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Publié par Anthony Le Cazals

Richard Bodéüs traduit phronèsis par « sagacité » plutôt que par « prudence », comme on le fait traditionnellement. Pourtant Aristote ma distingue de la sophia, la « sagesse », la sage prudence. Même si le terme sagacité laisse aussi à désirer, prudence ne traduit pas forcément la dimension réflexive de la phronèsis, connaissance des choses particulières qui permet d’agir. Ainsi peut avoir ce genre de traduction à propos du phronimos : "il semble alors que le propre d'un homme sagace soit la capacité de parfaitement délibérer quand est en jeu ce qui semble bon pour lui et utile (...). Sera sagace l'individu qui sait délibérer". La dite "sagacité" est définie par Aristote comme la vertu qui aide l'homme à bien délibérer. La décision, quant à elle, est le choix d'un moyen d'action suivant une réflexion. Une définition plus contemporaine fera de la sagacité davantage une vaillance (andreia avec cette touche virile) qu'une prudence. Quant à la prudence; qui ne relève en rien de la délibération, du choix de la conjecture, on pourra donner cette image deleuzienne : qu'est-ce que la création de concept, c'est d'abord la prudence, le fait de regarder dans le rétroviseur que personnne n'ait créé ce concept puis mettre le clignotant et doubler.

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