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Publié par Anthony Le Cazals

Cher(e)s ami(e)s

 

Il reste encore deux week-ends pour profiter de ce spectacle, qu'il est intéressant de resituer dans sa trame historique tant notre époque subit des bouleversements qui font écho à l'apparition de l'imprimerie et la lecture dans le texte de la Bible, d'où la réforme et la critique philosophique qui s'en suivront. Si l'imprimerie 'nous' apprit à lire, internet nous apprit à écrire. Combien d'amis ne se sont-il pas mis à essaimer sur la toile comme autrefois avec les postes et routes royales on se mit à produire de la correspondance et à s'inviter à la publier, faisant naître les lettres, et oui les Lettres. Et le théâtre, par correspondance, ne fait que reposer cet élan, cette invitation à une renaissance. Séances à Pantin jusqu'au 24 novembre.

 

SEANCE TENANTE

Pressez, pressez, s'il vous plaît, voyons, voyons, Ce soir c'est la grande affaire, toutes les fins de semaine jusqu'au 14 novembre se joue le drame du théâtre.

 

Théâtre des Loges - 49, rue des Sept-Arpents 93500 Pantin - M° Hoche - 06 15 23 80 28 - www.theatre-des-loges.fr

 

THEATRE

C'est la Renaissance qui est à feu et à sang, mais est-elle Florentine ou est-elle Parisienne ? En tout cas, si j'écarte la troupe de bateleurs qui spamment votre boîte à courriel, c'est pour vous convier fortement, expressément à une pièce de théâtre qui se joue dans le Grand Paris, non loin de là, dans le lavoir de Pantin. Il s'a
'est la Renaissance qui est à feu et à sang, mais est-elle Florentine ou est-elle Parisienne ? En tout cas, si j'écarte la troupe de bateleurs qui spamment votre boîte à courriel, c'est pour vous convier fortement, expressément à une pièce de théâtre qui se joue dans le Grand Paris, non loin de là, dans le lavoir de Pantin. Il s'agit du projet fou de monter une pièce réputée impossible à mettre en scène. En un tour de main maîtrisé, le metteur en scène Michel Mourterot, bien connu pour ses mises en scène de Molière comme on en trouve au théâtre de l'Éventail et ou à celui de l'Epée de bois. Alors  peut-être viendrez-vous au théâtre des Loges, voir cette pièce prenante du "Prenant du début à la fin" comme me l'a confirmé un ami.
N'hésitez pas à venir voir l'un des deux Romains qui gardent l'entrée et à vous diriger vers le guichet vous aure le droit à un charmant accueil. Vous pourrez voir donc une adaptation classique à la belle allure. L'allure, non la simple apparence mais la cadence qui met en élan tant le cœur que la pensée. Et peut-être que cette pièce ne sera pas finie, car le rideau ne tombe pas au Théâtre des Loges, qu'elle vous trottera dans la tête. C'est l'une des particularités du Théâtre des Loges de n'avoir pas de rideau. Et oui il n'y a ni rideau ni coulisse dans ce lavoir investi de manière raffinée. C'EST POUR CELA QUE VOUS ETES AUX PREMIERES LOGES, en plein théâtre des opérations. Parfois les coups tonnent derrière vous. C'est même tout de go, que vous pourrez discuter et échanger un verre avec les comédiens au foyer toujours dans ce même grand espace. Pour ceux qui connaissent La cartoucherie, le metteur en scène a travaillé avec Antonio Diaz-Florain du Théâtre l'Epée de Bois, bref c'est un Bartabas du théâtre pour des raisons que je ne développerai pas ici, mais qui tiennent aux purs sangs que sont ses comédiens...
Alors peut-être voudrez-vous vivre cette expérience subtile de baigner dans le "théâtre vrai et simple". En tout cas c'est une expérience particulière et je vous promets de vous rembourser si tel n'est pas le cas ou si vous n'êtes pas emportés par cette pièce le temps d'une soirée. Si, si, c'est bien pour cela que je vous y convie.


HISTOIRE

Comme je veux que vous en ayez pour votre argent et vos yeux,  je n'oublie pas de vous glissez ce début de note dont vous retrouverez la suite ultérieurement. Je veux aussi que vous en ayez pour votre enthousiasme en ces temps dits "de crise", alors que comme pour la peste de la Florence de 1484 c'est l'inverse qui se produit, c'est elle qui enfante Vinci et Michel-Ange. Certains parlent alors d'un précis de décomposition, pourtant ce sont des transformation qui s'opèrent. Elle se répète par période entre Athènes de Solon et de la décadence de Platon et d'Aristote et la Florence de Laurent le Magnifique et Lorenzino le patricien, notre héros romantique.  Ces grandes décompositions attendues succèdent aux grandes périodes de création toutes singulières. De manière plus resserrée, cette pièce a en fond de toile la première Renaissance qui eut lieu à Florence avec Brunelleschi, Donatello, Verrocchio, Vinci, Botticelli à Florence  entre 1418 et 1492 (durant le mardi gras de 1497 Botticelli brûla lui-même ses nus au bûcher des vanités organisé par le moine Savonarole). La seconde renaissance du début du
XVIe siècle a lieu, quant à elle, à Rome. C'en est fini de Florence même si Michel-Ange y fit ses débuts avec son David 1503. A Rome les différents papes sont incontournable et ce sont eux qui font venir les artitstes de toutes l'Italie comme Bramante, David, Titien. Le Lorenzaccio de Musset est donc le souhait de retourner à la première Renaissance. La plus grande effervescence eut lieu de 1484 à 1492. 1484, c'est l'année paradoxale où la peste traversa Florence et où Léonard de Vinci revint dans la ville de son apprentissage, et 1492  c'est la mort de Laurent le Magnifique, qui en mécène avait financé les études de Michel-Ange. Michel-Ange ne décida-t-il pas de devenir sculpteur en voyant la collection que possédaient les Médicis... Alors Lorenzino de Médicis, le Petit Laurent en aristocrate qui aimerait la démocratie, en patricien qui veut la République, là où les républicains échouaient, met au point une intrigue qu'il a maintes fois reportée. Et c'est peut-être pour cela qu'elle résonne tant avec notre époque avec cette question : à quel moment prend-on son destin, son action propre en main ? Veut-on de la démocratie ? Doit-on se faire aristocrate pour la défendre, ce fut la thèse de nombre de philosophes du style français de ces dernières décennies, même si cela fût peu aperçu. Cela fut déjà le cas avec la grèce antique, j'en avais parlé ici.


Avant de laisser la parole au chef de troupe je vous indique que peut-être vous apercevrez ce personnage..

baltazar castiglione



" Depuis longtemps, je voulais m'amuser à jouer Lorenzaccio, de Alfred de Musset, à profiter de cette œuvre immense, où le Théâtre est indéniable, fracassant, évidemment romantique ! Tellement que c'est au cinéma que nous allons ! Voilà, ça y est, on va la jouer cette pièce ! Enfin, on en jouera des bouts, impossible autrement ! Il y faudrait cent acteurs, mille décors, des millions de centimes... Craintif, mais motivé, j'ai refaçonné la pièce. Nous voilà quatre sur les pavés des Loges, avec une fontaine au milieu de la scène et ses murs toujours rouges de Volpone, ce spectacle qui nous a fait tellement heureux ; ses costumes tannés, roussis par les soleils et les pantins d'hier... Quatre comédiens dont trois nouveaux ! Trois jeunes gens, dont Musset j'en suis sûr, goûterait la légèreté, l'intelligence et le sourire, "ce doux épanouissement qui rend la jeunesse semblable aux fleurs". Pourrait-on d'ailleurs aborder Lorenzaccio sans l'éclat du jeune acteur, sa fougue, son insouciance, mais ses craintes aussi, ses secrets, ses paradis perdus, ses regards sur le monde, sur nous, les moins jeunes déjà ? Tenir, ne pas consentir, nous dit Camus... Alors, on essaie ! On tient, on ne consent rien ! On joue de nouveau ! On refrappe à la porte des beautés et des forces du Théâtre ! Comme ça, pour le plaisir, pour le besoin. Encore une fois ! Une  vingtième fois ! Car oui, Mesdames et Messieurs, voici le vingtième spectacle de la Troupe du Théâtre des Loges ! Contre vents et marées, contre bêtises, avec, et parfois contre intelligences, du 24 septembre au 14 novembre (les vendredis et samedis à 20h30, les dimanches à 16h), nous levons le rideau sur Lorenzaccio ou camarade Renzo (un sous-titre maison) ! Un spectacle que l'on voudrait doux et fort à la fois, simplement distrayant, comme une apaisante promenade, "une harmonie du soir, dans le bruit lointain de cette ville..." Quand bien même il raconte l'histoire d'un tyran forcément indécent, insupportable, et celle de Lorenzo, complice de toutes les débauches et horreurs, mais poète en silence, sauveur - peut-être - d'une humanité déchirée, sans chemin. Comme ce mendiant assis sur le coin de la scène du monde, témoin de cette pauvreté du riche. "



Théâtre des Loges - 49, rue des Sept-Arpents 93500 Pantin - M° Hoche - 06 15 23 80 28 - www.theatre-des-loges.fr

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