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Publié par Anthony Le Cazals

Léon Chestov, philosophe russe errant de conféssion juive, réussit en se penchant sur les mathématiques chez Spinoza à admonester une sorte de vengeance de la loi rabbinique contre laquelle, au-delà de laquelle, toute la trajectoire de Spinoza a prévalue, trajectoire qui influenca le protestantisme dans sa lcture de la Bible non comme expression de la vérité mais comme cadre du Bien. Si les mathématiques ont permis aux hommes d'exposer la vérité, qui fait brèche dans le discours, alors elles possèdent une dimension morale sur laquelle Chestov met le doigt.

Vérité et mathématiques chez Spinoza.

"le système Spinoza est tissé de deux idées entièrement inconciliables entre elles. D'un côté, la conception "mathématique du monde (c'est elle qui a eu une importance "historique" et a rendu Spinoza si influent): tout dans le monde se produit selon la même nécessité intérieure selon laquelle se développent les vérités mathématiques. Lorsqu'un de ses correspondants lui reprocha de considérer sa philosophie comme la meilleure, il lui répondit d'une façon tranchante: je ne l considère pas comme la meilleure, mais comme la vraie. Et si tu me demandes pourquoi, je te dirai: pour la même raison pour laquelle tu considères la somme des angles d'un triangle comme égale à deux angles droits. A chaque pas Spinoza parle des mathématiques. Il déclare que les hommes n'auraient jamais connu la vérité si les mathématiques n'avaient existé. Seule les mathématiques possèdent la vraie méthode d'investigation, elles seules présentent le modèle éternel et parfait de la pensée, et ceci justement parce qu'elles ne parlent pas des buts ou des besoins de l'homme, mais de figures, de lignes, de plans, en d'autres termes, elles cherchent la vérité "objective" qui existe par elle-même, indépendamment des hommes ou d'autres êtres conscients." Léon Chestov

Les hommes libres sont par delà le bien et le mal.

Il faut en fait revenir en amont du raisonnement et comprendre que Chestov est avant tout un lecteur de Nietsche et Bergson, bien avant Deleuze, Chestov relève cette proposition de Spinoza : "Si les hommes naissaient libres, ils ne créeraient nullement le concept de bien et du mal tant qu'ils resteraient libres (Éthique IV)" il sufit de suite de connecter cela avec le chapitre IX de Par-Delà Bien et mal sur ce qui est noble :
 

Qu’est ce qui est noble ? > Télécharger le mp3 (Clic-droit, “Enregistrer sous…”)

 

La question des mathématiques se trouve alors reposée. Car pour Nietzsche, à la grande différence de Chestov la réalité n'est pas composé de traingle, de lignes et de plans, la vérité est femme en grossesse, danse rythmée par la musique. Mias pour Spinoza, comme y insiste Chestov, penseur de la révélation biblique, " Si vous voulez trouver la vérité, oubliez tout, et avant tout oubliez la révélation biblique, ne vous souvenez que des mathématiques. La beauté, la laideur, le bien, le mal, le bon, le mauvais, la joie, la tristesse, la crainte et l'espoir, l'ordre et le désordre, tout cela est "humain", tout cela est passager, et n'a aucun rapport avec la vérité. Vous croyez que Dieu veille aux besoins des hommes, qu'il a créé le monde pour l'homme, que Dieu poursuit des buts élevés ? Mais là où il y a des buts, où il y a le souci, la joie et la tristesse, là il n'y a pas de Dieu. Pour comprendre Dieu, il faut tâcher de se libérer des soucis, et des joies, et des craintes, et des espoirs, Res nullo alio modo... a Deo produci potuerunt quam productae sunt (Les choses ne pouvaient être créées par Dieu autrement qu'elles n'ont été créées (Éthique I)). Comme dans les mathématiques, tous les théorèmes, toutes les vérités découlent, avec une nécessité qui ne connaît au dessus d'elle aucune loi, de leurs concepts fondamentaux, ainsi tout dans le monde se passe avec la même nécessité irréversible, et il n'y a pas de force qui puisse lutter contre l'ordre de l'existence établi depuis l'éternité," Léon Chestov

Les hommes libres sont donc ceux qui se tiennent donc par-delà le Bien et le Mal, pour Spinoza ceux qui parviennent au Salut par l'Amour de Dieu sont dans la vérité tirée de la nécessité mathématique. La question pourrait être alors mais pourquoi en appeler au Salut qui n'est pas la Santé. Pourquoi un tel recours à la Vérité s ne se situe lui-même dans la pensée de Chestov, et qu'en comprenant que Spinoza n'a jamais cherché à se départir des habitudes communes, ou si peu, comme il l'énonce au début du Trait de la réforme de l'entendement. Pour preuve le conseil donné à un enfant de continuer à aller au catéchisme et la messe, étrange conseil pour un philosophe. La question des mathémtique devient alors celle de la séduction ou de la commodité d'exposition, car dès lors que l'on se situe par delà Bien et Mal, que l'on affirme le tragique de l'existence, ce n'est plus la vérité qui prime, auquel cas on la possèderait mais la danse, le style que l'on pose sur l'existence. C'est sans doute pour cela qu'Alain Cavaillès ou Alexandre Grothendieck avait une existence poussée jusqu'à la vie intense celle dépétrée de l'homonomie des abstractions, qui en appelait à un surplus de vie, tant la discipline mathémtiques conduit à une accumulation d'énergie, là encore c'est le chapitre IX de Par Delà Bien et Mal qui parle.

Ceci explique pourquoi l'accumulation d'énergie avant des types nouveaux plongent en avant se fera par la morale sous couvert de mathématiques. Ces types nobles qui surgissent avec leur intensité incomprises par la bêtise ou la médiocrité jalouse. Mais sans doute y aura-t-il une rupture avec la définition classique des mathématique qui exlcuant le "tiers exclu", recouvre sa logique d'une morale qui nie les existences, celle qui découle de la force accumulée dans le cadre moral mais qui se doit de se déverser sous la forme d'une mathématique quantique., de quelque chose qui n'est plus une science accumulée mais d'une sagesse à l'image du samouraï japonais (à la fois architecte-artiste-guerrier et sage zen) ou du hakin arabe (à la fois savant(guérisseur et sage). Cela s'est dejà produit en France au sein de l'IHES.
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