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Publié par Anthony

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Encore de quoi remettre en cause profondément notre compréhension de la génétique, même s'il n'y a rien de vraiment neuf en dehors de l'ampleur de ce qu'on appelle l'épissage alternatif qui augmente considérablement la complexité génétique et semble condamner les approches réductionnistes. Les traitements génétiques se révèlent malgré tout efficaces pour corriger certains défauts génétiques, mais c'est la maîtrise des OGM qui en dévient beaucoup plus problématique. Dans le vivant, on ne peut juger que par le résultat qui seul compte.

Plus de neuf gènes sur dix seraient capables de produire des protéines distinctes aux rôles différents voire antagonistes. Leur expression varie d'un tissu à l'autre et même d'une personne à l'autre. Appelé épissage alternatif, ce phénomène était déjà connu, mais son ampleur inattendue vient d'être révélée par le travail de deux équipes américaines.

Chez les eucaryotes, les gènes sont interrompus par d'étranges séquences, les introns, qui ne contiennent pas d'informations sur la protéine à fabriquer. Les parties codantes, appelées exons, doivent être raboutées au moment de la lecture du gène par un mécanisme dit d'épissage. Une longue molécule d'ARN messager vient alors copier l'intégralité du gène, sans tenir compte des introns.

Il est apparu que, durant cette opération, la copie produite n'était pas toujours la même. Il arrive en effet qu'un petit morceau de code, inclus dans les exons, ne soit pas copié sur l'ARN messager. La protéine résultante est donc différente. C'est l'épissage alternatif, un mécanisme sous le contrôle d'un ensemble de molécules appelé spliceosome (en anglais, splice signifie épissage). Ces protéines sœurs, issues d'un même gène par des voies différentes, sont des isoformes.

Les généticiens ont d'abord pensé que le phénomène était rare. L'équipe américaine affirme que nous en sommes à 94%. Le joli mécanisme découvert chez les bactéries, par lequel un gène d'un seul tenant donne à chaque lecture la même protéine, n'est donc plus, chez un mammifère comme l'être humain, qu'une exception marginale...

Les chercheurs ont montré que la nature des isoformes produites dépend fortement du tissu. Ainsi, un même gène ne donnera pas la même protéine selon qu'il est présent dans une cellule du cerveau ou d'un muscle. Les effets de deux isoformes peuvent être très différents, voire contraires comme le soulignent les auteurs américains. Dans un même tissu, les isoformes peuvent changer au fil du développement embryonnaire et de la progression de la différenciation des cellules. Enfin dans une tumeur cancéreuse, les isoformes peuvent aussi être différentes de celles des cellules du tissu originel.

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