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Publié par Le Cazals

Toute ta réflexion (cher Sancho) porte sur l’existence (même nihiliste) pais pas exactement sur une existence active (qui est non une existence qui prône l’action mais une action qui porte sur la pensée et par relais développe l’action). Bref toute ta réflexion porte sur la science du comment vivre et non sur la pensée. Bref ce n’est pas que la pensée soit autonome du reste mais c’est qu’une fois active elle possède un supplément d’âme qui fait que quelque chose se libère. !certainement que la pensée seule puisse nous faire atteindre des intensité inouïes (qui présage de ce qu’est le surhomme, auto-affection d’une constellation de penseurs qui s’affectent de joie les uns les autres. Ce n’est plus le livre V de l’éthique pratiqué de manière solitaire mais de manière collective. C’est une constellation affective CC_85. Tu peux me prendre pour un fou, mais il se trouve que, dans un domaine tout autre que la philosophie à savoir la science, Niels Bohr a résisté aux réfutations de la pensée transcendantale d’Einstein. C’est la seule révolution qui ait fonctionné au XXème siècle parce qu’elle portait non sur la réalité mais sur des modèles et des théories incomplètes. Toutefois la réalité est modifiée au second degré au travers par exemple des nano-technologies. L’involontarisme de Deleuze (l’apparent manque d’intérêt pour l’action dans son œuvre) vaut le bras de levier, les lignes de fuite qu’il libère. Celles-ci ne concerne jamais toute la société, l’autonomie est toujours minoritaire mais elle affecte en premier les opprimés. Les opprimés de tout bord ont toujours servis de faux prétexte aux dominés pour les révolutions, mais s’il renversait le rapport dominés-dominants ils ne l’annulaient nullement. Les opprimés ce sont les ‘rats) souffre-douleur, les affligés par leur passé. Les opprimés ne sont plus tout à fait dans le système dès lors qu’il acceptent de résilier le contrat qui les y lie, dès lors qu’il rejettent les valeurs du système. Ils entre en résilience comme dit Boris Cyrulnik. Mais finalement on ne sait pas ce que peut un résilient, un ex-déprimé ou opprimé une devenu autonome. Autonome il est apte à un plus grand nombre de choses, il est en capacité comme on dit mais il n’est pas fourvoyé dans la réussite, la performance à tout prix, le profit qui sont les aspiration humaines de notre société actuelle. Quand Spinoza disait qu’on ne sait pas ce que peut un corps cela concernait avant la dite relation de l’âme et du corps et la prétendue supériorité de l’âme sur le corps DzD_76. C’est la même chose avec Deleuze où le geste consiste à ne plus avoir l’attitude du philosophe, de jouer trop sérieusement au philosophe (cf. Nietzsche, Schopenhauer éducateur). Il ne s’agit pas d’en porter le masque, attitude d’acteur, mais plus certainement de devenir imperceptible jusqu’à ce qu’ils puissent [ne plus] se faire voir Nz. On n’est plus dans la réciprocité entre visibilité et lisibilité qu’à très bien vu Foucault et qui est propre à un système hiérarchique et représentatif, mais on est dans une zone d’autonomie, de dépersonnalisation, un peu comme l’électron avant on ne l’enferme dans une boîte quantique pour mieux le coder et le contrôler : un bit. En dernier lieu, nous dit-on, la volonté, la conscience devra prendre une décision, choisir un des éléments, privilégier un des prétendants mais on est loin de l’involontarisme de Deleuze. Tout acte parfait est inconscient cf. NzVP1°248. Cet involontarisme n’est pas un goût pour la passivité même si Deleuze l’apprécie par ailleurs, mais c’est une inconscience, une naïveté contre-balancé par un délire, une attraction vers un dehors autonome par rapport à la philosophie académique et dialectique. Mais ce dehors et aussi un dedans, puisque autonome. C’est qu’il n’y a plus de dedans ni de dehors, ce qu’il n’y a pas de franchissement de la limite, de transgression de quoi que ce soit.

Ce qui m »intéresse alors ce n’est pas la personne Deleuze, mais la temporalité que lui et Guattari ont créé indépendamment de tout système (hégémonique, hiérarchique, représentatif bref hétéronome. Le temps, disait Deleuze c’est la possibilité de s’auto-affecter. Les philosophes se targuent parfois d’atteindre cette authenticité du temps qui est un effort sur soi pour se tenir loin du système du quotidien et de ses contrainte contingentes. Deleuze et Guattari (D^G) sont parvenus à s’auto-affecter l’un l’autre de positivités, telles les notions communes ou concepts actifs de Spinoza. Ils ont réussi à se dépersonnaliser tout en se singularisant l’un par l’autre. Echange affectif. C’est cela la création. C’est la première fois dans l’histoire où l’on a assisté à une amorce de surhomme. On y a assisté au sens que cette fois-là ce fut inscrit, permettant ainsi à d’autres d’embrayer le pas. Deleuze et Guattari (D^G) dans leur effervescence des années 70 (et non après), se sont intéressés aux intensités (les corps-sans-organes par exemple) et peut-être moins qu’il n’y paraît aux événements et aux phénomènes. Le « monde » intensif ou affectif (à ne pas comprendre comme passionnel ou sentimental) ne rentre pas dans la réciprocité binaire et interprétative de la quantité et de la qualité qui a valu d’Aristote à Hegel. L’autonomie ne rentre pas dans la hiérarchie, elle tend toujours à s’en échapper, à ne plus s’y faire voir. La réciprocité ou antagonisme entre quantité et qualité est hiérarchique propre au système dominant (pour Hegel et Aristote c’est le discours le logos). Cette réciprocité est hiérarchique car l’un des termes prend le dessus. L’événement cherche par contre à la rendre repérable cette autonomie par rapport à la quantité et la qualité.

 

 

 

 

 

Afin de prendre en compte le maximum de possibilité de pensée, Platon et Badiou se situe dans le champ libre de ce que l’on nomme l’homonomie (ni autonomie ni hétéronomie) en ce qu’ils posent la loi du Même. C’est à la loi du Même qu’obéirait le monde sensible. le Même était un genre suprême pour Platon qui assimile tout ce qui est semblable et homologue mais ne permet pas de comprendre les différences. Platon comme Badiou pose le Même pour mieux s’en écarter au travers de l’Autre, pour mieux se retourner vers les vérités absolues d’un monde intelligible mais inefficient. Platon et Badiou, au travers de l’introduction de l’Autre dans la pensée, du genre abstrait de l’Autre. Mais dès lors on ne peut saisir les processus de la vie, pire ceux-ci nous empêchent d’étendre la domination de nos genres homologue, un peu à la manière de Hegel se demandant pourquoi la nature était si rétive à sa pensée dialectique. On finit au bout d’un certain temps par éprouver du ressentiment, de l’incompréhension à tant de sourde-oreille, alors on se retire dans sa tristesse. Et quand on vit, suffisamment comme Platon, la vieillesse aidant on se met à calomnier les dits « sophistes », les poètes, les artistes et on en appelle à les tuer. Ce que Badiou appelle le « désastre » des Lois.

 

 

Bon dès à present je deborde sur la notion de génie de daimon si l'on veut :)

 

 

 

 

Indiquant une tout autre direction, on voit que ce qui compte c’est la joie, ou plutôt l’action dans la joie plus encore qu’une ivresse pleine d’illusion et aux lendemain qui déchantent quand l’excitation est retombée, car là aussi ressurgit le ressentiment, la révolte qui n’est qu’une forme de ressentiment. Il faut précisément que cette joie soit sans substance (sans substance spirituelle ni éthylique) c’est-à-dire qu’il ne faut pas que cette joie soit tourné vers autre chose (hétéronomie, transcendance, addiction, pouvoir) mais valet pour elle-même (autonomie, anarchie vivante, capacité, puissance). Chez Bergson par exemple dans les Deux sources de la morale et de la religion, la société ouverte à laquelle il aspirait était indiquée ou stimulée par des mystiques tournés vers Dieu. Pour lui les mystiques qui apparaissait au hasard relevait de la génialité. C’est que les génies ont de tout temps été individualiser, ramené à une personne pour qu’au fond il n’en apparaisse qu’un minimum. L’Etat ou l’église ont de tout temps sanctifier le virtuose ou le saint pour ne pas que l’homme libre puisse forger ses propres outils, ses propres armes. C’est bien pour cela que Nietzsche se demandait comment les philosophes aient pu être libres sans pour autant devenir des fous ou des virtuoses NzLP°193_148. C’est-à-dire des personnes prisonnières de leur propres capacité mais qui ne peuvent en juger librement. Si l’on sait dissocier la personnalité (caractère) de la personne ( on voit que le génie au fond est collectif, la libertés des grecs, leur capacité n’était pas le résultat de grandes individualité mais celui d’un milieu, d’un agencement collectif, de ce que Deleuze appelait une constellation affective (en pensant à Foucault, Châtelet et Guatari vivants et Nietsche, Bergson, Spinoza repris). Si l’on parle de « génie » c’est qu’il arrive comme une comète mais qu’il est incapable de se faire comprendre de son vivant les grands exemples sont Lucrèce, Spinoza et Nietzsche. Mais ni le génie ni le talent ont leur importance, car ceux-ci repose plus sur un reconnaissance qui emprisonne que sur une compréhension mutuelle qui elle décuple les forces. Le « génie » est l’affranchissement d’un opprimé, pensons à l’excommunication de Spinoza, à la déportation de Dostoïevski, à la minorité que constitue Kafka mais il est surtout collectif (ou impersonnel) car il tient aux intensités qui circulent et qui se focalisent sur un individu de la communauté, souvent l’individu le plus « sensible ». Sensible veut dire qu’il sait voir des signes auxquels les autres ne prêtent pas attention et qu’ainsi il est porteur d’intensité inouïes et non perçues, mais supportant difficilement cela il est un individu dégénérescent, oppressé, parfois un souffre douleur. C’est à cet individu de savoir s’oublier un temps pour ensuite former un collectif (internet permet d’en former des disparates) où puisse s’échanger des positivités et des affects actifs. Bref ceci est une recette pour créer des effervescences qui doivent savoir ne pas se faire voir du pouvoir (Eglise comme Etat). Celui-ci ne supportant pas qu’on lui spolie ses tristesses, celles qui nous poussent à réclamer du sérieux et des responsables, bref des petites vies.

Et histoire de devier encore plus... Il y avait le « génie » d’Einstein qui avait un mode d’exposition de sa pensée encore kantien (transcendantal mouvement circulaire des conditions à ce qui est donné) et puis il y a eu l’extraordinaire effervescence autour Niels Bohr (Copenhague) et Max Born (Gottingen) qui fit naître la physique quantique, celle-ci s’appuyant sur une pensée post-kantienne. Un seuil était franchi qui faisait que si les sciences n’avançaient pas uniformément, il étais cette fois-ci impossible d’unifier les différents type d’interactions. Ce que ne parvint à faire Einstein de son vivant, qui avait rejeter la théorie quantique dans un premier temps. Mais entre la bombe atomique et le GPS et la révolution informatique basé sur les théories quantiques, il n’y a pas photo. La théorie quantique a profondément modifié notre rapport à ce qui nous entoure. La collectivité stellaire est certainement allée plus loin que la comète isolée, l’effort fourni n’étant pas le même.

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oyseaulx 08/11/2006 13:15

Lorsque Deleuze dit que le temps est la possibilité de s'auto-affecter, il n'est pas sûr qu'il s'exprime pour son compte. Ne serait-ce pas plutôt une allusion aux paragraphes 24 et 25 de la seconde édition de la Critique de la Raison pure ? On peut toujours penser qu'il reprend à son compte une doctrine kantienne. Mais dans ce dernier cas, on ne voit pas ce qu'il apporte encore de nouveau par rapport à Kant, sur ce point du moins.