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Publié par Anthony

Ce quelque chose de plus intime dont il est question, d’une richesse qu’a chacun en soi (son génie potentiel), mais qui ne parvient à s’exprimer pleinement, car la société produit son stress, ses angoisses qui rendent inapte. La société trop pressés ne parvient pas à sortir les gens de ces situations et trop pressée elle les élimine, alors qu’il en sont une part intégrante, une possible richesse. Ce n’est pas pour céder à la mode du recyclage que je dis ça, mais une société close, trop morale, produit ses déchets, gaspille et épuisent ce qui devrait être ses potentialités. Tout ceci, on va utiliser plusieurs termes, c’est une affaire de culture, de civilisation Nz, de communauté de sentiments Kant ou schiller, de constellation affective Dz de ce qui se passe entre nous, entre un nous qui est une collectivité éparse, non une communauté réduite comme les écoles philosophiques l’ont été. Précisons, c’est vrai et faux les écoles philsophiques l’ont été des communautés sclérosé dans lors qu’elle posait des vertus, une Justice, un Bien que l’on peut appeler aujourd’hui l’intérêt général. Ouste là que celui-là. C’est toujours quand une collectivité se sclérose en une communauté que l’on se rattrape sur des valeurs comme les vertus ou le Bien, pour pouvoir partager le peu d’amour ou de richesse (de cœur et d’argent) qu’il reste. Alors que quand une communauté est effervescente elle tend à se disperser à oublier tout cela, mais quelque chose reste qui et de l’ordre d’une collectivité aussi saine qu’elle admet de la distance, de la différence et de la diversité. Se disperser ce n’est pas errer, c’est aller là où l’on doit aller, loin de la communauté, qu’elle soit famille, église (l’ecclésia c’est la communauté encore une fois). Recomposer une collectivité c’est cela qu’il faut toucher, en terme socratique on parlerait de corrompre la jeunesse, la stimuler dans sa poussée d’énergie avant que comme à la roulette russe elle ne finisse dans une case. Pour cela, ce sont quelques personnes qu’il faut toucher (« affecter »), quelques personnes qui sont en état de détresse, peut-être parce que trop généreuse, trop inadapté, plus intéressé par une puissance généreuse qu’à asseoir le propre pouvoir, leur propre statut. Beaucoup de ces accablés-par-leur-passé, de ces souffre-douleurs, de ces gens dans un manque à être fréquentent les bancs de la fac mais c’est certainement à Paris 8 qu’il se révèlent, qu’il s’affranchissent, qu’il retrouve un rythme propre, parce qu’il ne pouvait céder au rythme de la vie active qui épuise les corps. On ne peut se réclamer philosophe, on ne peut en avoir le masque. On risque d’imposture. Car quand on l’est, quand on est reconnu philosophe. Et quand bien même serait philosophe, ce n’est pas d’un amour de la sagesse ou de la sérénité dont il est question, mais d’un amour de l’existence tragique, qui tient de la prise de risque plus que d’un savoir, d’une maîtrise, c’est d’audace dont il est question chez les grecs, d’audace et de complexe Notons qu’audace et complexe sont des adjectifs qui reviennent très souvent chez des historiennes comme Loraux ou de Romilly, spécialiste de la démocratie athénienne : c’est qu’elle ne tiennent pas compte du corpus philosophique Platon et Aristote, car avec eux c’est déjà la fin. On était coupé de la source dionysiaque, de la musique, de l’époque des génies, d’une effervescence. Non pour Aristote ou Platon il fallait inscrire tout ça, le mortifier, car à mesure qu’il sentait que cela disparaissait, il le faisait disparaître d’autant, la corruption venait d’eux, eux qui la voyaient partout, plus pour Platon que pour Aristote, notons. Mais pour prendre un exemple, si Voltaire produisait de si mauvaises tragédies c’est grâce à la décomposition qu’en avait fait Aristote le statique. Soyez sage, soyez tranquille, ne soyez pas un génie, profitez de l’existence, du quotidien, c’est un peu ce que dirons toutes les écoles philosophiques qui suivront. On s’interroge sur le juste, sur la vertu (qui étaient déjà le thème de certaines tragédies mais non le fond, la singularité énergétique qu’elles déployaient). Mais la vertu c’est pour faire tenir une communauté ensemble, rien de plus on se pose comme vertueux aux regard des autres et quand il y a communauté, il n’y pas de génie ou simplement comme une exception. Tout l’intérêt de se texte est d’en appeler à une collectivité d’affect, une constellation de génies qui n’ont pas besoin de se rencontrer pour exister. J’en reviens à mes histoires de métier. Après la révolution, disait Marx, « A chacun son métier », c’est bien la preuve que le « communisme » ne peut marcher que sous la forme  . Il ne faut pas se leurrer il y aura toujours des mecs qui font la plonge, des égoutiers, des gens de soin, je veux dire des gens . Mais ce qui compte c’est l’implication, la stimulation qu’il pourront avoir, la manière dont une certaine culture pourra les traverser, car tout partira de là, de là manière dont ils ne voudront plus de pouvoir, plus d’état, de la manière dont il conquerront une liberté qu’il n’assume pas aujourd’hui (la société les y poussant). Il faut tendre tout ça, il faut tendre des systèmes plutôt que de les fonder une énième fois à coup de réforme. Pour que la culture non traverse, il ne s’agit pas de consommer de la musique jusqu’à l’abrutissement avec son I-pod, son lecteur mp3, en somme se couper de l’inaudible par de la musique pré-mâchée. Soyons pessimiste. Mieux vaut créer ses propres rythmes. Soyons optimiste.

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