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Publié par Le Cazals

L’autonomie se rapproche d’une surhumanité, l’homonomie se rapproche d’une inhumanité, l’hétéronomie (la croyance aux Droits de l’Homme et BHL) n’échappe pas à la condition humaine : c'est-à-dire une humanité. Parvenir à l'autonomie c'est être en capacité de faire une plus grand nombre de choses. Pensons à cette aphorisme de Nietzsche "Renversons les valeurs : Toute capacité résulte d'une organisation heureuse, toute liberté résulte d'une capacité. Liberté est étendue ici au sens d'aisance dans la direction de soi ; tout artiste me comprendra" NzVP°I,246. Voici une lettre écrite à Alain Badiou.

 

 

Mr

06/08/06
et 23/08/06
Mr Badiou,
 
Votre pensée n’aide pas les opprimés mais elle les cadre, si elles ne les aide pas directement en leur redonnant l’énergie, elle évite que celle-ci ne se disperse. C’est-à-dire qu’elle a un effet dépeupleur. Si les opprimés s’en sortent ce n’est que par eux-mêmes. Vous parleriez à cette endroit de multiplicité des mondes qui ne communiquent pas en ce que vous n’êtes pas sensibles à leur propre vérité. De quoi s’en sortent-il, ils se sortent d’une situation de pourrissement, d’oppression, ils se sortent des structures et systèmes établis, y compris les institution et les organisation. Il se moque bien de la hiérarchie et s’il agissent pour leur peau, ils ne sont pas individualistes pour autant puisque c’est le système qui les rend ainsi. Bref, les opprimés ne sont pas les dominés pour reprendre la hiérarchie chez les rats. Les opprimés ce sont les (rats) souffre-douleur, ou comme dirait Nietzsche les affligés par leur passé, ce qui portent le fardeau de la hiérarchie (l’institution, la familles, l’état, la bureaucratie, l’exploitation salariale). D’où l’intérêt tardifs de Nietzsche pour les marins, les criminels, les anarchistes dès lors qu’il n’étaient pas nihilistes. Ainsi les souffre-douleur de toute situation d’oppression (et non de domination) sont caractérisés par une incapacité. Ils ne peuvent recouvrir leur capacité que si on les affectent activement (« positivement »). Mais ils ne seront jamais sujet à l’événement, puisqu’ils n’auront aucune fidélité au fait qu’il y ait du même et de l’autre. Le système les a rejeté parce que leurs valeurs n’était pas les siennes. Par ailleurs, étant passés dans leur trajet sinueux qui les a conduit à l’autonomie par la case des opprimés, il biaisent l’objection de Nietzsche : les hommes capables se fourvoient dans leur capacité (réussite, aspirations humaines ou hiérarchiques) sont incapables de juger librement. Mais c’est que l’autonomie, la capacité repars sans cesse de zéro, de l’intensité x=0. Les « hommes capables » comme les appelait Nietzsche n’ont plus besoin de juger librement puisqu’ils sont libres après avoir été dans la hiérarchie puis « affligés » par celle-ci de leur passé (chez les philosophes ceci se caractérise par une dépression, pour Deleuze on peut penser aux 8 années de trou DzPourp au sujet desquels Michel Tournier qui s’occupait à l’époque de Deleuze disait : « un génie n’est pas viable »). On devrai corriger, un génie seul n’est pas viable, c’est pour cela qu’il surgit toujours dans un milieu, une constellation affective. Sorti de cette période d’oppression grâce à des amis, des « tuteurs de résilience » pour Boris Cyrulnik, l’individus s’affranchit en formant ses propres armes (son propre langage – concepts – et sa propre temporalité qu’on peut nommer auto-affection ou création) et suivant ses propres intuitions. L’individu devient autonome et quelque peu « anarchiste », puisque c’est la seule manière de se détourner du système des représentations (hiérarchie ou hétéronomie) sans pour autant éprouver de la haine. Le système pour sa trop grande sensibilité a voulu lui faire la peau, ou plus exactement qui lui a rempli la tête de passions tristes, mais le résilient qui n’est plus un individu du système dominant est apte à un plus grand nombre de choses notamment la pensée, qui n’est plus dialectique, il a acquis une nouvelle capacité d’énergie que l’on nommait dans les années 60-70 : nouvelle subjectivité. Ceci est un perspectivisme, un chemin tracé que votre philosophie omet tout simplement, car votre axiomatique se situe juste avant la période d’oppression et par son « homonomie » elle ne fait que renforcer le système hierarchique en ayant pas un contre-pied suffisant pour pouvoir s’en défaire librement. L’homonomie est le fait qu’elle reconnaisse l’être ou la loi du Même à partir de laquelle elle pense l’Autre en posant l’événement). Vote parcours en liberté se situe là, il est difficile car vous tergiversez en quelque sorte face au ravin situé après la loi du Même, ravin que vous nommez vide de l’être et qu’avec la physique quantique on peut nommer gap ou bande d’énergie interdite. Mais je n’approfondis pas pour éviter de téléscoper la science sur la philosophie comme une métaphore.
 
Votre pensée (c’est le travers de l’envers) est compliquée, si elle était plus simple elle pourrait être plus complexe et adéquate avec la réalité. Mais respectons votre choix initial, simplement comprendre voter pensée agit sur le cerveau, en décuplant les facultés d’abstractions qui ne sont pas nécessaire à qui veut faire un grand saut dans la pensée non dialectique, dans la pesée qui tient compte des intimes intuitions (logos endiatitos). Ce n’est pas une pensée sophistiquée, mais une pensée plus subversive et plus autonome plus qu’elle se situe au dehors de la philosophie dialectique mais possède sa propre constellation affective de penseurs (ce fut le cas des physiciens quantiques plus que des mathématiciens génériques, ce fut le cas du doublet Deleuze-Guattari. Votre relation (en tant que sujet fidèle à l’événement qu’il y a du Deux) avec l’autre ne peut se faire qu’au travers d’un disciple non d’un pair, c’est une relation d’autorité, même si l’autorité au sens d’un Nietzsche éducateur a du bon aussi. Cette relation d’autorité Deleuze parvenait à la biaiser en parant à chaque fois de zéro même si dans ses dernières années quand il n’avait plus l’inspiration il a trop figé les choses autour de sa surface métaphysique (son plan d’immanence et les concepts qui le peuplait). Deleuze réduit à un individu serait autoritaire, mais il était plus et moins que cela par les intensités qui le traversaient. Il indiquait d’autres possibilités que la dialectique dominant-dominé (toujours hégémonique, morale, hétéronome, hiérarchique et représentative que l’on essaye ou non de la renversé par une révolution. Ce n’est pas affaire de cycle ou de sablier, car dans tous les cas l’Etat comme statu quo demeure et ne parvient à sa forme résiduelle. Vous faîtes certainement partie de l’homonomie non que vous soyez soumis à la loi du Même (sa récurrence) mais que vous le désigner (être ou retour du même) pour mieux vous en écarter (fidélité à l’interprétation-événement qu’il y aurait du Deux). Ainsi peut-on résumer au plus court l’être et l’événement. Reste que vous rejetez toujours l’autonomie ou l’anarchie comme minoritaire et vivante et vous avez raison. Seulement le couronnement de l’autonomie n’est pas à entendre comme une victoire, auquel cas on serait dans un rapport dominant-dominé. On nierait alors la distinction entre autonomie et hiérarchie entre lesquels vient s’insérer votre homonomie. On se barrerait toute possibilité de libération (« émancipation ») vis-à-vis de l’infini puissance erratique et arbitraire de l’Etat.
 
Je suis content de pouvoir vous exprimer tout cela sans animosité. Vous fonctionner comme les structuralisme dans une axiomatique qui recherche non le même mais les genres homologues, qui rend homogène les élément variable auxquels elle s’applique, pour pouvoir mieux les numériser, les allitérer. Pensons à la puissance de la lettre dans les formule mathématique. Mais une formule mathématique à l’heure actuelle comprend-elle un point rupture, un gap qui ne soit pas dans le simple point de rebroussement ou d’inflexion propre au continue. Le zéro et l’infini semble empêche le fini-illimité physique des matériaux semi-conducteur comme les diodes. Ce qu’est le fini-illimité, en amenant un courant fini à celle-ci on laisse passer un courant plus important de manière illimité. Mais c’est l’idée pour ne pas en rester qu’à cela et galvauder notre pensée dans une métaphore, de reprendre en soi, de réembrayer sans arrêt à partir d’élément simple qui se complexifient avec le reste, avec qui était avant. Il y a une forme de tension qui se met à avoir sa propre autonomie, sa propre faculté à résoudre les problèmes, indépendamment de toute substance suprême. L’éternel retour vaux pour soi-même, c’était la douceur que lui trouvait Nietzsche, et c’est ce que l’on comprend dans la situation des rats enfermer dans une boîte, chacun a ce qu’il a l’effort d’aller chercher, on ne souffre pas d’éternel retour, sauf à vouloir l’imposer, sauf à vouloir comme Nietzsche à un moment donné en faire une loi suprême et terrifiante. Ce sont les situations qui sélectionnent et la prise de risque que l’on a par rapport à elle. Ces situations se répètent bien souvent mais parfois embrayent sur quelque chose de différent et là on a dépasser l’horizon de l’événement. Mais ensuite il n’y a plus événement, c’est sans doute pour cela que Deleuze disait qu’il communiquaient tous en un, tous dans le premier événement, mais passer sa barrière, on ne pense plus suivant l’événement, suivant qui fait de manière « incompréhensible » qu’il n’y a plus événement. Prenant en compte votre démarche
 
 
Si l’on dit qu’il y a du Deux et plus encore. Tout en restant indifférent au principe de non-contradiction puisque l’on a pas poser la contradiction . remarquez bien que je ne me contredit jamais ou si cela arrive c’est que l’on véhicule de simple opinions, que l’on est tantôt dans les intensités faibles de l’hétéronomie, tantôt dans l’homonomie, tantôt dans l’hétéronomie et ses intensités inouïes. D’où la question qui parle chez Nietzsche qui revient à se demander quelle loi parle à travers nous et jusqu’à quel point trichons nous avec nous-mêmes, avec notre propre inconscient. Mon propos reste simple et non sophistiqué.
 
Imaginez que vous donniez (pure spéculation pour essayer de figurer ce que l’on peut déclencher) un livre à rat autonome, celui-ci qui n’est pas focaliser sur l’objectif de se battre pour sa nourriture, de rentrer dans le petit jeu de ce que vous nommez trop injustement le matérialisme démocratique, bref s’il n’est pas focaliser sur sa propre survie qui au fond dépend des autres. Alors il lira peut-être le moyen de se forger des outils pour s’échapper de la boîte, pour créer ce que Deleuze nommait une ligne de fuite et que l »on peut appeler de tas de manières différentes. Heureusement les choses sont beaucoup complexes et l’on a des rats imprimeurs ou informaticiens, des rats diffuseurs et surtout des rats penseurs qui ne sont pas tout à fait des rats écrivains focalisés sur eux-mêmes et au fond sur la domination de leur discours qui leur apporte de la nourriture.
 
Quand j’ose vous dire que vous renforcer le système, j’entend par là que vous critiquez le capitalisme en tant que discours libéral non sur son fonctionnement réel, et que vous n’êtes pas sorti du système dominant-dominé puisque que vous n’indiquez pas de porte de sorti : au-delà de la limite de la loi du même (des multiplicités) il y a le vide de l’être qui vous impose un trajet singulier mais que rare sont qui peuvent le suivre contrairement aux résilients et affranchis comme Spinoza, Nietzsche qui ont « résilié » le système des représentation sur lequel vous vous êtes rabattu. Le libéralisme – entendons le discours qui masque la réalité du capitalisme – a besoin de l’état, de l’état régalien qui maintient l’ordre et assoit sa violence pour régulariser les inacceptables injustices des personnes qui veulent tout attirer à eux (les politiciens les premiers). Trop de sérieux tue la joie. Si vous pouvez être joyeux sans institution ou organisation alors vous « vainquez » le système ou plutôt y êtes indifférent ce qui est pire. Votre philosophie feu ce jeu là, en nécessitant le recours à l’état, en réclamant des institutions à l’abri desquelles ont maintient sa maladresse. Jamais il n’est dit sortez de l’institution et apprenez un métier (comme Spinoza ou Schopenhauer) ou vivez d’une rente (comme Nietzsche). C’est le recours au Bien en tant qu’il arrête la régression à l’infini des idées en obligeant à un choix majeur vous place dans une position paradoxale (à l’envers) entre la hiérarchie du système des représentations et l’autonomie d’une constellation affective qui fait que si souvent vous dites avancer en solitaire, c’est que vos amis ou vos maîtres sont morts ou plus exactement dans la lignée des « immortels ». En pendant de cela, chez Deleuze il y avait toujours ce besoin de croire, qu’on soit chrétien ou païen, il nous faut croire en quelque chose, c’est la « croyance en la terre » par exemple dans Mille Plateaux, croyance qu’il aurait voulu étendre à l’univers en bon spinoziste. Au fond Deleuze seul, quand il ne délirait pas beaucoup, était dans une forme d’hétéronomie, croyance en l’un que vous avez très bien relevé, Mr Badiou. Mais il ne disait par ailleurs nous ne comprenons pas Nietzsche, nous ne comprenons pas Spinoza, ou plutôt pas assez devrait-on dire. C’est que son autonomie n’avait pas de largeur, elle se limitait à une ligne ou bordure : la fonction Anomal comme ligne (DzMP et DzD_54), la position du schizophrène en bordure de la tribu (DzMP), mais il n’a pas posé tout de suite ce qu’il appellera une constellation affective (DzCC_84), reprenant l’agencement collectif qu’il avait formé avec Foucault et surtout Guattari. De ce point de vue, vous intervenez comme un dépeupleur, celui qui impose un temps le désert.
 
C’est de ce point de vue-là que je me permets, en toute amitié, d’être incisif à votre égard dans le mémoire que vous aurez l’occasion de lire, non que je nie les vérités que vous relevez, mais qu’elle n’ont peu d’intérêt à « mon » goût, qui n’est pas le goût de tous, je vous rassure. Ce sont plus les opinions autoritaires que parfois vous avez sur Nietzsche qui sont gênantes, de la même manière que Deleuze en autonomie avec Guattari vous paraissait être un fasciste. J’espère ainsi avoir supprimer toute dimension romantique, poétique ou sophistiquée dans ce discours. Ainsi c’est à votre pensée de prendre en compte la constellation (plus que la lignée) dans laquelle se situe une pensée subversive, autonome, affective et « anarchique ». Elle se place en exception, j’y participe effectivement et affectivement. Mais me réduire à un sujet serait omettre la résilience (ou rédemption pour Nietzsche) à laquelle je participe de surcroît et qui n’engage pas que « moi » et de même tout ramener à vous selon votre axiomatique n’avancerait à rien.
 
L’autonomie se rapproche d’une surhumanité, l’homonomie se rapproche d’une inhumanité, l’hétéronomie (la croyance aux Droits de l’Homme et BHL) n’échappe pas à la condition humaine : humanité. Pour parler de manière imagée, je cherche à vous mettre face au ravin, plutôt que de vous voir avancer à reculons, à l’envers, c’est comme si vous tergiversiez plutôt que de sauter, c’est comme si vous restreigniez plutôt que de tomber dans le désastre. Plus simplement plus pragmatiquement je ne cherche une conjugaison de nos efforts, car il faudrait avancer de manière simultanée, les différentes sciences n’arrivent déjà pas à le faire et ne pourront jamais s’unifier. Ceci afin d’éviter tout idéalisme. Je dirais simplement qu’au minimum vous me servez à cadrer le saut, en éviter de m’éparpiller. Contrainte qui offre une richesse et une liberté plus grande. Ce saut dans un absolu c’est ce que Deleuze appelait déterritorialisation absolue. Sans doute la même « absoluité » que vos vérités éternelles, sauf qu’il s’agit de faire ce saut au présent, en toute éternité, en pleine intensité et non de s’y soustraire en immortel, pour preuve la théorie des ensembles (générique ou constructiviste) qui sont pour vous l’un des plus efforts intellectuels de l’humanité. Le sens commun s’imagine que l’éternité ne peut se vivre au présent. C’est qu’il y a une éternité autonome et intensive au présent, une immortalité. Vous restez prisonnier du discours, si l’on prend le discours comme « l’entrelacement des natures génériques » (Platon, Le sophiste, 260a). Par les vides qui vous occupent (vide de l’Être, vide du à la fois penser et être, vide de l’espace des vérités), c’est un peu comme si vous vous donniez des excuses pour ne pas sauter, comme si vous vous encombriez les poches des cailloux, d’une collection de cailloux.

 

 

 

 

 

 

/Lettre 9 à Alain Badiou. le 6/8/6 enrichie le 19/8/6 /

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