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Publié par Anthony Le Cazals

PORTRAITS DE FEMMES / Hommage à Sibel Edmond

 

PORTRAITS DE FEMMES / Les langues de Barbara Cassin

PORTRAITS DE FEMME / L'importance de Sandra Laugier

 

PORTRAITS DE FEMME / Éloge à Émilie Du Châtelet

 

PORTRAITS DE FEMME / Lou Salomé, Muse sublime, intelligente et libre...

 

LECTURE / La femme indépendante de Simone de Beauvoir

LA PERTE DU GENRE 7 / Un rapport homme-femme différent.

 

Il faudrait aussi développer autour de la notion de jubilation de la transformation qui en tout plan est d'orgine féminine

JULIETTE BINOCHE / La création entre dynamique de vie & transformation

A noter les livres de Clarissa Estes Pinkola, sur la dualité féminine à travers le concept de femme sauvage (comme les grecs pouvaient parler de l'homme terrible)

 

Le concept de « femme sauvage » que Clarissa Pinkola Estés a mis à jour est sans doute une restitution des plus novatrices de la psyché féminine de notre époque.

La « femme sauvage » étant, la femme qui en paix avec sa part animée (le masculin de la femme cf. animus infra...), aurait réussi à se libérer et à faire « jaillir » naturellement la force et la puissance intérieure et profonde de la femme.

« Chaque femme porte en elle une force naturelle riche de dons créateurs, de bons instincts et d’un savoir immémorial. Chaque femme a en elle la Femme Sauvage. Mais la Femme Sauvage, comme la nature sauvage, est victime de la civilisation. La société, la culture la traquent, la capturent, la musellent, afin qu’elle entre dans le moule réducteur des rôles qui lui sont assignés et ne puisse entendre la voix généreuse issue de son âme profonde   *. »

Ce n'est qu'après avoir compris le versant masculin que possède chaque femme, après l'avoir accepté, et en le dépassant (la femme quitte par exemple une guerre intellectuelle qu'elle mène depuis l'enfance) qu'elle devient femme pour de vrai par un processus d'individuation.

« Pourtant, si éloignés que nous soyons de la Femme Sauvage, notre nature instinctuelle, nous sentons sa présence. Nous la rencontrons dans nos rêves, dans notre psyché. Nous entendons son appel. C’est à nous d’y répondre, de retourner vers elle dont nous avons, au fond de nous-mêmes, tant envie et tant besoin. […] La femme qui récupère sa nature sauvage est comme les loups. Elle court, danse, hurle avec eux. Elle est débordante de vitalité, de créativité, bien dans son corps, vibrante d’âme, donneuse de vie. Il ne tient qu’à nous d’être cette femme-là * . »

Cet animus, (et même pour certaines femmes simplement leur en parler ou évoquer le concept ou sa définition) peut parfois être tout aussi «insupportable en elle» que lorsque l’on parle à un macho de sa féminité ou de son anima. Pour ainsi dire l’animus pose problème à l’animus car il n’y a pas socialement d’idée préconçue sur l’animus … il oblige la femme à entrer dans un vrai dialogue, un dialogue vrai ou dans un véritable travail sur elle-même.

Mais cela est possible; Clarissa Pinkola Estés ouvre la voie pour chaque femme, à se découvrir et à découvrir une voie en elle qui propose finalement un dépassement à l'alternative de Carl Gustav Jung sur l'animus :

« ... l'animus est aussi un être créateur, une matrice, non pas dans le sens de la créativité masculine, mais dans le sens qu'il crée quelque chose que l'on pourrait appeler un logos spermatikos - un verbe fécondant. De même que l'homme laisse sourdre son œuvre, telle une créature dans sa totalité, à partir de son monde intérieur féminin, de même le monde intérieur masculin de la femme apporte des germes créateurs qui sont en état de faire fructifier le côté féminin de l'homme. C'est là l'origine de la « femme inspiratrice » qui, si elle est mal formée, recèle aussi en elle la possibilité de devenir la pire des viragos  ... » **

 


* Femmes qui courent avec les loups.

** C.G. Jung Dialectique du moi et de l'inconscient, Idées / Gallimard, 1973 p 187/188.

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