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Publié par Ineluki

La dérive est un procédé situationniste qui consiste à se déplacer en ville, selon une « technique du passage hâtif à travers des ambiances variées », en variation et sans trajet prédéfini, en laissant de côté les habitudes de la vie quotidienne, de la promenade, des conventions établies. Toute la perception est alors orientée vers ce que les situationnistes nomment la psychogéographie de la ville, c’est-à-dire l’étude « des effets précis du milieu géographique, consciemment aménagé ou non, agissant directement sur le comportement affectif des individus. » Quelles sont les rues les plus peuplées, et pourquoi ? Vers où les passants, les voitures, se dirigent-ils ? Quelle atmosphère règne sur les lieux, est-ce de l’achat, de la ballade, est-il aisé d’y faire des rencontres ; est-ce le caractère d’un certain quartier, etc. Qui choisit d’aller dans un tel lieu, quelle population, quelle humeur ? Quels sont les points attracteurs qui, si l’on passe à côté, nous amènent jusqu’à eux si l’on cède à la facilité ? Quels sont les lieux répulsifs ? Lentement se dégage un relief psychogéographique de la ville, où chaque lieu apparaît à la fois comme une vie propre, environné de possible, et comme une différence de potentiel vis-à-vis des autres lieux. Les situationnistes construisaient des cartes de ces reliefs ; la dérive donc, comme moyen de percevoir la ville d’un autre œil et de repenser l’urbanisme ; mais aussi comme procédé expérimental de variations, d’apports de sensations, de construction de situations : un art, un jeu.

La dérive est donc une façon possible de construire des situations en ville. Il y en a d’autres : l’investissement d’un espace par un groupe le temps d’une action déterminée, qui peut être absolument non signifiante, aucun message, visant juste à ce que le spectateur se pose des questions, ou pouvant faire passer un message de type politique. La construction de situation implique de s’abstraire des schémas habituels et de se lancer dans une invention qui laisse le spectateur littéralement interdit. Debord stratège : combattre la société du spectacle par ses propres armes, les retourner contre elle-même, comme Marx pensait retourner le mouvement ouvrier contre la bourgeoisie qui l’avait initialement produit et maintenu dans la misère ; utiliser la curiosité envers le nouveau pour faire passer des critiques sur la société, prémisse d’une transformation de la société. Debord artiste : au cinéma, quand, par exemple, il prouve qu’il est possible de montrer un écran noir durant plusieurs minutes, alterné avec des voix-off dérivantes et sans image, dans son premier film hurlements en faveur de Sade ; et les découpages et collages, quand il pique des bouts de textes un peu partout, les sort de leur contexte, les accole pour dire autre chose.
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Emmanuel Kanterbrau 10/02/2007 01:41

















Madame, Mademoiselle, Monsieur, mon chien, mon cul sur la commode et tous
ses copains,
les casseurs grouchomarxistes sont fiers de vous annoncer qu'ils ont enfin
leur blog, après maintes tractations avec le KGB et l'IRA !!!
www.casseursgrouchomarxistes.blogspot.com
Nous vous prions donc de faire passer ce message à tout votre répertoire.
Si vous refusez de nous rendre ce petit service innocent, nous nous
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Avec tout notre amour,
François Bayrou L'Avaleur De Loutres & Paul Pote