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Publié par Les Etudiants de Paris 8

Pascal Quignard

écrivain, 1948-

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Biographie

Pascal Quignard est né en 1948 à Verneuil-sur-Avre (Seine-Maritime) dans une famille d'enseignants.Il grandit au Havre. Son enfance est difficile, il passe par des périodes d’« autisme » et d'anorexie. Adolescent, ses goûts se portent sur la musique, le latin, le grec et les littératures anciennes.

Après des études de philosophie, Pascal Quignard entre aux éditions Gallimard où il occupe les fonctions successives de lecteur, membre du comité de lecture et secrétaire général pour le développement éditorial.Il enseigne ensuite à l'Université de Vincennes et à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes en Sciences Sociales. Il crée le festival d'opéra et de théâtre baroque de Versailles qu'il dirige de 1990 à 1994. Il a également présidé le Concert des Nations aux côtés de Jordi Savall. Par la suite, 1994, il démissionne de toutes ses fonctions pour se consacrer à son travail d'écrivain.

Principales oeuvres

- Vie secète : Ni roman, ni essai, ni journal,, dépouillé de genre sur sa couverture, "meurtrier est ce livre sur une part confuse de ma vie": c'est la première fois que Quignard se livrait à ce point, car on parle mieux de l'amour en première personne. D'où les fragments autobiographiques qui se mélangent à une méditation fiévreuse, hallucinée, hagarde. Quignard fait toujours ce qu'il dit qu'il fera. S'expose ici, lyriquement, d'un seul souffle, une pensée subversive et forte sur l'amour, pensée qui voit loin et profond. Incarnée, elle n'est pas la pensée abstraite des philosophes. Le penseur y est impliqué, comme le rêveur dans son rêve. Dans cet éros de la pensée, vivre, écrire, ne sont plus qu'un seul continu. "Faire de la noèsis le desiderium. Une forme comme une marée (...) Un seul flot rythmé. Un seul flatus. Un seul flux. Une seule fluence. Une seule influence. Une seule lumière. Un seul afflux montant. Tel le désir. Le descendant est la jouissance".
Voir un très bel
article de Martine Broda  sur ce livre.

- Le sexe et l'effroi : Quand Auguste réorganisa le monde romain sous la forme de l'empire, l'érotisme joyeux, anthropomorphe et précis des Grecs se transforma en mélancolie effrayée. Des visages de femmes remplis de peur, le regard latéral, fixent un angle mort. Le mot phallus n'existe pas. Les Romains appelaient fascinus ce que les Grecs appelaient phallos. Dans le monde humain, comme dans le règne animal, fasciner contraint celui qui voit à ne plus détacher son regard. Il est immobilisé sur place, sans volonté, dans l'effroi. Pourquoi, durant tant d'années, ai-je écrit ce livre ? Pour affronter ce mystère : c'est le plaisir qui est puritain. La jouissance arrache la vision de ce que le désir n'avait fait que commencer de dévoiler.
 

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