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Publié par Paris 8 philo

"Pourquoi Freud était-il aussi obsédé par sa théorie sexuelle?

Il est aussi difficile de répondre à cette question aujourd'hui qu'à l'époque où la plupart des médecins la considérait comme une forme de folie légère. Lorsque Freud accéda à la gloire mondiale [...] la réponse à cette question paraissait évidente : parce que sa théorie est bien fondée . Mais la tendance s'est inversée dans les années qui suivirent le décès de Freud; on reconnut qu'il était allé trop loin dans l'élaboration de sa "théorie sexuelle" comme une sorte de religion demeure aussi intriguante et présente que jamais.

Il n'est pas difficile de comprendre l'évolution qui mena Freud à sa théorie sexuelle. le premier pas fut le cas célèbre de "Anna O.", une jeune juive qui s'appelait en réalité Bertha Pappenheim. Elle avait sombré dans une depression profonde après avoir assisté à la mort de son père [...]. Elle entrait dans des états apparentés à une transe, dans lesquels elle prononcait des phrases étranges et faisait des choses irrationnelles. Elle fut traitée par le collègue et mentor de Freud, J. Breuer, dont elle semble être tombé amoureuse. Un jour, elle entra dans un état hystérique et Breuer fut appelé en consultation. Il fut choqué de la voir allongée sur un lit agitée de mouvements convulsifs des hanches, comme si elle faisait l'amour. Breuer quitta Vienne en hâte dès le lendemain avec son épouse. Ce cas fit une forte impression à Freud.

Quatre années plus tard, en 1885 Freud se rendit à paris pour étudier avec le professeur Charcot à l'hôpital de la Salpêtrière. C'est là qu'il entendut un médecin déclarer que ce dont une femme hystérique avait besoin c'était de "doses répétées de pénis normal". Voilà qui lui donna à réfléchir. Son travail avec Charcot lui apporta un autre sujet de réflexion. Charcot faisait des démonstrations pubiques d'hypnose, produisant souvant des effets spectaculaires - il amenait par exemple un patient à aboyer comme un chien ou a battre des bras comme un oiseau bat des ailes. Freud observa des phénomènes curieux telle qu'une grossess nerveuse, au cours de laquelles l'estomac de la femme se gonflait jusqu'a donner l'impression qu'elle était enceinte,[...].

Freud fut quelque peu bouleversé[...],lorsqu'une patiente lui sauta au cou. cet épisode fut révélateur pour Freud; il lui suggéra que pour guerir, un patient devait s'éprendre de son médecin. Il se mit a interroger ses patients sur leur vie sexuelle, ce qui lui valut de perde une partie de sa clientèle. Un nombre relativement importante de femme reconnurent toutefois avoir été agressées ou séduites par leur père. freud en conclut, pendant une certaine période, que la majorité des névroses étaient dues à des tentatives de séduction s'étant produites durant l'enfance [...]. Il lui fallut près de dix ans pour comprendre que la plupart des récits de viols d'enfants étaient des fantasmes produits par le patients en réponse aux suggestions de Freud. Cette prise de conscience ne suffit toutefois pas à reconnaître la faille de sa théorie sexuelle. Au contraire, elle l'amena à la conviction que les femmes avaient en réalité un désir secret d'être séduites par leur père - sinon pourquoi mentiraient-elles? Il en déduisit sa théorie concernant le complexe dOEdipe : le fils éprouve le désir d'entretenir des relations sexuelles avec sa mère et donc de tuer son père - son principal rival - qui de son côté désire secrètement tuer son fils, ou tout au moins le castrer.

(Mais) la théorie du complexe d'OEdipe avait quelque fondement personnel."

texte : Carl Gustav Jung Le Seigneur De L'inconscient Colin Wilson

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oyseaulx 16/12/2006 19:58

Le « pénis normal » ne serait-il pas, tout simplement, un pénis orthogonal ? D'ailleurs, cet épisode n'est pas le même que celui que rapporte Freud de Charcot, qui aurait déclaré à son élève Brouardel : « Vous savez que l'hystérie, c'est, toujours, la chose sexuelle, toujours, toujours, toujours. » L'auteur du texte confond deux épisodes distincts ; l'autre se situe à Vienne et est en allemand, ou, plus exactement, en latin.