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Publié par Paris 8 philo

En guise de résumé du livre d'Attali, Une brève Histoire de l'Avenir, une critique viendra dans un autre post.

La dite « fin de l'Histoire », la « fin de la philosophie » veut simplement dire que l'homme (ou plutôt la surhumanité, nous y reviendrons) est capable d'agir sur l'Histoire, de la réécrire sans cesse suivant le point de vue que l'on aborde, le point de vue adopter par Jacques Attali est celui de l'émergence de « coeur » ou sous un autre angle que suggère en sous main son livre celui de « poumons » (que nous aborderons dans un autre post), de lieux de créations où le relationnel passe avant la lucratif. S'il y a fin de l'Histoire c'est au sens où les jeux ne sont pas faits, que l'Histoire n'est plus écrite par les souverains, ni que la pensée soit assujetti à la philosophie des sages et des théoriciens seriens mais qu'elle est activée par l'existence d'hommes tragiques, voire "pessimiste" comme Attali. Pessimiste voulant dire qu'on est prêt à regarder l'avenir en face en toute rigueur et ainsi à pouvoir au mieux s'en écarter, Bourdieu ne disait pas autrement quand il pensait à la sociologie comme à une science de déterminismes et de lois que l'on peut ainsi mieux dépasser. Comme le dit Attali au sujet de la fin de son livre : « je l'ai écrit en pensant que cela n'est pas lieu. »

Peut on prévoir et orienter l'Histoire

« On peut et la prévoir et l'orienter. On peut la prévoir parce que quand on regarde l'histoire à long terme on voit qu'elle obéit à des lois, bien sur avec des allers-retours, des mouvements inconnus. Mais il y a une loi fondamentale : c'est que l'homme depuis au moins 100 00 ans ou pls, tente d'obtenir un élargissement de sa liberté individuelle. Le grand moteur de l'Histoire c'est la tentative des hommes par les technologies, par la politique d'élargir la liberté individuelle. On peut l'orienter parce que quand ca va mal et qu'on voit les choses qui s'annoncent, on peut s'écarter. Quand je dis par exemple qu'une pierre va vous tomber sur la tête du toît de votre maison, on peut s'en écarter. Donc on peut l'orienter l'histoire et faire en sorte que l'avenir qu'on prévoit n'est pas lieu. »

Et d'abord nous venons de loin, avec la longue histoire des états successifs de l'humanité que retrace rapidement au début de son livre Jacques Attali. Il s'attarde ensuite sur les neufs villes ou "coeur" où s'est organisé le Capitalisme qui prélude à la mondialisation actuelle.« A l'échelle du monde la mondialisation a commencé sans doute au XIIe siècle et depuis le XIIe siècle la mondialisation est organisée autour d'une ville qui est le centre du monde et tout le reste du monde s'organise autour d'elle. Ca d'abord été Bruges, puis Venise, puis Gênes, puis Amsterdam, puis Londres, puis Boston, puis New York et aujourd'hui c'est Los Angeles - Et Demain ?- Demain ce sera le monde entier, il n'y aura plus de centre c'est cela la grande mutation qui est en train d'arriver qui est liées aux nouvelles technologies qui font qu'il n'est plus nécessaire de rassembler ni des élites, ni des capitaux, ni des technologies en un seul lieu parce que les technologies de télécommunication permettent de travailler entre l'Australie, les Etats-Unis et la France sans véritablement se rencontrer. ». La mondialisation va modifier la démocratie par le rapport que nous aurons avec nos élus via les nouvelles technologies.

Qu'est qui est inévitable demain ?

« Ce qui est inévitable c'est d'abord une immense mutation nouvelles technologie parce qu'on peut entrer dans une société qui peut être extrêmement dangereuse parce que le maître-mot sera la surveillance. Les technologies vont permettre d'être surveiller, surveiller par l'Etat, surveiller par les polices mais aussi par les entreprises qui voudront vendre leurs produits, mais surveiller surtout par ceux qui seront les maîtres du monde, je crois demain, les compagnies d'assurance. ... L'évolution culturelle qui fait que les gens ont envie de plus en plus de surveiller et d'accepter malheureusmenet d'être surveiller. Car la liberté individuelle, dont j'ai dit qu'elle était le moteur de l'Histoire, est en train de basculer une passivité soumise à cette surveillance générale, très dangereuse pour l'existence humaine car quand je parle d'une brève histoire de l'avenir, ca veut aussi dire que l'humanité pourrait disparaître dans une hypersurveillance ou un hyperconflit... Il y a deux formes de disparition de l'humanité il y a une disparition dans le marché, dans laquelle la surveillance conduira les hommes à être domestiqués et même ultérieurement à être clonés, à être des marchandises comme les autres et puis il y a la disparition dans le conflit. Je pense que l'humanité peut survivre et va traverser ser à travers les trois vagues de l'avenir : la vague de domination par le marché, ce que j'appelle l'hyperempire, et la vague de la domination par la guerre, les formes de guerre sont immenses. », ce que Jacques Attali appelle un hyperconflit avant que ne survienne une troisième vague vers 2060, l'hyperdémocratie. La mondialisation va changer la démocratie en rendant plus importante la questions des régions que celle des Etats, avec une strucuture du monde (via les nouvelles technologies) qui favorise une démocratie participative générale sans avoir besoin de tirer au sort ceux qui l'exerceront

 

 

Et la France dans tout ça ?

La France est assez riche pour sombrer lentement, surtout si les grands décisions nécessaires ne sont pas prises. Les grands enjeux de demain quant aux interrogations politiques actuelles (futures élections présidentielles), « c'est la place de la France dans le monde, ce sont les capacités de la France de payer ses dettes et se remettre au travail, d'être encore concurrencielle et d'éviter son destin en étant toujours le moteur technologie et de savoir du monde... L'histoire que j'ai rappelé rapidement des capitales du monde montre que toute capitale du monde est un port. Et que la clé du monde c'est la domination de la mer et donc des techniques de communication La France a laissé passer à plusieurs reprise dans l'Histoire la possilibtié d'être la capitale du monde, parce qu'elle n'a jamais réussi à se donner un port, parce qu'elle n'a jamais réussit à priviligier les marchands sur les propriétaires des terres et qu'il est vrai qu'aujourd'hui en France, il vaut mieux avoir de l'argent qu'en gagner. Ceux qui ont de l'argent sont bien considérés, ceux qui en gagnent sont mal vus. » La France vit sur ses rentes non sur ses créations. d'où la crise des universités.

Attali pense dans son livre que le temps de travail par semaine se réduira mais qu'il s'allongera sur la durée de vie. Pourtant, il fait remarquer que « Nous travaillons 35 % moins dans notre vie que les américains. La vibration de la France au travail n'est pas aussi grande qu'elle devrait être pour affronter le défi mondial pour être capables d'assumer l'extraordinaires chance [que nous offre l'avenir]. J'essaye de donner un programme assez détaillé : »

- rendre à l'avenir ce qu'on lui a pris Cesser de payer mes gens sur le salaire de nos petits enfants, réduire massivement la dette pour les générations avenir comme au Brésil

- donner une priorité au savoir (les seuls actifs de demain ce sont la création et la connaissance qui en découle) : il faut les universités soient des universités beaucoup plus d'excellence

- donner une priorité à la Mer (comme cela est dit plus haut)

- Créer les conditions d'une égalité sociale, qui permette l'intégration des savoirs et des compétences de ceux qui viennent des milieux défavorisés, qui sont une grande richesse de la France aujourdh'ui oubliée. Grande nécessité de récréer une machine d'intégration sociale.

- Renforcer la compétitivité du marché en supprimant notamment un certains nombre de rentes qui sont excessives.

- Favoriser et retenir la classe créative le monde va se battre pour ce genre d'élité là qui sont des créateurs qui ne sont pas riches, loin de là. C'est gens seront nécessaire à la domination ou au maintien du pouvoir d'achat d'une nation.

Il faut savoir toute cette histoire pour créer les conditions pour la dépasser. Avoir peur de l'avenir pour en tirer le meilleur et l'éviter.

Source de toutes les citations = Entretiein sur Europe 1 avec Elkabbach 25 octobre 2005

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