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Publié par Anthony

Pour revenir à votre discussion d'Hannah Arendt, il n'y a rien de contradictoire à dire qu'il y a deux visions de la politique chez elle, l'une pose la politique comme théâtre (archaïsme de la représentation), l'autre pose la politique comme vitesse (effraction de l'apparition "La terreur est l'accomplissement de la loi du mouvement" cf. L'administration de la peur p. 13 et sq.). C'est exactement pp. 21 et 22 de L'administration de la peur, Virilio y renvoie au Système totalitaire (la citation que je vous avais donnée "la terreur est l'accomplissement de la loi du mouvement").
Avec Jean Boreil, vous m'avez confirmé  en quoi les catalans dont Rancière est, sont plus proches des gens du Nord que des métaphysiciens occitans (Michel Serres, agenais, Deleuze, gardois, Badiou et Lyotard, velaisien, etc. ... même les Saint-Ous sont de Dordogne). Ce sont des données intrafamiliale et implicites au discours,  elles se sont téléscopées avec des parcours de vie. Je laisse la lignée-souche (ou génos) juive de côté avec Derrida et consort. Pardon pour le résumé trop brutal mais il me faudrait développper à partir des données démographiques, les mêmes qu'Emmanuel Todd a utilisé dans ses ouvrages en les formalisant un peu trop, mais les données et ce qu'il a pointé reste. Ceci explique par ailleurs, les différentes sensibilités philosophiques (philosophes de l'émancipation, métaphysiciens immanentistes, etc. ...) et les dissensions au sein du département, ce que chacun n'est que l'expression de son système familial et du réseau affectif qui en découle, ce que Nietzsche résumait ainsi : . C'est valable pour Kant, Schopenhauer (passage sur la folie - du père - et la dégénrescence de la volonté in le Monde comme volonté...), Nietzsche (nombreuses allusions), Foucault (entretien avec Bonnefoy de 68, Le beau Danger), Deleuze (livre de François Dosse) et même Sartre qui se sentait être libre de père mais remarquait finalement par rapport aux artistes de la renaissance, qu'il n'y avait pour sa modernité pas de comparaison possible et donc une grande déperdition

Avec votre sémnaire sur Boreil, pris par trop de choses, vous avez repris en fait les présupposés métaphysiques étudiés dans votre thèse, ceux de Platon, notamment le dispositif esotérique/exotérique propre à  toute académie. Il suffit de reprendre l'argumentaire de Jacques Rancière, dans Le philosophe et ses pauvres et de remplacer vérité par subjectivité. En temps de crise votre habitus platonicien ressort. Sans doute n'aviez vous pas le temps pour le recul mais vous sembliez à l'opposé de votre séminaire sur Desanti. Etant sensible et à l'écoute de l'évolution de votre séminaire je ne fais que relever, comme vous avez eu la gentillesse de relever mes imperfections. La précipitation fait que parfois on fait des choses qui relève de "l'imperfection" et la dite crise joue en ce sens (il n'y a pas moins de richesses dans le monde, juste une plus grande concentration, c'est la logique d'excédence que l'on retrouve chez Nassim Taleb, Le Cygne Noir, Paul Audi, Créer, et même étrangement chez Toni Negri, p. 130 de son Spinoza et nous, Virilio quand il parle de l'organisation fractale de la société et qui va contre la logique des familles typiquement grecque ou de la classe moyenne qui veut qu'il ait moins de riches et moins de pauvres). Bref, disons qu'il y a une dimension de disciple qui est apparue dans votre séminaire qui en était exempt jusque là et fonctionnait sur le mode collaboratif. Simple effet de crise où l'on veut assurer son avenir car ce sont les disciples qui se choisissent un maître, (les vendéens allant cherché De Charette sous son lit pour le mettre sur son cheval ou à rebourd les paysans russes moquant leur maître Tolstoï qui travaillait avec eux).

Il y a eu à partir de mars 2009 dans tout le département une confusion entre Sujet et subjectivité. Le premier relève d'une axiomatique et nullement de l'expérience, la seconde est un essoufflement et une tentative de ressaisissement par rapport au mouvement (de toute ordre, en fait, mais pour la circonstance, le mouvement LRU). Le fait qu'il y ait eu, un temps, une sensibilité à Badiou rélève davantage d'un stress des nerfs et que sa sophistique ou rhétorique ait, le temps du sarkozysme, triomphé (simple effet de capture d'attention par le tournoiement de certains mots).

Je me permets d'aller plus loin dans l'air du temps et donc dans la disgression. Le problème n'est pas celui du pétainisme malheureusement mais du néo-fascisme monté en une holding familiale Jean-Marie Le Pen détient cotelec qui finance le front national qui détient le rassemblement bleu marine qui tient la droite par ses viscères souverainistes. Les fascistes ont oeuvré ainsi au niveau des "idées" sans programme pour s'accaparer la droite et pour accéder au pouvoir. Au passage tout le capitalisme repose sur le système de la holding : Bernard Arnaud ne possède pas LVMH en propre mais 50% de 50% de 50% d'une société à travers diverses sociétés. Autre type de holding, le fond d'investissement KKR de Kravis qui prétend sortir les entreprises du risque d'une OPA en les sortant de la bourse (exemple de Fenwick) est constitué à partir de fonds de pension. C'est peut-être ce que l'on peut dénoter comme étant la hiérarchie infinie où finalement ceux qui veulent avoir une retraite sont esclaves d'eux-mêmes. La holding relevant de la personne privée on entre bien dans la concurrence entre personnes privée et personnes physiques, qui comme le relève Etienne Chouard sont en concurrence : les personnes physiques (les 200 multi-nationales voulues par les tenants du néo-libéralisme) souhaitent écraser les personnes physiques, trop indépendantes à leur goût. Cela renvoie à terme à la question du tirage au sort développer par Jacques Rancière.

Je ne peux pas vous résumer autrement les 3 dernières années. Je suis peut-être trop dense et synthétique mais les choses sont liées.

Ma plus chaleureuse amitié. En espérant que vous ne prendrez pas mes rares dénotations pour des critiques. Pour prendre Ka t à contre pied l'amité n'est pas chimérique mais fantastique dès lors qu'on l'envisage sous le soleil grec :). Peut-être un jour ferez-vous un cours sur virilio (pour le savoir et avoir son oeuvre résumée je vous ), mais je crois que c'est un penseur de l'excédence et non de la solidarité. Le plus grand penseur de la solidarité est du reste Nietzsche : la solidarité envisagée comme une tyrannie est décadence, il la pensait grecque, c'est-à-dire fantastique (cf. Kant Remarques touchant aux observation, p. 94).

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