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Publié par Anthony

Voici la retranscription partielle du cours de Patrice Loraux à l'EHESS du 12 février 2007. Nous en feront certaiement un résumé introductif dans les prochains jours. Ce cour porte sur l'attraction des quatre pôles d'intensité que sont : 1°)  le pôle d'adhérence/appartenance au mouvement général de la société par exemple la technoscience, 2°) le pôle de déviance ou d'écart où se produit une transformation de la perception ou de l'affectivité (avec Artaud et Michaux), 3°) le pôle de la prudence et de la distance (attraction pour un retour aux grecs, 4°) le pôle de la transmutation alchimique ou ésotérique (Les chimères, l'OEuvre) de quelque chose qui n'a pas de valeur en une chimère ou une oeuvre (exemple de Paul Valéry qui veut transformer les muscles, le nerveux en pensée, c'est la répétition de l'opération de l' "alchimiste" qui le transforme). D'avance le cours est retranscrit de manière télégraphique. Paris8philo.

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Dans la composition de la philosophie comme pôle d’attraction, nous n’avons analysé que le pôle de l’affectivité. Car c’est celui qu’on nous donne tout de suite.
IL n’y a pas de sensibilité philosophante s’il n’y a pas une adhérence pour un énorme intransformable. Si l’Afrique, la bible, l’inconscient, l’astrophysique, un énorme quelque chose qui présente une difficulté à être transformé. Qui n’est pas rebelle n’est pas philosophe, mais la rébellion coût cher.
Il y a un troisième pôle : les grecs. Les choses les plus volcaniques peuvent être approché à condition que cela soit sous la protection de la forme. Sinon on fait comme Empédocle, on saute dedans.
Quatrième pôle, l’attraction de l’œuvre : une certaine façon à être sensible à de l’indéterminé en suspend, une certaine ressource des moyens, et une certaine sensibilité alchimique de la transformation.
Mettons que cela soit la résultante de la manière dont les forces se tirent. Certaines formules seront plus rebelles que d’autres, mais inconsistance. Nie, une sensibilité d’un certain type d’outrage, d’hyperbole… S’il n’y avait pas un peu l’œuvre (un peu raté), il aurait payé cela le pris de l’inconsistance. Hegel est une sensibilité extrêmement sensible à adhérer  un pôle de consistance : réalité historique. Heidegger est sensible à ce qu’il y a de terrible et menaçant dans le monde grecque mais tempéré par la puissance de la forme. Praxitèles et syllogisme.

C’est la composition qui fait le philosophe. Les classiques parlaient de tempérament.
L’affectivité philosophante n’est qu’un des pôles de la philo, il y en a donc trois autres.

Mais avant, personne ne surplombe, on est pris dedans. C’est la fantasmatique philosophique type. Le point de vue de point de vue : Dieu. Toujours un risque à croire que l’on peut s’identifier à cela.
Si on parle de pôle d’attraction, cela se fait au dépend de l’environnement qui devient désertique. Il y a des zones et des jointures de zones.

A condition que l’on neutralise l’instant d’avant philosophique.
Il faut que l’on est déjà reçu des contenus et des schémas. (la sagesse… Cela peut être plus technique : identification au système, …)
C’est très difficile de se déprendre de ces schèmes.
Il faut que l’on fasse la fiction que l’on est cartésien. On fera pendant une heure, la fiction de cela.

Le premier pôle, c’est celui où la philosophie est l’affectivité dont je parlais la semaine passée.
Schéma au tableau, 4 flèches alpha est aléatoire.
Si on n’est pas sensible à l’évidence de changer de l’affectivité, on ne fera jamais de philo. Il faut commencer par l’idée qu’il faut changer d’idée sur ce que l’on appelle la sensation : Platon. Ce n’est pas du tout évident. Quand elle se fait, elle se fait malgré soit.
La décision cartésienne, c’est le fait qu’elle se fait sous la décision de la volonté.
Si elle est trop modifiée, on sort des mortels. On sort du sens commun. On dit que l’on est digue. C’est ce que l’on dit des philosophes.
Spinoza, mes pauvres amis (c’est une petite communauté), vous ne vous rendez compte que vous êtes totalement joyeux. Tout le travail est que vous vous rendiez compte que c’est déjà fait. C’est très curieux d’être spinoziste.
On imagine que c’est comprendre la substance, les attributs… Mais Macherey le dit très bien, il faut comprendre la puissance qui nous fait dépendant des puissances occultes est déjà fait, mais vous ne vous en rendez pas compte.

Ce premier pôle, on est directement en accointance avec lui. En personne, la puissance de l’affectivité.
Je ne dirais pas en première ligne, parce que c’est très dangereux.
Il y a peut être du très loin, du grecque, mais ce n’est pas sûr.
Si ce n’est pas nous qui faisons la mutation, comprenez en première personne.
[Qu’est ce que cela peut me foutre qu’il y a un tel type qui a compris telle phrase, si ce n’est pas moi qui comprend. Le gain est que l’on ne peut pas être endoctriné. Si on dépend d’un maître on dépend de sa bonne volonté.]
Aujourd’hui, … c’est la technoscience elle-même. La science étant modifiée, elle est devenue semi institutionnelle, semi matérielle (la production des appareils fait partie des théorèmes).
Il faut définir un statut scientifique, d’un comprendre que l’on ne comprend pas mieux.
Mais si on est encore marqué par le critère : si ce n’est pas moi qui comprend c’est personne.
Microprocesseur, il y a énormément de perroquet très habile ou non. Il faut qu’il y ait un statut de la dérivation du comprendre. C’est une manière terrible d’entamer Descartes. Descartes c’est le refus de la délégation du comprendre.
Aujourd’hui, il faut une délégation du comprendre. Là on vous rabroue un peu. Si on regarde une encyclopédie, les rubriques que l’on connaît on dit ouh là !
Le monde est en train de devenir la techno science elle-même.

Un processus multi forme en train de générer, de traiter, de transformer ses propres délires et sa mégalo manie : l’auto production d’un réseau d’artefacts qui supplée dans la surenchère la première donne (les arbres). Les arbres, c’est fini.
Le défit du il y a des arbres. « il y a », est un défit.
Surenchère interminable où on ne sait pas si un navire de 2 km de longs, cela peut tenir (Aristote).
On se demande de se demander si il y a un impossible si on peut contourner. Un jeu de défit d’impossible et détournement. Illimité, je ne sais pas, mais on ne peut pas en dire tout de suite la limite

Il y a de la séduction, si on n’est pas séduit, on ne comprend pas l’auto mutation de ce monde lui-même.
Extraordinaire processus qui est la rivalité entre le donné et le construit.

Pas non plus de philo si pas une attraction pour la nostalgie de la grèce.
(techno sce, affectivité, nostalgie de la Grèce).

On ne retournera pas en Gèce. Si on ne subit pas cette imaginaire, d’un premier état du monde, merveilleux, perdu.
Mais, l’imaginaire est celui d’une non rupture sans fusion.
Donc, les Grecs trouvent un équilibre entre le terrible et le pôle homme. Le logos est dans cela.
Le petits socratiques, les sophistes, c’est quand un peu à courte vue, fade (dac pour Derrida). Mais il ne faut pas trop d’attraction pour le terrible sinon difficile à vivre.

L’expérience des passions sous neutralisation. Cela s’appelle la sagesse. Ce qiu fait la folie des héros tragiques, c’est que leur passion, leur direction ne sont pas tamisée par un peu de prudence, avec la passion d’en face. Les passions sont à vif.
La philo grecque, c’est les passiosn sous tamisation de la  forme. Si on envisage les choses sous l’angle du principe, c’est le nom du lieu où on peut observer les choses attirantes sans être capturé. Si on ne les observe pas sous l’attirance du principe, on est happé.
Il y a une différence entre la tragédie et la philo grecque : le principe permet de comprendre sous neutralisation des passions. La tragédie doit avoir une action sur nos propres passions, de citoyens…
Ce qui fait l’invention grecque, c’est la passion de l’indifférence : la possibilité de pouvoir entendre du sublime, du misérable, du laid ou du terrible sans broncher.
Il restera de cela dans le moderne : être sensible aux passions sans les vivre.
La littérature, c’est grecque. Il ne s’agit pas de se laisserà la fusion passionnelle.
Le principe, c’est le nom du lieu si on veut se tenir sur la tension du séduisant.
Sophiste qui est capatateur.

La philo est toute entière la techno sce, la nostalgie de la grèce, la sensibilité.
Et aussi la pierre philosophale : le rêve d’une grande œuvre qui est impossible. La transmutation de ce dont on s’occupe et même de soi.
C’est pour cela que la philo das une partie de son histoire est inséparable de l’alchimie.
Livre de David Ménart sur la raison pure. Il est séparé des grands délire de Swendeborg. La manière d’être près de l’espace et du temps, c’est de parler de l’espace et du temps, sans être aujourd’hui et hier. Si on a pas envie d’être ici et hier, ici et St Pétersbourg on ne comprend rien.
Il y a quelqu’un qui nous a bien eu là, c’est Valéry. A grand fracas de grandes passions non pathétique en se moquant de Pascal (il faut faire attention quand on se moque car, on a le diable derrière).
29 carnets de 1000 pages. Il est en train de subir la plus grande transmutation : la transmutation de la musculature et du système nerveux en pensée.
Comment effectuer un certain exercice du cerveau et de l’intellect sur le modèle de 1930, athélatique, pour un cerveau athlétiques.
Il s’est fait avoir : lui qui aimait être lucide. Il ne sait pas, ou il faudrait le voir. Il a rêvé la grande alchimie mentale. C’est une tradition française : Balzac.
La littérature et l’alchimie.
L’occulte ne se laisse pas dominé, il réapparaît dans les formes de l’irrationnel avec une gaité inentamée.


Second schéma : 4 zones.
La zone centrale est la seule de la mutation de l’affectivité.
Sinon on est happé par la sensibilité : Artaud, Michaud : modifié de la sensibilité pour voir d’autre monde.
Si on est dans le champ grecque, on n’est plus dans la philo. Aimable spécialiste de la Grèce ancienne. L’impérialisme Athénien.
Si on est a droite, on est en pleine alchimie. Mais il se peut qu’il soit dans la techo sce. Les frontières, ne sont pas passifiées. Les fantômes ne sont pas finis, ils sont présents autrement.

Tous ces pôles, sont des pôles à eux même totaux.
Il y a un livre que je vais lire Déotte. Les appareils.
Il faut écrire la philo dans le plus simple appareil.

On est un univers de jointure, d’immatériel. Un appereil ça doit être assez compliqué.
On y englouti tout entier, affectivité comprise : d’où la lamentation, le monde moderne nous désaffecte.
Le monde grecque est très peu attractif, le monde romain plus.
Ce n’est pas faux, mais rien qui nous donne la séduction de nous donner en déséquilibre de ce que l’on acquis comme stabilité.

Il est intéressant de voir comment on est englouti dans un pôle et de ne pas en sortir.

Encore quelques points :
Si le pôle de l’effectivité peut être un pôle où on expérimente relativement en première ligne. (roman construction, rapport à la lignée…)
Aucune sensibilité peut être suscité par le en première. L’angoisse, c’est l’expérience de l’en première ligne.
On est agent et patient en même temps. La décision cartésienne, c’est la décision qui modifie l’agent qui opère la décision. On ne peut plus différencier ce qui est agent et patient. C’est cela le grand délire. On abolit le rapport maître/esclave qui est celui de l’âme et du corps depuis Descartes.
La décision cartésienne a cette capacité à modifier cette illusion de maîtrise.
Le pôle techno science, on ne peut pas être en première ligne. On doit passer par un appareil de connaissance fiable.
Inquiétude et mécontentement.

Avec le pôle grecque non plus : même en première ligne, on lit un artefact de philologie et même pour le comprendre.
Tout le problème est de devenir soit même un interprète : devenir une interposition pour d’autres.
Heidegger devient interprétre pour, il devient en première ligne vis à vis des grecques. Il devient incontournable pour aller aux grecques.
Hegel, Nietzsche, Heidegger, trop noms que l’on ne peut pas contourner.
Si on fait, cela transmutation car on étudie les grecques.
Willmowizen, travailler à la façon de Willamowitz. Effrayant. Il était d’une certaine façon en première ligne savante.
C’est très important : qui décide du sens, nous ou une instance qui s’interpose ?

Le pôle alchimique : on rêve de la transmutation de la matière en pensée.
Quand on lit l’évêque Berkley ou Leibniz. Chez Leibniz, tout est idée. La transmutation est effectuée. Il ne fit pas je suis alchimiste. Encore, il dirait oui. Je suis alchimiste rationnel. Vous êtes théologien oui, mais rationnel. Il ne refuse aucun prédicat.

On est obligé de tenir compte de l’attraction à un certain nombre d’attraction. Implication corporelle. Dans le champ informatique aussi.
Le digital, ce n’est pas tout à fait du touché, ni du tactile.
Cela requiert les corps sur un certain corps. Cela révèle une corporéité que nous ne soupçonions pas.
Corporéité sensible à de l’élémentaire. Se rapporter à de l’invioler. Qu’est ce que c’est que marcher là où personne ne marche. Défit, puissance. Ne plus être en opposition avec le monde ambiant.
L’essentiel, c’est la difficulté des 100 premiers mètres : ne plus être en rupture avec.

Que devient le corporel de Husserl, quand il devient son exercice phénoménologique.
La phénoménologie, c’est le fait qu’on oublie le dos des choses.
La réalité de la phénoménologie, c’est que l’on puisse tenir compte de la face et du dos. Autre corporéité, car quand on a la face, on n’a pas le dos. Transmutation du corporel.

Quand on est grecs, il y a des exercices d’apathie et insensibilisation. Socrate.
Aristote dans la Politique parle d’Hypodamos de Millet.
Pourquoi ? Il conçoit des espaces habitables sans les habiter. Cette indication : si on veut concevoir (c’est une grande activité du concevoir du nous : tous les grands concepteurs d’urbains sont dangereux, ils déterminent dans le plus intime le plus difficile. C’est effrayant). C’est le travail noétique. Le nous d’un architecte doit être indifférent au chaud et au froid.

Pôle d’attraction, zones. Le dessin vert grisé est indiférent aux frontières.

LS : j’ai une affectivité néolithique et un concept contemporain. Valéry pensait cela de Vinci : un intellect qui se décrante d’une affectivité très en retard. Et son autonomie, son avance vient de son décrantement.
Il est vraiment des années 30, l’homme nouveau. Homme qui fait le partage entre ce qu’il sent et ce qu’il comprend.
Il y a deux comprendre : celui de l’affectivité et du comprendre.

On peut penser qu’une affectivité n’est pas homogène un morceau de chaque côté et ce n’est pas être très lié.
Les philosophes qui viendront ne pourront pas être homogènes, c'est-à-dire cartésien.
Descartes au centre, aucune autre attraction que l’auto détermination de soi même.
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Venons au passé.
On doit un peu être étonné pour cette insistance de l’attraction :
Attraction, c’est dispersion des foyers d’intensité, donc dispersion des pôles d’intérêt.
Quand on est grecque, il y a un motif du souverain bien.
Comte-Sponville parle encore du souverain bien.
Cela nommait la subordination de tous les biens à un bien suprême. Le bien suprême organise la hiérarchie de tous.
Le souverain bien ne nous attire pas, mais il indique la subordination des formes de bien.
C’est diffraction et identification des pôles d’intensité.

L’intensité, c’est la triade suivante.
1) une énergie, une puissance plus ou moins ésotérique de transformation et identification.
On est un peu ésotérique : on ne comprend pas trop ce que l’on dit. Langage courant. Il faut consentir à se laisser glisser à ce que l’on entend entre nous.
Le mikado.
Définissez ce dont vous parler les mots, c’est la baguette du bas. Si on demande ce que cela veut dire, cela dépend du contexte, de tous les autres bâtons. Laissez-les, et vous comprendrez.

Admettons énergie. Une puissance, plus ou moins ésotérique de modification et transformation.
2) localisation. Si elle est totalement diffuse, elle n’a pas d’intensité.
Il faut qu’elle ait des zones où de l’énergie est condensé au détriment d’à côté.
3) différence de potentiel entre deux pôles d’énergie. La différence est l’âme de la philo.
Si on prend la différence des sexes. Elle est au cœur de l’énergie. Il faut qu’il y ait de la zone. De la différence. Trop rusé pour me lancer là dedans.
Partout où de l’intensité, du sexuel. Partout où de la vie du sexuel.
Attraction où l’intensité n’est pas unique. Plusieurs pôle d’attraction sur un mode indéfini.
Ce serait la socio.
Il y a de l’attractivité dans les jeux vidéo. De ce grand pôle qu’est l’art.
La vie monastique est à la fois attractive imaginairement. Mas personne n’irait. Attraction paradoxale.

Chaîne notionnelle : le hors champ, la distance (à bonne distance comme pierre et le loup), le déchirement (ex : Platon république, les prisonniers jetés le longs des murs. « un homme noble doit subir un conflit entre un œil qui veut regarder et un œil qui ne veut pas regarder. Si il regarde, il est voyeur sinon, il n’est plus un noble. Formidable de comprendre cela.)

L’attraction elle-même, le contact, la fusion, l’absorption, la résorption.

L’attraction c’est une chaîne où l’on circule.

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