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Publié par Himalove

ATTENTATS DE BOMBAY (MUMBAI)
L'INSPECTEUR GÉNÉRAL DE LA POLICE DU MAHARASHTRA SE MET À TABLE

    Himalove, le mardi 16 février 2010 (15h05)

    Peut-on imaginer en France, en Angleterre ou aux États-Unis, la publication d’un livre écrit par un policier, dénonçant l’implication d’agences de sécurité dans une série d’attentats, sous faux drapeau, ayant fait des centaines voire des milliers de morts ?

    Certes, non ! Les attentats du 11 Septembre 2001, puis ceux de Londres et de Madrid, garderont longtemps leurs mystères et nul policier ou membre des services secrets à la retraite ne viendra éclairer nos contemporains sur l’origine, les circonstances et les commanditaires des grands attentats mythiques de ce début de siècle.

    Les journalistes, les intellectuels, les gens payés pour nous instruire, étant à la solde de ceux et celles, une minorité, qui souhaitent perpétuer l’âge des Ténèbres.

    Curieusement, c’est du pays où est né Georges ORWELL, l’Inde, que nous provient un courageux porteur de lumière.

    L’ancien inspecteur général du Maharasthra, S.M. MUSHRIF, nous explique dans un livre, « Who Killed Karkare ? The real face of terrorism in India », publié aux éditions Pharos, comment et pourquoi les services secrets de son propre pays se sont affranchis de toute forme d’éthique afin de servir la raison d’État.

    Combien ils ont planifié et réalisé d’attentats sous faux drapeau, massacrant leurs propres populations ; et utilisé les assauts de mercenaires « pakistanais », à Bombay [Ndd : En anglais on dit "Mumbai"], le 26 novembre 2008, pour éliminer un policier, un peu trop curieux et intègre, le chef de l’anti-terrorisme du Maharasthra, Hemant KARKARE.

    MUSHRIF n’est pas Thierry MEYSSIAN écrivant « L’effroyable Imposture ».

    L’inspecteur écrit comme un gendarme et réfléchit comme un juge d’instruction, nous forçant à avaler de nombreux rapports de police, des interrogatoires musclés et des coupures de presse.

    Le regard qu’il pose sur les journaux et télévisions est sans concessions.

    On vivrait selon lui « dans un climat d’état d’urgence et de propagande permanente qui ne permettent plus l’analyse ».

    Difficile de faire passer ce policier amer pour un complotiste, imaginatif et fantasque.

    Il s’en tient à ce qui se passe sur le terrain.

    Le policier musulman décortique, avec minutie, les attentats du 11 juillet 2006 à la gare de Bombay, ceux de Malageon du 8 septembre 2006, le plasticage du train Samjhauta Express le 19 février 2007, la bombe à la mosquée d’Hyderadad le 18 mai 2007, celle d’Ajmer le 11 octobre 2007, les explosions près de tribunaux en Uttar Pradesh le 23 novembre 2007, les bombes de Jaipur le 13 mai 2008, Ahmedabad et Surat le 26 juillet 2008, New-Delhi le 13 septembre 2008 et l’explosion de Malageon du 29 septembre 2008 qui fit six mort et blessa plus de cent personnes.

    Partout les mêmes empreintes, le même modus operandis et souvent l’odeur des explosifs, fournis par le lieutenant-colonel Prasand PUROHIT, un ancien du renseignement militaire, en poste au Jammu-et-Cachemire…

    Pour le flic MUSHRIF, les meurtres du chef de la division antiterroriste Hemant KARKARE et de ses proches collaborateurs, aux premières heures des attentats de Bombay le 26 novembre 2008, sont liés directement à l’arrestation du Lieutenant-colonel PUROHIT, de Sadhvi Pragyasingh, du Swami Amrutanand et de la mise hors d’état de nuire de l’Abhinav Bharat, deux mois plus tôt.

    Selon lui, le spectacle grandiose des attaques de la maison Loubanovitch, du Café Leopold, des hôtels Taj, Oberoi, Trident et la longue confusion qu’elles ont entraînée ont permis à une équipe de tueurs locaux, au service de l’Intelligence Bureau, de procéder à la liquidation d’officiers supérieurs de la police indienne.

    L’inspecteur de police étaye scientifiquement sa conviction.

    Méthodiquement, MUSHRIF analyse les différentes scènes de crime, la séquence des événements depuis le débarquement de 6 à 8 terroristes le 26 novembre à 8 heures 30 du soir, à Mahatma Phule Nagar, Badhwar Park à Cuffe Parade auquel assista Anita Rajendra Uddaiya, laquelle identifia, plus tard, formellement le corps de 6 « Pakistanais » à la morgue de Bombay.

    Il apparaît que si on peut attribuer à ces tueurs les fusillades du café Leopold, les tueries à l’intérieur des palaces Taj, Oberoi, Trident, et l’étrange occupation et prise d’otage de la Nariman House, les massacres de la gare et ceux de l’hôpital CAMA semblent l’oeuvre d’une autre équipe.

    L’étude des 284 coups de téléphone échangés entre les terroristes présents à Bombay et leurs officiers traitants à l’étranger confirme ce point de vue.

    Alors que les terroristes « pakistanais », opérant à l’intérieur des hôtels et du centre juif, ne cessent de communiquer avec leurs contrôleurs ; ceux tirant au hasard à la gare et se réfugiant ensuite à l’hôpital CAMA n’utilisent pas le même réseau téléphonique, et parleraient même aux passants qu’ils croisent en langue vernaculaire, le « marathi ».

    Pour MUSHRIF, cette équipe, composée au moins de six individus, qui ont tué beaucoup et peu affronté les commandos de la marine et l’armée, sont responsables de la mort de 56 innocents à la gare, et de l’exécution des chefs de l’anti-terrorisme de Bombay, Hemant KARKARE, Ashok KAMATE, Vijay SALASKAR, dans la Rang Bhavan Lane, près du GT Hôpital.

    Ces terroristes locaux, probablement sortis indemnes de leurs méfaits, sont difficilement identifiables ; car, les 16 caméras des plateformes de la gare, où ils ont tiré de manière indiscriminée sur la foule, étaient hors service ; et, les témoins encore vivants, qui les ont croisés à l’hôpital CAMA, les décrivent masqués.

    L’arrestation miraculeuse d’un Pakistanais, Ajmal KASAB, vivant, après une telle hécatombe, est très suspecte.

    Il n’est pas dans les habitudes de la police et de l’armée indiennes de faire des prisonniers lorsqu’elles rencontrent, les armes à la main, des commandos pakistanais.

    On aurait tendance, même, à profaner leurs cadavres…

    Selon l’inspecteur MUSHRIF, ce terroriste rescapé serait une pièce rapportée, enlevé avant les événements par l’IB [IB, initiales désignant l’Intelligence Bureau, qui est un service de renseignements indien], pour être placé vivant et bavard comme un canari dans un box d’accusé.

    Les preuves matérielles accusant KASAB, dans les séries de meurtres à la gare et autour de l’hôpital CAMA, sont — malgré le battage médiatique — très faibles :

  • Une poignée d’empreintes digitales sur un plexiglass du bateau « Kuber » qui aurait emmené les terroristes de Karachi aux plages de Bombay.
  • Des photos prises de KASAB, une Kalashnikov à la main, à l’intérieur de la gare…

    MUSHRIF et ses amis de la police scientifique pensent que ces preuves ont été fabriquées de toutes pièces.

    Au regard des habitudes de l’IB, en matière de lutte anti-terroriste, la chose est fort probable.

    La plupart des personnes arrêtées, autour des grands attentats qui ensanglantent périodiquement les villes indiennes, sont innocentes et n’ont en général commis qu’un seul crime : être à proximité du lieu où ont explosé les bombes, être dans les petits papiers de la police ou faire partie d’une minorité discriminée.

    Si MUSHRIF reconstitue les circonstances dans lesquelles ont été assassinés ses amis policiers, et donne un mobile crédible à leurs exécutions ; il ne cherche pas à éclaircir les événements autour et à l’intérieur des hôtels Taj, Oberoi, Trident et Nariman House où les terroristes ont beaucoup échangé de coups de fils, notamment avec l’ambassade d’Israël !

    À propos des opérations de Bombay, MUSHRIF n’accuse pas le MOSSAD, contrairement au docteur Amiresh MISRA (2) ; mais se venge personnellement de collègues appartenant au Rashtriya Swayamsevak Sangh, dont le but serait de détruire au sein de la police l’idéal multiculturel du pandit NEHRU, défendu aujourd’hui par Sonia GANDHI.

    « Le complot des bhramines cherchant à instaurer un Hindu rasthra » grâce aux provocations et pogroms anti-musulmans à large échelle, comme en février et mars 2002 au Gujarat, reste le substrat idéologique de son enquête et, peut-être, le point faible du livre.

    Car « le syndrome de la Partition » [*] empêche l’auteur d’appréhender « le caractère exceptionnel des attaques de Bombay » qui adviennent au moment où l’impérialisme décide d’une escalade militaire en Af-Pak (Afghanistan et Pakistan) et change, avec Obama, de politique à l’égard du Cachemire pour se concilier les faveurs de l’armée pakistanaise.

[*] NDD : il s’agit de la partition artificielle entre l’Inde et le Pakistan, créée par l’impérialisme anglais selon la bonne vieille règle du "diviser pour régner", lorsqu’il dut décoloniser l’Inde. Ainsi, c’est l’Angleterre qui accentua énormément, voire créa de toute pièces, la haine entre la communauté hindoue et la communauté musulmane afin de parvenir à cette partition. L’Angleterre a été obligée de rendre "son" jouet, l’Inde, mais elle l’a cassé avant de le rendre.

    Ce moment de contradiction entre deux politiques, l’une qui cherche le casus belli et l’entrée en guerre immédiate de l’armée indienne en Af-Pak aux côtés de l’OTAN, dans le cadre de la nouvelle alliance établie en 2005 par l’administration Bush, et celle plus classique qui continue l’habituelle stratégie du CENTCOM, dont l’armée pakistanaise fait toujours partie, me semble à l’origine de l’équipée sauvage du 26 novembre 2008 à Bombay.

    « On a cherché, les 26, 27 et 28 novembre 2008, sans qu’on puisse identifier exactement les auteurs, à provoquer une guerre (2) » tel est le sentiment, aujourd’hui, de l’intelligentzia en Inde comme au Pakistan.

    Selon les cachemiris basés à Londres et les militants à Srinagar, seuls les faucons de New-Delhi profitèrent des attaques spectaculaires de Bombay, lesquelles stigmatisèrent et placèrent, un instant, le Pakistan au banc d’infamie.

    Le rapport Pradhan, commandé par le gouvernement Mahmohan SINGH, corrobore cette hypothèse : le contre-espionnage disposait, dès le 18 novembre 2008, de l’itinéraire maritime des mercenaires partis de Karachi et des 35 numéros de téléphone utilisés par ces derniers ; mais, il n’a pas communiqué le renseignement au quartier-général de l’Indian Navy, ni à la police de Bombay (3).

    Mais « le 11 Septembre indien », comme l’ont baptisé trop rapidement les médias, n’a pas déclenché de réunion du Conseil de sécurité, de guerre mondiale, ni de mise à l’index de l’État pakistanais, et encore moins de coup d’État fasciste en Inde.

    Simplement un changement du ministre de l’Intérieur et un remaniement des services secrets, un an plus tard…

    L’aspect parcellaire de l’enquête de MUSHRIF n’enlève rien à la qualité de l’ouvrage qui compte 319 pages.

    Il y a quelques années, un tel livre, exposant les corruptions, les exactions de la police et la subversion des services secrets par le Sangh Parivar eut été impossible.

    Il serait tombé sous le coup de la censure et de vieilles lois héritées du Raj britannique.

    La nouvelle loi sur le Droit à l’information, votée en 2005 par le gouvernement de l’United progressive alliance, permet, aujourd’hui, à l’inspecteur MUSHRIF de se mettre à table.

    Espérons que l’auteur ne subisse pas le même sort que l’avocat Shahib AMZI, défendant Fahim ANSARI, faussement impliqué dans les attaques de Bombay, abattu par des tueurs non identifiés le 10 février 2010.

    L’avocat avait eu l’imprudence de demander à la haute cour de Justice de convoquer à la barre des témoins l’ancien agent américain de la DEA, David COLEMAN HEADLEY (4)…

    La Vérité autour des attaques de Bombay continue à faire des victimes.

HIMALOVE

Critique du livre « Who Killed Karkare ? The real face of terrorism in India » de S.M. MUSHRIF, édition Pharos, octobre 2009

http://www.pharosmedia.com/india-books-bookstore/Book_Book_on_Islamic_Terrorism_in_India_Who_Killed_Karkare.htm

Si un éditeur ou un magazine souhaitent une traduction française de l’ouvrage ou une interview de l’auteur, contactez-moi : himalove@yahoo.com

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