisent et confirment la sanctification du droit de propriété, dans l'article 17, critiqué par Marx. Si Marx fait une critique des droits formels en qu'il ne sont que déclarés et ne décrètent aucun budget, aucun investissement de flux. L'affirmation des droits fondamentaux est ainsi l’affirmation d'un nouvelle convention, c'est-à-dire de l’autonomie d'un droit positif qui vient se substituer à l'hétéronomie d'un droit naturel, lequel repose aussi sur individualisme, mais un individualisé intériorisé dans sa culpabilité et ses peurs, dans sa honte et sa haine, dans sa mauvaise conscience et son ressentiment.

Une conception humaniste qui a ses limites
Cette conception humaniste du droit a été remise en cause . Comme le rappelle Lacoue-Labarthe et comme le reprendra Badiou, le nazisme est avant tout un humanisme qui pousse l'hyperbole jusqu'à désigner des sous -hommes. En effet, ce triple génocide  n'est pas l'expression d'une barbarie mais est présenté comme la à l'heure où le paradigme était celui de la pureté et de la concentration "raciale".
L'insertion de la déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 dans le droit positif français ne se fera qu'en 1971.

L'insertion dans l'autonomie
On donne souvent de l'autonomie un premier sens : se donner à soi-même sa propre loi. C'est-à-dire de permettre à chacun de se gouverner soi-même et de là de maîtriser en apparence sa vie. Mais il faut bien comprendre que pour obtenir cela : c'est-à-dire la reconnaissance des uns envers les autres d'être libres Il existe une autre étymologie possible de autonomie : c'est donner à chacun ce qui lui revient et repose sur le grec neimen (donner, prendre). Il s'agit dès lors d'attribuer à chacun son dû; c'est donc un sens d'autonomie qui fait fortement référence à l'idée de justice. C'est en réalité le premier sens qui a été retenu à partir de la Renaissance et c'est un sens bien plus individualiste que le second.

* celons

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