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Publié par Anthony

Juste en amorce voici une phrase qui peut définir l'impasse de la pensée humaniste de Sartre encore trop sujet à la reconnaissance d'un système ("bourgeois"). Pensez à cet article où Canguilhem critique ceux qui adoptent la double posture du philosophe et écrivain, qui voit dans l'écriture une fin en soi de reconnaissance sociale et non le moyen d'inscrire la vie pour la porter plus looin comme avec la correspondance épistollaire du Siècle de Lumière ou sans doute les échanges entre les premiers philosophes grecs pré-platoniciens (qui fit leur effervescence).

N'est pas quand les yeux d'autrui sont posés sur moi que je me trouve contraint de me demander qui je suis ?

Une belle phrase dont on ne pourra renier l'origine sartrienne. L'absurdité de la représentation, de la conjugalité, de la pornographie (à distinguer de l'érotisme), se trouve là toute flagrante : on agit en ayant conscience du regard d'autrui et non de manière libre et autonome. Appelez ça système dominanant-dominé, hiérarchie ou hétéronomie pour faire plus compliqué. Mais ce qu'on projette sous le regard d'autrui, ce qu'on fantasme c'est un Bien commun, un intérêt général ramné à la relation à deux mais qui est à l'oposé du Bien, le rend inapplicable. Ce Bien est une limitation du Désir et des pulsion (notons pour faire un pont que chez Platon le Bien n'est techniquement que la limitation de la régression à l'infini des Idées). C'est cela la conjugalité agir en tenant compte de ce qu'autrui ne doit pas voir, en tenant compte du regard de l'autre tout proche, intime, alors qu'en oubliant cela la relation pourrait connaître des intensité plus forte, une inventivité qui la ferait perdurer autrement. Et c'est en tenant compte du regard d'autrui, en se demandant qui je suis plutôt qu'en oubliant son moi que la relation devient visciée, que par exemple la femme rentre dans la sexualité de la performance masculine toute faite d'excitation visuelle. La femme peut tellement simuler son plaisir (ah oui ! ah oui ! continue !), qu'elle en devient frigide au bout de deux ans relation comme cela arrive parfois dans un couple. Ceci veut dire qu'à terme son vagin ne produit plus les lubrifiants nécessaires et la sexualité lui devient douloureuse alors que l'amour est toujours là. Ne comprenant pas cela, il arrive comme dans certains faits divers que le conjoint qui croyait satisfaire sa simulatrice, transforme son incompréhension en violence : La simulatrice qui n'a pas éduqué son conjoint devient femme battue. C'est un peu ce que disait Beauvoir à son Sartre dans son deuxième sexe quand elle parlait de frigidité : j'ai attendu Nigel pour enfin prendre mon pied, pour qu'enfin on arrête de parler de bite et de trou et qu'on s'intéresse à mon clito, à ma libido c'est-à-dire à l'énergie qui peut se libérer au travers du sexe mais pas seulement (pensez à la création artistique nous y reviendrons à propos de la création et du bonheur chez nos chers capitalistes : Goethe, Thierry Hermann, François Pinault).

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