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Publié par Anthony Le Cazals

Voici un extrait de ce prétendu éloge du théâtre par Alain Badiou, prétendu éloge du théâtre puisqu'il s'agit d'un éloge de la métaphysique et que tout ce fatras n'est là que pour empoisonner le théâtre. Il suffit de se méfier des discours élogieux, le dard n'est jamais loin mon seigneur.

 

La philosophie [dogmatique] enfin, singulièrement de nos jours, a perdu son aura [ésotérique basé sur la Vérité], et ce, de trois façons, distinctes et articulées.

Du point de vue de l'opinion, parce qu'on en est venu à appeler "philosophe" tout chroniqueur, tout journaliste, dès lors qu'il s'avère apte à causer en public de n'importe quelle question à la mode. C'est la déchéance par inflation. [jalousie du philosophe dogmatique pour le communiquant ou pour Voltaire qui restreint le jugement juste aux seuls philosophes et donc résume la philosophie au jugement et non pas la déploie sur une surface comme par exemple la Terre qu'on aprente mais pas seulement]

Du côté des institutions, parce que, confinée dans l'étroitesse d'une discipline académique parmi les autres, la philosophie ne peut que s'asphyxier, et osciller entre une rhétorique des énoncés corrects et une étude historienne de son histoire. [il ajoutait plus haut "de même le philosophe et mathématicien Alfred North Whitehead (1861-1947) n'avait pas tort de dire que toute l'histoire de la philosophie se ramène à des notes en bas de page des dialogues de Platon."]

De l'intérieur d'elle-même enfin, puisque depuis Nietzsche, sinon Kant, un virus hostile a été inoculé à la philosophie elle-même  [comprenez la métaphysique décadente par laquelle ses tenants se vengent des existences plus accomplies], qui la ronge en la poussant vers une conscience malheureuse de sa propre existence, et un doute systématique sur ce dont elle est capable [la philosophie n'est ni une capacité ni une faculté ni une disposition].

De grandes figures, comme Wittgenstein ou Lacan (mais déjà Pascal, Rousseau ou Kierkegaard) font du reste profession publique d'anti-philosophie, n'hésitant pas à déclarer que les énoncés de la métaphysique sont de purs non-sens, que la philosophie ne sert qu'à se protéger du réel, voire que - Nietzsche va toujours au bout de ses intentions - le philosophe est "le criminel des criminels".

 

Face à ce genre de philosophie [dogmatique],il ne reste plus qu'à faire du théâtre, du lazzi et non de l'entrée en scène de comédien qui veut se faire passer pour un philosophe, lui le disciple du sophiste Lacan et du philosophe retrouné Althusser, comédien-mandarin du marxisme. Voir le poison chez Nietzsche et Kant, c'est projeter son propre mal, la santé du savoir, la Gaya Scienza. Constituer ma synsthèse de l'homme de connaissance et de l'homme accompli est tout ce à quoi ne parvient Badiou, homme plus dcadent que son présent critique. Mettons-là un peu de jeunisme, cette santé instinctive. Il serait dangereux de l'hyspostasier comme l'homme décadent par « essence », mais vous pourrez admirer sa démarche de grabataire ventripotent. Ne perdons pas trop de temps sur cette mauvaise comédie (pour être plus Nietzschéen que Nietzsche qui ne comprenait rien à la saine comédie des Grecs).

 

Karma Police, arrest this man, he talks in maths...

 

Qui a une une connaissance suffisante de Molière sait que Le Médecin malgré lui et Georges Dandin avait un prélude, « La jalousie du Barbouillé » et « Le médecin volant ». Je vous invite à écouter les longues tirades du médecin bolognais (une aristotélicein) pour savoir ce que Molière pensait à l'avance de Badiou. Je ne suis pas sur Molière aurait aimé être souillé par tant de métaphysique dégénérée (nommée au singulier « mathématique »). Mmmm quel est cet onguent ? Bois et Vade in pace, répondit le médecin volant. On entendit plus jamais parlé le patient.

 

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Thomas 06/08/2012 15:37


Je pense qu'il est important de comprendre que pour Badiou l'art (le théâtre ici) est toujours premier par rapport à la philosophie et à la métaphysique, l'art est une "condition" de la
philosophie. La philosophie ne peut qu'essayer de théoriser après coup un événement artistique.