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Publié par Anthony Le Cazals

 

Dans un article du Monde, Laure Bélot fin décembre le soulignait : jamais peut être la déconnexion entre les élites et les plus jeunes générations , dîtes digital native, n'aura été aussi grande.
J'aimerai ajouter aussi grande et en défaveur de ces élites dont on attend si ce n'est qu'elles impulsent des changements de fond ,au moins qu'elles accompagnent les mutations que nous traversons .

Depuis 15 ans les élites ont en effet du mal à penser la mutation digitale : si le numérique a été assez vite pris comme un changement complet des outils de communication , il a été plus difficile d'y voir une nouvelle révolution économico - industrielle et encore moins les conséquences sur la société toute entière , que ce soit en matière de rapport au savoir, à la démocratie, à la politique, aux valeurs …

 En gros tout ce que nous avait appris la médiologie de Régis Debray depuis une vingtaine d'année : l'outil de création symbolique d'une époque est fondateur pour toute la société de cette époque.
L'essentiel était posé, ne restait plus qu'aux élites qu'à structurer la pensée autour de ces mutations, comme cela avait été fait à d'autres époques ,celle de Gutemberg ou des Lumières..

3 nuances de taille vont  simplement empêcher les élites de rattraper leur retard et les placer dans la position difficile du cycliste en fin de peloton, essayant de ne pas être décroché , alors qu'il devrait mener
1ière nuance : le pouvoir d'agir est en bas "c'est le bas qui pousse, estime Jean Marc Lech, cette société déborde toutes les élites sans aucune culpabilité".
En Marketing on dit depuis une dizaine d''année que c'est le consommateur qui a le pouvoir et qui décide des produits qu'il veut acheter, des canaux d'achat..
Donc massivement et mondialement l'outil engendre de nouveaux comportements, de nouvelles pratiques économiques et sociétales : les internautes achètent ou vendent sur le Boncoin.fr, pratiquent le covoiturage sur Blablacar, se logent sur Airbnb, pratiquent le crowdfounding pour fiancer la restauration d'un film culte, développent des liens horizontaux, partagent des données…
Et donc massivement tout cela nécessite un accompagnement , un encadrement juridique, réglementaire permettant de distinguer les bons des mauvais comportements..

2ième nuance : la mutation est toujours en cours et même peut être encore à ses débuts, c'est une difficulté majeure pur des élites habituées à penser en forme de plan, de durée, d'échéance. Difficile de dire où l'on en est de l'efficience de cette mutation : a -telle développé  10 ,30 ou 60 % de sa capacité.
L'époque se vit en mode bêta permanent, ce qui convient difficilement à des élites en position de visionner une issue à la crise, de penser des objets dans leur ensemble afin de pouvoir les classifier, légiférer..

3ième nuance : la mutation est protéiforme  et touche autant notre rapport au savoir, qu'au travail ,qu'à la politique ; elle est donc culturelle , c'est à dire le produit d'une nouvelle culture , développée par ces nouvelles générations et dont il est parfois difficile de penser qu'elles seules sauront peut être après les avoir vécus, penser , légiférer les nombreux changements engendrés.

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Jean-Pierre Ducassé 17/05/2015 12:02

Dans le genre ramassis de lieux communs, c'est une réussite. Bravo. Je ne evux aps dire que ce soit faux, mais ce en sont que les mots de la tribu.