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Publié par Le Cazals

Dans notre série Qu'est-ce qu'un philosophe ?


Les choses se précisent. Nous venons (avec Mr Loraux entre autres) de battre en brêche la dialectique. Ce que pose Lacan à travers sa pensée, c’est toutes les philosophie de la « sympathie », de la « coïncidence avec l’être », c’est-à-dire toutes les pensées de l’Ouvert repose sur un imaginaire et il revient au dialecticien, au structuraliste (comme l’était Lacan) de mettre en critique cet imaginaire par un symbolique (chez lui le mathème, comprenez les abstractions symboliques). Toute la psychanalyse (surtout avec Freud) est une acceptation de la névrose. Si l’habitude, la castration, la répétition morbide du quotidien (qui reviendrait à parler de pulsion de mort, mais il faut faire très attention avec cette notion) peuvent être dépassées c’est par la jouissance de la parole qui est une première forme de sublimation sans être la puissante sublimation de l’artiste. Le psychanalysé (l’analysant ≠ l’analyste) au fnd s’écoute parlé et cela le satisfait (moulin à parole), ce serait au psychanalyste de savoir interrompre ce flot de parole (coupure) et d’introduire une distance par rapport ) la situation qu’évoque le patient (interprétation) : chez Lacan c’est là qu’intervient la dialectique, car c’est à ce moment-là que l’analyste essaye d’introduire dans la tête du patient des concepts dialectiques, larges et creux. Le patient aura du mal à s’en défaire et c’est peut-être pour cela qu’on dit qu’on en finit jamais avec sa psychanalyse, qu’elle demande un laps de temps important (contrairement à la schizo-analyse chez les patient qui savent dépasser leur névrose).

C’est la même chose avec Platon, quand il pose des Lois pour la cité, c’est pour mieux s’en écarter par ce qu’il appelle les lois, avec toute la supériorité du philosophe académique. Les lois sont là n fait pour satisfaire le plus grand nombre = les névrosés = ceux qui acceptent leur conditionnement = ceux qu’il faut maintenir dans le troupeau. On pose des lois quand précisément le politique est absent, quand la résolution des problèmes par le politique au cas par cas* . Platon pose des lois et place au-dessus des vérités abstraite que seuls les initiés . Tous les dialogues, la plupart des dialogues, de Platon consistent à préparer l’épuration de l’ « esprit » nécessaire à cette « connaissance », à cette sagesse. La même chose chez Badiou qui sous-couvert de démonstration pseudo-mathématique (qu’il nomme aussi mathème ou fictions de savoir), Badiou démontre qu’il faut s’abstraire de la situation par des vérités abstraites. Bref il manipule avec intelligence les genres (les vérités génériques) comme un jongleur exercé. Ce que fait Badiou c’est poser l’Etre (le conditionnement des êtres qui survivent et qui erre comme il le dit avec un certain mépris) pour montrer que quelque chose excède cette situation où il y a crise, car il faut qu’il y ait crise pour que la dialectique puisse opéré, et oui si le déroulement ordinaire des chose conduit à une pourrissement c’est qu’il y a manque-à-être ou vide ou chaos (remarquez comme on nous refourgue l’être tout en disant qu’il faut s’en écarter). C’est qui permet a posteriori de sortir de tout cela, c’est l’Evènement, le fait qu’il y ait pour Badiou des vérités dont lui seul peut jugé pour son époque. Attention cet événement n’est pas celui de Deleuze, chez Badiou, c’est toujours un événement après-coup sur lequel on ne peut influer ni rien préparer : selon lui on est « sujet » de l’événement, assujetti si vous voulez à cet événement et à l’interprétation qu’il est nécessaire d’en faire comme dans la psychanalyse. Les vérités, ou plutôt le Bien ont une fonction précise permettre de ne pas faire d’interprétation à l’infini, mais pour mieux asseoir certaines vues, qui depuis Platon sont celles de la gouvernance, d’un pouvoir signifiant ou officiel mais qui n’a rien à voir avec les processus « réels ». Toutes les ontologies, toutes les métaphysiques sont au fond des fixations qui valent pour une époque, qui font leur temps, qui sont en elles-mêmes des impasses, des parcours inscrits dans des œuvres qui devraient valoir pour tout le monde. Ces théories ont toujours rapport avec de l’abstrait avec l’époque où Parménide parle de l’Etre (« Le même est à la fois pensée et être » et non devenir comme chez Héraclite) et où Platon y adjoignait de l’Autre pour expliquer pourquoi il y avait de l’immuable et du changement. Mais ceci n’est plus satisfaisant.

Avec Mr Loraux, avec une autre voie pour la philosophie et notre civilisation, c’est bien différent, ce qu’il pose ce sont des pôles d’intérêt, des « pôles d’intensité ».


Article qui était en cours de saisie... la suite n'a pas été retranscrite :).

 

* comme le faisait de Gaulle et Mitterrand avec une certaine anticipation de l’avenir, dissolution de l’Etat colonial dans le régionalisme

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