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John Rawls

philosophe Politique, 1772-1823

 

 

 

 

 

Parcours


Faits
Bertrand Guillaume, professuer à Paris 8, a été l'assistant de Rawls à Harvard au dévut des années 1990.

Propos théoriques
La philosophie de John Rawls renoue avec la tradition idéaliste de la philosophie politique. Écartant tous les faits (comme Rousseau') dans un premier temps au moins, John Rawls pose le problème de la justice en termes d'instauration : comment pourrait-on instituer, se demande-t-il, une forme juste d'organisation sociale, abstraction faite de toute considération particulière (traditions et moeurs propres à telles et telles sociétés) ? Partant de là, il imagine une situation parfaitement hypothétique (comparabie à l' état de nature » des anciens théoriciens du contrat' social), dans laquelle un ensemble de personnes doivent choisir les principes de répartition des biens fondamentaux qu'ils souhaitent adopter pour une société à venir. Le  point important est le suivant ces personnes ignorent quelle sera leur position dans cette future société (<, voile d'ignorance »). Ils ne peuvent donc vouloir favoriser qui que ce soit : par hypothèse donc, ils opteront pour l'organisation la meilleure pour tous, c'est-à-dire pour la solution qui serait la plus avantageuse globalement, et qui ne sacrifierait a priori aucune catégorie sociale (ni les plus favorisés par la naissance, ni les plus démunis, ni qui que ce soit...). La décision générale -pour finir - est très paradoxale : bien qu'aucun individu raisonnable placé dans une telle situation ne puisse désirer une société injuste (qui puisse sacrifier les intérêts ou les droits de quelques-uns au profit de la communauté ou de l'une de ses parties), tous pourtant doivent s'accorder sur la reconnaissance du bien-fondé des inégalités sociales et économiques. (0)

Les principes retenus seront, selon John Rawls, les suivants
1. Chaque personne doit avoir un droit égal au système le plus étendu de libertés de base égales pour tous, qui soit compatible avec le même système pour les autres.
 2. Les inégalités sociales et économiques doivent être organisées de façon à ce que, à la fois : a. on puisse raisonnablement s'attendre à ce qu'elles soient à l'avantage de chacun : b. qu'elles soient attachées à des positions et des fonctions ouvertes à tous.- (Théorie de la justice.) Le premier principe, qui exprime l'engagement de John Rawls en faveur du libéralisme, signifie que la liberté est le premier des biens et que la justice - conçue comme équité*- est d'abord et essentiellement la répartition égale entre tous les hommes de cela même qui constitue leur valeur et leur dignité. Ce principe ne peut souffrir aucune exception, et il est absolument prioritaire : la liberté de quiconque ne saurait être sacrifiée, en aucun cas, et pour quelque raison que ce soit. Le deuxième principe en revanche, est beaucoup plus original et ambigu. Que signifie-t-il exactement ? Que les inégalités sociales et économiques peuvent être tolérées, en ce sens qu'elles constituent globalement une situation plus fructueuse pour tous (les inégalités, en effet, servent de stimulant à facticité. elles augmentent les réserves totales de biens et de produits disponibles). Mais cette tolérance rencontre des limites très strictes : les positions les plus favorisées doivent être accessibles à tous (principe démocratique de l'égalité des chances) et les inégalités ne sont tolérables que si elles profitent à tout le monde. ou aux plus défavorisés. Admettons par exemple qu'une disposition soit apparemment très inégalitaire : l'institution d'une école privée de très haut niveau, ou même d'une filière très élitiste dans l'école publique. Faut-il la rejeter d'emblée ? Certainement pas, répondrait John Raals, car l'une ou l'autre. à certaines conditions (bourses, encouragement et soutien des plus motivés, en particulier lorsqu' ils sont défavorisés). peuvent profiter à tous. Ainsi le maintien d'une première classe, dans un train. peut profiter à tous, si l'on décide d'en faciliter l'accès aux plus handicapés aux heures de pointe... La théorie de John Rawls a été contestée par les milieux intellectuels de droite et de gauche. et sur plusieurs plans. À droite, on lui reproche de célébrer l'Étatprovidence (État-assistance) parce qu'il insiste sur la nécessité de prendre d'abord en compte (intérêt des plus démunis : à gauche, de légitimer la logique des institutions économiques dominantes (le « marché-). D'autres enfin s'indignent de sa prétention à tirer d'une conception individualiste, occidentale, et pour tout dire, « kantienne » de l'homme, une conception de la justice intemporelle et universelle. John Rawls a répondu à ces critiques dans ses travaux ultérieurs, et le débat est loin d'être clos. Cf. Michaël Walzer.
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Par une « expérience de pensée », imaginons des citoyens qui délibèrent à froid de règles de leur quotidien et de leur conduite. Pour garantir l'impartialité de la discussion Rawls imagine le dispositif suivant. « un voile d'ignorance » est placé devant les sociétaires, ils ignorent à la fois leur propre place dans la société à venir ainsi que les valeurs, les talents et les goûts des autres sociétaires. Pour Rawls trois principes finiront par émerger :
1°) attribuer à tous, de façon égale, les libertés les plus vastes possibles. 1er principe consensuel.
2°) rendre les places (positions sociales) accessibles à tous grâce à une parfaite égalité des chances (equality of opportunity). 2d principe consensuel.
3°) Les égalités qui bénéficient aux plus aisés (les mercuriens) seront admises. C'est le « principe de différence »

Théories détournées
En 1994, Edouard Balladur, pour lancer sa campagne à la présidentielle, commande à Alain Minc un rapport sur la « France de l'an 2000 », qui s'articule autour d'une notion empruntée à Rawls « l'équité » (fairness) que le rapport oppose à « l'égalité » (equality). L'égalité y écrit Minc est le mauvais génie de la France, une pulsion archaïque qui pousserait les Français à demander « toujours plus » et à couper la tête de ses rois. Par contraste, l'équité se présente comme un principe novateur, importé des Etats-Unis, donc forcément moderne - presque chic... Sera désormais considéré comme « équitable » le fait qu'ubn riche s'enrichisse et par là-même profite à toute la société. C'est la fameuse théorie du ruissellement aussi appelée « du premier de cordée ». Sauf que Rawls n'a jamais dit cela. Le vénérable professeur de Harvard n'a jamais été un défenseur du néolibéralisme. Dans une lettre au philosophe belge Philippe Van Parijs, il dénonçait directement la théorie du ruissellement qui ne peuvent aboutir, écrivait-il qu'à « une société noyée sous un consumérisme dénué de sens » (1)

OEuvres
Théorie de la justice (1971)
Anarchie, État et Utopie (1988)
Justice et démocratie (1993).


Analyses
La critique de John Rawls par Robert Nozick dans «Anarchie, État et utopie» par Jean Jacques SARFATI - 11 pages

Ses références (A quoi sert l'autorité sinon de bride ?)


Avis
«  »

Sources
0. article de Laurence Hansen-Love pour Philosophie de A à Z
1 L'obs, 23 mai 2019

 

Biographie de John Rawls 

 

 

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