Archives

Publié par Anthony Le Cazals

Précisions à la suite de cet article.

 

Derrida dans  son Otobiographie relevait cette maxime de la Généalogie de la morale : « rester fidèle à une seule promesse ». Nous la relevons à notre tour. La promesse que s’est donné est-elle de rester fidèle ou bien de ne se donner qu’une seule règle celle de n’avoir pas de règle.  Car Demeure chez Nietsche comme chez l’un de ses inspirateurs Guyau, l’alternative de savoir s’il faut régler la conduite humaine ou la laisser sans règle, ce qui est une manière de lui donner une règle, celle de n'en pas avoir. Demeure alors la recherche du fondement de la règle ou de l'absence de règle. Cette quête est toute socratique par aveu d’une accointance paradoxale de la démarche dionysiaque ou dérangeante. puisqu’il s’agit non plus de courir après la sagesse, tout en ne rencontrant que des prétendants sages, mais la nature la plus profonde de la vie comme une activité qui trouve dans sa plus haute intensité et sa plus large extension sa plus haute jouissance, son plus large épanouissement. Et si la promesse était celle que reprend cette fois Kenneth White comme un précepte : « Amis, restez fidèles à la terre » c’est-à-dire restez fidèle au sens de la Terre c’est-à-dire au surhomme. Nietzsche reprend le terme de Surhomme directement au Faust de Goethe :- « Quelle pitoyable frayeur, dit Méphistophélès à Faust, s'empare du Surhomme que tu es ? » Nietzsche ne connaîtra pas cette frayeur ; il empruntera à Gœthe et le nom et la chose. Mais il paraît difficile de faire remonter comme le veulent certains le Surhomme de Nietzsche du « Surhomme » de Gœthe au « Génie » des romantiques. Si Le surhomme a une origine « romantique » c’est-à-dire une origine qui vient des deux premières vagues de réaction à la lecture de la critique de la raison pure : la première vauge sera celle de Kleist, la seconde celle du cercle de Iéna (qui plus particulièrement prend corps avec Schlegel et Tieck à Dresde, ville où Schopenhauer écrira sa grande Œuvre du Monde comme volonté et représentation après avoir quitté sa mère et que Goethe l’ait adoubé comme philosophe le jour de son départ). Voilà pour l’histoire sinon pour les « idées », à noter que la troisième vague romantique viendra après Hegel. Mais poésie et philosophie sont de ce point de vue indissociablement liées, même si aujourd'hui la philosophie s'est tournée d'avantage vers la science que vers la poésie. Pensez à l'importance académique prise par l'épistémologie par rapport à l'histoire de la philosophie comme marque de sérieux académique. Pourtant ces phrases de Heidegger sur Holderlin demeurent : 

 

« Nul ne sait quel sera le destin de la pensée. En 1964, dans une conférence je n'ai pas prononcée moi-même mais dont le texte a été lu en traduction française, j'ai parlé de la fin de la philosophie et de la tâche de la pensée". J'y ai fait une distinction entre philosophie c'est-à-dire la métaphysique, et la pensée telle que je l'entends. Cette pensée est, fondamentalement, quant à la chose même, beaucoup plus simple que la philosophie, mais, en conséquence, beaucoup plus difficile à accomplir, et elle  exige un nouveau soin apporté au langage, et non une invention de termes nouveaux, comme je l'avais pensé jadis; bien plutôt un retour à la teneur originale de la langue qui nous est propre mais qui est en proie à un dépérissement continuel. Un penseur à venir… sera peut-être placé devant la tâche d'assumer effectivement cette pensée que j'essaie seulement de préparer. » Heidegger cite alors des vers d'Holderlin mais cela est disponiblie sur la vidée de youtube la question de l'Être. Le surhomme précisément et contrairement à la voie indienne qu'en donnent les richis védiques-Krishnamurti-Sri Aurobindo-Mirra Alfassa-Satprem, a bien à voir avec la penée mais surtout avec une perte d'esprit (c'est-à-dire la rupture avec l'idéalisme matérialisant, avec le mental conceptuel). La pensée se trouve, par le sens de la Terre qu'elle inaugure, déspiritualisée .(Ce qu'elle est surtout et avant tout avec tous les penseurs français des années 60 à nos jours, Deleuze et Badiou y compris, qui n'ont jamais rompu avec "Dieu", ni avec l'idéalisme et l'esprit transcendant ou immanent qui l'accompagne, simple syptôme qu'une part de soi, l'esprit se retourne contre soi, le corps (Nietzsche aussi dissosciait à l'occasion son corps (soi), sa douleur  (maladie) de ce qu'il était lui-même (son moi), mais là est lattitude du philosophe qui souffre et qui se venge. C'est dans la vengeance que se trouve une grande part de l'esprit, car il est avant tout outil de domination de la douleur, de cette souffrance qui s'associe peu à peu au corps dans la tête de nos chers philosophes traditionnels. Si je parle de penséé spiritualisée, c'est qu'elle l'a été depuis Platon, qui déformait ainsi la pensée  (Noûs) d'Anaxagore, la transformant en Epistemé, en long discours. Pourtant la mesure ne se trouve pas dans la science  (qui dès lors est politisée, dès lors que l'on désigne) mais dans le conflit et c'est là qu'intervient le Surhomme, comme dépassement autre que l'aufhebung hégélienne.

 

 

« Je vous enseigne le Surhomme. L'homme est quelque chose qui doit être surmonté. Qu'avez-vous fait pour le surmonter ? Tous les êtres, jusqu'à présent, ont créé quelque chose au-dessus d'eux et vous voulez être le reflux de ce grand flux et plutôt retourner à la bête que de surmonter l'homme ! Qu'est le singe pour l'homme ? Une dérision et une honte douloureuse. Et c'est ce que doit être l'homme pour le Surhomme; une dérision et une honte douloureuse Vous avez, tracé le chemin du ver jusqu'à l'homme, et il vous est resté beaucoup du ver. Autrefois vous étiez singes et maintenant encore l'homme est plus singe qu'aucun singe... Le Surhomme est le sens de la terre. Votre volonté doit dire: que le Surhomme soit le sens de la terre ! Jadis on disait Dieu, quand on regardait sur des mers lointaines ; mais maintenant je vous ai appris à dire : Surhomme... Et comment supporteriez-vous la vie sans cet espoir, vous qui cherchez la connaissance ? Vous ne devriez être invétérés ni dans ce qui est incompréhensible, ni dans ce qui est irraisonnable. Mais que je vous révèle tout mon cœur, ô mes amis : s'il existait des dieux, comment supporterais-je de ne pas être un dieu ? Donc il n'y a pas de dieux. C'est moi qui ai tiré cette conséquence, cela est vrai, mais maintenant elle me tire moi-même... J'appelle cela méchant et inhumain, tout cet enseignement de Tunique, du rempli, de l'immobile, du rassasié et de l'immuable. »


Goethe avait dit, à la fin du second Faust :  « Tout ce qui passe n'est que symbole.

Nietzsche répond : Tout ce qui est immuable n'est que symbole. Et les poètes mentent trop. Mais les meilleures paraboles doivent parler du temps et du devenir : elles doivent être une louange et une justification de tout ce qui est périssable ... La beauté du surhumain m'a visité comme une ombre. Hélas mes frères, que m'importent encore les dieux. »

 

Notons au passage qu’André Jouillée fait remonter la tradition du Surhomme, sans saisir ce qu’elle était véritablement chez Nietzsche qui n’a repris au surhommme de Goethe que le nom : « Platon n'a-t-il pas mis dans la bouche de Calliclès ces paroles connues, qu'on croirait de Nietzsche lui-même: « Nous prenons, dès la jeunesse, les meilleurs et les plus forts d'entre nous; nous les formons et les domptons comme des ? ? ? ? ? ? ? et des prestiges, leur faisant entendre qu'il faut s'en tenir à l'égalité et qu'en cela consiste le beau et le juste. Mais, selon moi, qu'il paraisse un homme de grand caractère; qu'il secoue toutes les entraves, déchire nos écritures, dissipe nos prestiges et nos enchantements, foule aux pieds nos lois, toutes contraires à la nature ; qu'il s'élève au-dessus de tous et que de notre esclave, il devienne notre maître ; alors on verra briller la justice naturelle » »

 

Je me permets un dernier recoupement en citant un des passage de Satprem sur le suhomme, pour faire part d'un malencontreux malentendu qui précisément ne permet pas de faire le pont (de prime abord) entre les différentes voies du Surhomme : « l'homme est un "être de transition" disait il y a longtemps Sri Aurobindo, il est en marche vers le surhomme [...] Et note seule occupation vraie, notre seul problème, la seule question de tous les temps à résoudre, celle qui déchire notre grand vaisseau terrestre par toute les membrures douloureuses, est : comment opérer le passage ? Nietzsche l'a dit aussi. Mais son surhomme était seulement une colossiation de l'humain, nous l'avons vu déferler sur l'Europe; ce n'était pas un progrès évolutif mais un retour à la vieille barbarie de la brute blonde ou brune de l'égoïsme humain. Nous n'avons pas besoin d'une superhomme, mais de quelque chose d'autre, qui balbutie déjà au coeur de l'homme et qui est aussi différent de l'homme que les cantate de Bach sont différentes des premiers gragnements de l'hominien. Et, en vérité, les cantates de Bach sont pauvres quant l'oreille intérieure commence à s'ouvrir aux harmonie du Futur. » Et pourtant, a-t-il lu Nietzsche ou les bêtises anti-sémites de sa soeur. La bêtise guette toujours un grand penseur tel Marx, qui n'érigea pas de système ni ne prôna l'Etat mais qu'Engel rabattra et synthétisera en un marxisme et une doctrine de l'Etat suffisamment digérée pour Lénine et le Marxisme léniniste.

 

 

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Florsheimer 23/09/2010 23:01



Bonjour,


J'ai juste une chose à dire à propos de votre article ( et cela vaut pour la plupart des articles de ce blog) : citez vos sources quand vous faîtes des affirmations sur l'histoire de la
philosophie. Pourquoi? Par académisme? Non. C'est seulement parce que vos propos sont erronés, mais que, en plus, ils sont nuls à chier.


Merci d'avance.



Anthony Le Cazals 26/09/2010 10:31



Pourquoi donc citer des sources, erronées. Toutes les sources sont citées sur les autres articles, sauf dans les quelques derniers. J'aime bien les jugements péromptoires. Mais point ne me dédis.
La prochaine fois je ferai même de la circoncision voir du paraphrasage comme la plupart des historiens de la philosophie. Mais vous ne connaissez même pas les coulisses. Qui plus est pour une
fois que je n'étais pas critique. Vos propos sont encore moins précis que la dissimulation volontaire de ce que je cite.


Et li y a une chose qui vous échappe c'est que les gens qui commente sont toujours ceux sur qui s'exerce un pouvoir, qui consente plus qu'ils ne retiennent. Donc j'aime bien votre commentaire
même si je préfère le silence de mes lecteurs, car j'aimais dans les commentaires il n'y aura de délibération mais le simple étalage de convictions. Le mieux ce sont les éclairages enrichissants.


Donc l'argument de "la plupart de vos articles" est bien la marque de quelq'un qui ne prend pas le temps de lire. C'est bien réducteur de vouloir voir de l'histoire de la philosophie (aujourd'hui
supplantée par l'épistémologie) là où il y a de la prospection, ou mieux de la perspective sur l'avenir.


Bref le créateur que je suis te remercie en retour et te dis qu'il fait ce qu'il veut. Libre à toi...



forester 15/09/2010 21:34



S'il vous plait relisez-vous! Ou bien faites relire. Le sens de votre pensée est fortement altéré par votre orthographe...



Anthony Le Cazals 22/09/2010 22:10



Désolé Florian, mais Derrida a bien écrit un livre intitulé "otobiographie"... Pour le reste je ne vois pas...