Archives

Publié par Paris 8 philo

L’hapax existentiel selon Onfray, ce que Deleuze appelle un noochoc DzQP-DzIT, dans l’idée que toute philosophie débute avec un choc DzDR, plus que par un étonnement face au monde, c’est une détonation, car il y a rupture avec ce que le sens commun entend par (d)étonnement.

 

 

« Dans un moment précis de la vie d’un philosophe, en un lieu déterminé, à une heure repérable, quelque chose – le je ne sais quoi de Benito Feijoo – a lieu qui résout contradiction et tensions accumulées précédemment dans un corps. La chair enregistre cet ébranlement, la physiologie le montre : transpiration, pleurs, sanglots, tremblements, suspension de la conscience, abolition du temps, abattement physique, libérations vitales. Après cette mystique païenne suite aux transes du corps, le philosophe effectue un nombre de variations considérable sur ce matériau accumulé. Généalogie de l’œuvre…

Des exemples ? Ils abondent… Quand les philosophes se sont un tant soit peu confiés, que la correspondance témoigne, qu’une biographie consigne l’événement, on trouve ce genre d’ébranlement dans leur existence. Non pas quand leur grand œuvre est écrit et que l’essentiel de leur production se trouve derrière eux, non à l’origine, avant, de manière généalogique. Cet éclair, dans lequel se manifeste le destin en puissance, trouble, troue, perce, abat, assassine et dope ».

Sans viser à une exhaustivité – qui requerrait probablement l’encyclopédie… - voici quelques moments forts, Augustin pour le plus célèbre… Ancien bambocheur et noceur, futur Pére de l’Eglise, le docteur de la loi catholique se trouve au fond d’un jardin, à Milan, quand la grâce le visite – larmes, flots de larmes, cris à fendre l’âme, voix venues d’ailleurs – les mots mêmes des Confessions -, à quoi fait suite évidemment, la conversion, au catholicisme ; Montaigne et sa chute de cheval en 1568 après quoi il dispose de sa théorie épicurienne de la mort ; Descartes et ses trois rêves une nuit de novembre 1619 qui enclenche la génèse du rationalisme (!) ; Pascal et sa fameuse Nuit du mémorial entre vingt-deux heures trente et minuit le 23 novembre 1654 – Des larmes là encore… ; La Mettrie est la syncope qui, sur le champ de bataille du siège de Fribourg, lui enseigne le monisme corporel ; Rousseau en octobre 1749, sur le chemin de Vincennes où il vient visiter Diderot embastillé, qui tombe à terre puis dans des convulsions, découvre la matière de son Disours sur l’origine des inégalités parmi les hommes ; Nietzsche en août 1881, sur les berges du lac de Silvaplana, où il a la vision de l’éternel retour et du Surhomme ; (…) et tant d’autres… OnfPE_69-70

 

OnfPE = Michel Onfray, La puissance d'exister - Manifeste hédoniste, Paris, Grasset, octobre 2006.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

gmc 05/12/2006 21:39

c'est vacance - au sens strict du terme - à paris 8?

gmc 03/12/2006 09:57

et tant qu'à vous citer le Lankâ, méditez donc celle-ci:"les idées fictives naissentdes erreurs suscitées par les apparences.ces idées sont donc le réelpuisque les apparences ne sont pas des idées."quid dans votre discours d'une réalité hors idées fictives?

gmc 03/12/2006 09:27

il a une chose que vos nuances n'arriveront pas à introduire; "toutes choses sont libres du langage" (soûtra de l'entrée à lankâ).seriez-vous capable d'atteindre l'au-delà du langage pour émettre ce point de vue?

gmc 02/12/2006 15:50

c'est juste dans un sens, mais à côté de la plaque dans un autre.en ce registre, la principale source d'obnubilation est celle de l'étonnement: comment des mecs plutôt bien équipés intellectuellement peuvent-ils collaborer à une telle arnaque dialectique avec un tel manque de rigueur et d'honnêteté?à part la peur et le goût de la pavane, pas trouvé d'explication à ça...

Pouet Pouet j'ai les c'r'evilles qui vrillent 02/12/2006 18:18

Le texte qui est ici est très critique aussi, je trouve. Marquer les limites et les origines d'un discours.
 
Comme d'hab, tu es l'une des nombreuses personnes qui tombé sur un de nos articles n'a ni pas lu quelques autres, n'a pas fait un effot pour comprendre nos nuances que tu retrouve ailleurs. Mais rien de grave à ça, c'est le parti pris d'internet, et nous nous en accomodons bien ici. Un texte qui va venir demain ou après demain te sera dédicacé (SOCRATE CHERCHEUR OU PROFESSEUR). Sinon rien ne m'étonne et j'aime encore mieux ca ! préférons les rencontres tonitruantes.
L'explication de notre pavane se trouve dans un extrait d'Onfray sur l'happax existentiel (expression pompeuse) pour dire qu'il peut y avoir événement dans la vie d'un philosophe, qu'il y a une possible ivresse philosophique (en rapport avec le dialohue que nous établissons avec notre ami sancho www.philo.over-blog.com).
Donc désolé si notre propos est trop nuancé, et si nous ne sommes pas assez dialectique malgré tout. Notre époque n'est in au monisme ni au dualisme.

gmc 02/12/2006 09:30

cher ami,elle est gentille cette réponse - sourire désbusé et compassionnel -  mais il est toujours amusant de constater qu'en philo on commence d'abord par nier les évidences inconfortables et qu'on les oublie sciemment pour construire des monuments - qu'on ne peut qualifier que d'égotiques- sans en vérifier les fondations, un peu limite en terme de crédibilité, non?la réalité observable n'est pas "je pense", la réalité observable est "ça pense" ou, pour faire chicos, "un processus non assujetti à la volition d'un individu supposé crée des pensées de manière automatique, mécanique et quasi-continue".en clair, "c'est la pensée qui crée le penseur et non le penseur qui crée la pensée" (jiddu krisnamurti).vérifie, ça prend 5 minutes; essaie d'arrêter de penser 5 minutes consécutives, là, tout de suite.........c'est fait? tu vois, conclusion: impossible.les phénomènes sont des fumerolles qui s'inscrivent sur un écran, il n'ont aucun réalité en dehors de cela, pourtant les philosophes ne discutent qu\\\'à-propos de ces phénomènes, qu'ils soient physiques ou psychiques.tous leurs résultats  et toutes leurs analyses et autres considérations diverses et variées partent de principes de départ non fondés ou s'avérant lénifiants à l'observation rigoureuse, tel que "je pense".l'affirmation "je suis ce corps" est, elle aussi, non démontrée, on te passe les détails.que peut-on dire d'une discipline qui part de deux principes qu'elle est incapable de démontrer et qu'il est possible d'invalider en quelque temps d'observation?pour les honneurs, rassure-toi, les poètes évitent d'attendre des hochets, de plus les poètes célèbrent le vivant, la pensée ne regarde que le passé, donc la mort, ce qui est normal pour un phénomène mécanique (mais la philo, obnubilée par la prétention du contenu, oublie de regarder ce qu'est le mouvement de la pensée...)

Pouet Pouet et pacotille 02/12/2006 14:21

Tu aussi tu es obnubilé décoince toi les artères

gmc 30/11/2006 23:11

un petit souvenir du mois d'avril; vous vous doutez bien que ce cher michel n'y a pas répondu.le vrai philosophe est celui qui, constatant que pas un des 6,5 milliards d'individus de cette planète ne sait répondre à la question "qui suis-je?", s'assoit devant et passe l'entièreté de sa vie à l'étudier, les autres sont des gloseurs sans intérêt.si le sujet n'est pas défini, que peut-on dire d'une observation faite par un truc indéterminé? aucun crédit....observation = 3 termes: le sujet observant, l'observation en tant que phénomène, l'objet observé. pas de définition du sujet, aucun résultat probant, de la littérature pour faire briller des ego vaniteux dans les salons mondains, rien de plus."la présence du désir comme celle du dieu ignore le philosophe. en revanche le philosophe chatie." (rené char)comme vous pouvez le constater, le philosophe n'est rien de plus qu'un frustré.ODE A MICHEL ONFRAY Salut à toi, philosophe du pathétique Charançon d'inutiles pensées mécaniques Pondeur de vains discours creux et répétitifs Vaniteux charlatan amateur de poncifs De l'hédonisme tu te prétends représentant Tu n'es pourtant qu'un intellectuel stérile Plaisir et souffrance ne sont pas différents Le croient les aliénés, les inconscients débiles Tes paroles sont fondées par le nauséabond De la pensée hystérique elles sont les otages Neurones éteints ne sachant qu'un affreux verbiage Que tu fais passer pour une belle érudition Constructeur de viles théories insipides Tu affirmes fort tes opinions essentielles Qui se révèleront aussi creuses que vides Constituées de fragments de superficiel Tes idées sont du recyclage passéiste Relooké aux couleurs d'un temps plutôt absent Tu vends de la soupe aux malheureux indigents Qui se réjouissent d'avaler ta bouillie laxiste Le jour où tu sauras définir le sujet Peut-être écouterons-nous ta prose arrogante Fondée par l'autosatisfaction délirante De l'épicier qui aime encaisser la monnaie Sois rassuré tu n'es pas seul dans cette misère Ce brouillon d'intellect qui brasse de l'ineptie Nombreux sont ceux qui se complaisent dans l'avanie De leurs fronts obtus ne jaillit pas la lumière

Pouet Pouet les pissenlits 01/12/2006 22:07

Je suis fils de l'évènement
Cher GMC, tu es trop prisionnier des phénomène, le sujet a pris une sacré claque, le jour où Lazarus a écrit les "gens pensent" non qu'ils ramènent tout à leur soi, non qu'ils reviennent sans cesse à eux. Auquel cas ils réfléchiraient comme tout le monde.
N'importe qui peut réfléchir (ou pratiquement), mais penser n'est pas un affaire de sujet, parce que le sujet est clivé et le moi fêlé. Penser c'est une affaire de rencontre, non desolispsisme douteux. Ce qui est pensé, ce qui est sans cesse remit sur le métier, l'impensée de toute situation. Tu retrouvera certianement cela dans les derniers livres de Merleau-Ponty, dans Les mots et les choses de Foucault aussi, la plupart des livres de Deleuze puisqu'au fond il ne fait que parler d'évènement, de ce qui nous force à penser. Sans cette rencontre, sans ce noochooc pas de pensée, juste de la réflexion comme tu le fais si bien. Et sur ce point Badiou t'absoud.
La réponse à la question "qui je suis ?" ne s'est jamais posé pour moi. Je suis le fils de mon père et le père de mon fils :-p, mais plus sérieusement je suis fils de l'évènement. Ce texte ne dit pas autre chose. Mais même avant qu'il y ait évènement la question ne se pose sauf pour ceux qui errent. 
Merci de passer ton chemin au grand poète comblé, que tes éloges t'aportent tous les honneurs.