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Publié par Le Cazals

Cet ouvrage est le parcours successif de trois textes aux registres différents (Manifeste, Traité parodié, Programme) qui portent chacun un régime de pensée ou métabolisme nuancé pour éviter les hyperboles  :

  • En premier vous avez un manifeste pour que les signes du bouleversement de notre époque soient aperçus et l’explication de leur effraction soit évidente. Cette livrée sert d’introduction de connivence  : «  nous nous sommes compris  ». Cette connivence étant la curiosité pour l’autonomie, qui n’est plus l’autonomie des individus mais de la société comme démocratie, car la société comme le peuple ne sont ni personne morale ni personne physique  ; peuple étant alors ce qui subi l’appel.
  • En deuxième, vous avez un traité de l’entendement infini où l’on comprend que c’est la Terre qui seul est sans appui, en ce qu’elle n’est pas idée donc pas d’échafaudage. Par la présence satirique de Pseudo-Denis vous comprendrez que c’est un simili-traité  : dès lors l’entendement n’est plus divin (Esprit), il est terrestre. C’est comprendre que l’idéal d’une vie sans appui, sans la solidarité des «  terribles  » est inutile puisque la seule chose qui soit sans appui c’est, pour nous terriens, la Terre. Elle est donc sans appui divin leitmotiv RovAM : « la Terre flotte dans l’espace » et sans lieu pour les âmes débat indiqué en note KtRT.
  • En troisième, vous avez un programme d’existence qui remet la puissance au sein de la connaissance. C’est poser la figure de la grande synthèse en une nature généreuse qui donne de la valeur de plusieurs types ou personnes. Ainsi vivre n’est plus défaillir mais se transformer pour être apte à un plus grand nombre d’activités. On oublie l’homme faillible pour aller directement à l’homme capable, pour court-circuiter la trajectoire de Paul Ricœur. L’un de ressort de ce parcours est la reconquête du paradigme métier, où se joue le vertige qui consiste à embrayer, à comprendre avec Nietzsche et les stoïciens qu’obéir c’est commander. L’autonomie perd là toute dimension individuelle et idéaliste pour celle de l’autolimitation et de la hiérarchie infinie. Nous sommes reconnaissants les uns les autres d’être libres où ceux qui commandent ne sont pas ceux qui dirigent, qui donnent la direction de l’avenir. C’est la différence déjà posée entre le stade de l’homme supérieur et celui du créateur.
  • Enfin, nous laisserons de côté la compréhension pré-phrastique propre à l'hémisphère droit de notre cerveau, là où l'occident, par sa grammaire de «  l'être  », a développé notre hémisphère gauche. Elle joue un grand rôle comme connaissance par fréquentation sous le nom d'intuition ou de sympathie et qui a son importance lors de toute rencontre. Par ce qui apparaîtra comme une dispersion ou une pensée de la divergence par rapport à l'ordre rationnel suffisant et non complexe, il s'agira de faire converger ces deux hémisphère, prouesse qu'on attribuait autrefois au «  génie  », mais qui n'est qu'en tant que sens de la Terre que la pensée du Dehors par le Surhomme, l'homme appareillé de sa nouvelle mémoire.

Voilà pour la petite synthèse. Il y a donc enfin une philosophie dont le présent dispositif d’inscription l’iceberg émergé . Bien qu’il ait été écrit sous l’ère d’acculturation Badiou-Sarkozy, elle porte tout du long les mêmes intuitions ou refus, qui l’on conduit à certaines voie elle se situe dans l’axe minoritaire indiqué par Deleuze qui est une reprise . Elle induit dès lors une tension avec Nietzsche pour être proche du conflit des   plutôt que de les négliger ou y être indifférents. Pour cela il faut indifférent au idées et à leur succédanées que sont les symboles. Il faut s’embarquer sur les métaboles que sont la fortuna et la virtù ou à la gana et au gusto (l’envie et l’entrain). La terribilità Vasari ne mène plus l’honnêteté docile et chrétienne mais au vertige où ceux qui savent-faire et qui savent obéir dirigent. On passe des symboles (que sont aussi les figures et les concepts d’un système) aux métaboles. Ce sont tous les modes antérieurs de compréhension qui revisités et balayés d’un coup, la compréhension phrastique infinie, la compréhension par appareil et échafaudage qui vise l’existence autonome et sans appui de la philosophie et la compréhension divinatoire des signes de l’avenir. Divin, Système, Aurore mène tous à une pensée du Dehors comme assomption de l’usage convergent de nos deux hémisphères cérébraux. Il s’agit de constituer une double synthèse, l’une petite prise dans ce livre, comme somme décadente de connaissances, l’autre grande prise dans les risques et les accomplissements de l’existence. Ce va-et-vient possible, sauf à être un programme a priori et non ajusté, est déjà entendu par Deleuze comme l’image du cristal, sauf que les connaissances mise en œuvres ici n’ont rien de virtuelles (signes n’ont rien d’inaperçus) et que les accomplissements n’ont rien d’actuel. S’il y avait un appareil «  affectif  » avec cet ouvrage, il tiendrait à ce qu’en font les lecteurs et qui affectera en retour la suite de manière contemporaine. A la science, à l’Etat et à la poésie, se substituent la connaissance, le métier civil et la   fantaisie, réunies en un homme elle formeraient une «  nature  ». Ce serait Vinci se substituant à Goethe, la Renaissance et sa synthèse reprenant le pas sur le classicisme et son analyse. Si les trois dimensions sacrées du Divin, du Système et de l’Aurore sont profanées et mise en notions communes (métaboles) et non en symboles mystiques (figures) ni en jargon ésotérique (concepts), c’est-à-dire une quatrième hyperbole qui se trouve être la discussion sans fin et la délibération en assemblée qui chasse le divin Détienne 1966, Vernant, le feu démocratique.


Toi  ! qu’es-tu d’intéressant à m’apprendre  ? Nous  ! qu’avons d’important à faire  ? Interpelle Pseudo-Denis sur l’agora et dans la boulée.


Bibliographie partielle  :
DesPS     Jean-Toussaint Dessanti, La philosophie silencieuse, ou critique des philosophie de la science, Paris, Seuil, 1975.
KtRT           Kant, Remarques touchant aux observations sur le sentiment du beau et de sublime, Paris, Vrin. Ne pas confondre avec Kant, Observations sur le sentiment du beau et de sublime, Paris, Vrin, 2de édition, 2008 (KtOS).
RovAM   Carlo Rovelli (2007), Anaximandre de Milet ou la naissance de la pensée scientifique, Paris, Dunod, 2009.

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Anthony Le Cazals 15/05/2012 18:24


Je reprends ici tout en les incréementant les 3 compréhensions et les 3 hyperboles notées par Patrice Loraux. Tout en fusionnant cela avec sa distinction des trois registres de livres. Qu'il y
ait des registres différents appartient autant au réalisme, qu'à l'idéalisme/irréalisme.


 


J'ajoute aussi les 4 métabolismes qui seraient l'apollinien (le logico-formel par ex. E. Todd), le mercurien (Yuri Slezkine), l'ivresse du délirant (socratique, démonique de Goethe, dionysiaque
de Nietzsche, sosie d'Einstein) et quelque chose approchant l'effort surhumain qui fait converger les précédents qui ont une tendance innée à s’ignorer.