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Publié par Paris 8 philo + Figaro

 

Christine Ducros .
Publié le 03 octobre 2006 Notre pays dépense en moyenne 6 800 euros par étudiant contre 9 000 euros pour la moyenne des pays de l'OCDE.
 
 

Filières sans débouchés, campus vétustes, étudiants perdus... Le malaise des facs n'a jamais été aussi profond. Cinq experts ont planché pour «Le Figaro» sur des pistes de réforme.

 
LA FRANCE a mal à ses universités : amphis surchargés, bâtiments vétustes, budgets anémiés, professeurs démotivés, étudiants déboussolés, redoublants déprimés par des échecs en cascade, filières bouchées... rien ne va plus sur les bancs de la fac.
 
À l'heure où les étudiants reprennent le chemin des amphis, les présidents d'université ont poussé en fin de semaine dernière un cri d'alarme. Pour sauver l'université, ils ont demandé à chaque candidat à la présidentielle de s'engager à dessiner un avenir aux universités. Demain, 4 octobre, lors d'une convention de l'UMP sur l'enseignement supérieur, Nicolas Sarkozy pourrait annoncer ses propres idées. Il y a urgence : durant leurs deux premières années universitaires, quatre étudiants sur dix décrochent. Ils sortiront sans le moindre diplôme. La crise du CPE, au printemps, a finalement servi de révélateur au profond malaise des facs.
 
Plus pauvre que ses homologues à l'étranger
 
C'est pourquoi, le 25 avril dernier, Dominique de Villepin a confié à Patrick Hetzel, recteur de l'académie de Limoges, la présidence d'une commission sur le thème «université-emploi». Patrick Hetzel remet sa copie à la fin du mois. Mais déjà, à Limoges, dans l'après-crise du CPE, les choses ont changé. «Les étudiants posent de vraies questions sur les débouchés d'une filière avant de s'y inscrire. Ils réfléchissent clairement à leur avenir. Ils veulent savoir où ils vont.» François Goulard, ministre délégué à l'Enseignement supérieur, a bien senti cette préoccupation lancinante. Il vient d'avancer l'idée d'une pré-inscription des lycéens dès février dans les universités. «Il faut tout faire pour éviter les erreurs d'orientation, confie-t-il, Les jeunes doivent rencontrer les enseignants avant de s'inscrire. Ils comprendront mieux ce qu'on attend d'eux.»
 
Autre problème : le financement. L'université française est pauvre. Bien plus que ses homologues à l'étranger, bien plus que les grandes écoles. Notre pays dépense en moyenne 6 800 euros par étudiant contre 9 000 euros pour la moyenne des pays de l'OCDE. À titre d'exemple, les étudiants en classes préparatoires dans l'Hexagone sont nettement mieux lotis : la collectivité leur consacre 13 000 euros par élève chaque année. La somme peut même atteindre 24 000 euros pour les écoles les plus prestigieuses. Pour comble, pas une université française ne figure en bonne place dans le prestigieux classement de Shanghaï.
 
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