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Publié par Anthony

Comme le dit Sancho, ici, les pensées dépressives sont les pensées qui réfléchissent à ce qu’est l’être.

Ce qu’il fallait sans doute le dire quant à Deleuze. Simplement parce que ce sont des pensées de l’être qui n’arrivent pas à en finir avec la métaphysique. Derrida disait de mais sa déconstruction ne fit que renforcer la métaphysique, sa philosophie de l’absence et du deuil ne fait que renforcer la mélancolie propre à la métaphysique. Chez Foucault cela se retrouve dans son rapport intime avec Heidegger et sa pensée de l’être. Chez Deleuze, le plan d’immanence n’est qu’une surface métaphysique qu’il surinvestit et de part et d’autre de laquelle se déploie les scientifiques fantasment sur la chose en soi et les artistes sur le virtuel (en soi). Mais il faut savoir sortir de ces binarités même si elles sont asymétriques. Mais attention, à tirer dans les pattes de la pensée formelle de Deleuze, on en oublie le pendant subversif de sa pensée (celui qui pris toute son ampleur avec Guattari). On peut tomber dans une pensée complexe (propre à la dichotomie et à ce que les scientifiques appelle la brisure spontanée de symétrie) sans avoir une pensée sophistiquée, mais une pensée qui a d’abord été expérimentée dans le texte et dans la vie. Le texte étant un reflet d’autres vies. Les binarités s seront toujours asymétriques entre un prétendu invisible et le visible qui s’en déduit, entre la métaphysique et la physique. Simplement les philosophes ont de tout temps fantasmer la métaphysique parce qu’ils ne parvenaient à relever la réalité, à s’en accommoder.

Poser l’être (« mais je ne l’ai vu nul part celui-là, c’est-à-dire l’englobant d’un système qui décompose tout selon une hiérarchique, selon une représentation), c’est être d’emblée dans la métaphysique. Se dire indifférent à l’être, sans même se donner la peine de dire que l’être. Comme nous l’avons montré en introduction d’un autre article la substance n’existe pas, c’est un concept auquel ont recours les philosophes pour expliquer une image du monde mais il n’y a aucune réalité qui y corresponde. Mais alors s’il n’y a pas de substance se pose pour les philosophes le problème de la consistance des choses. Une chose, une relation, un dispositif existerait, mais sommes non réellement sortis du problème de l’être et de la substance. Se demander si quelque chose existe paraît incongru, on peut la saisir ou mieux l’observer (de manière visuelle ou non) avec des instruments que nous mettons à notre disposition. La consistance est problème dérivé de ce qu’on a supprimé la substance, c’est-à-dire le principe de permanence de la matière. Toutes ces choses bien compliquées qui nous empêchent de penser plus simplement c’est-à-dire non en contemplant un réel, mais en étant dans l’action plus adéquat avec la réalité, c’est-à-dire plus joyeux. Nous nous éloignons par la même des pensées dépressives. Etonnant, non ?

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sancho 27/08/2006 22:50

Je ne sais pas si on peut vraiment dire qu'il y a chez Deleuze une véritable philosophie de l'être. L'être est ce qui comprend tout, une pensée de l'être ne doit donc pas être marquée de case vide. Or, il y a une case vide chez Deleuze. Dans la Logique du Sens, c'est ainsi qu'est qualifiée l'instance qui parcourt l'entre-deux des séries divergentes et les fait converger. Il y a le même dispositif de pensée chez Lacan. Il Il faudrait s'interroger sur ce qui vide cette case vide. 
 Moi, j'y vois un acte subreptice de la pensée, qui fait le vide quelque part, qui crée pour les besoins d'une cause, un point sans assignation, pur lieu de virtualités, pur lieu d'actualisations. Et pourquoi? Quel en est l'intérêt? Il s'agit de régler un problème épineux relatif à l'altérité, dans une modalité sauvage et impossible à maîtriser. Il s'agit du surgissement inattendu de quelqu'un, moi par exemple, ou toi. Moi, en effet, je ne surgis pas du tout au lieu de la "subjectivité", de la "personne", de "l'intériorité", lieux neutralisés par Deleuze et par d'autres. Je ne surgis pas sous la figure du "même", lieu que la philosophie s'emploie à colmater depuis Platon, croyant que le danger de déstabilisation viendrait de là. Non, je surgis comme l'événement d'autre chose que tout champ de pensée (ma naissance n'étant pas pensable). Cette altérité-là, dans une philosophie qui ne vise aucune révolution, doit être à tout prix neutralisée : case vide.  L'intérêt de cette case vide est de signaler que tout se passe ailleurs : dans le déroulement des séries, dans les excroissances rhizomales, dans les devenirs, dans les déterritorialisations. Où l'on voit que Deleuze n'est pas si subversif qu'on le dit.
Par ailleurs, il y a un non pensé dans l'impersonnalisation de la pensée chez Deleuze. Car une authentique dépersonnalisation ne peut se faire qu'au sein de la personne : c'est un peu le mouvement qui va de Saint Augustin à Descartes, via Montaigne. Or ce que fait Deleuze, c'est un simple évitement. il met un cache sur le moi et la personne, pour détourner le regard. C'est encore une fois l'incomplétude dans sa pensée de l'être ou du devenir, et donc son chemin à demi arrêté, sa limite plutôt.
Ceci dit, le plan d'immanence, c'est une très belle idée métaphysique. Mais le plus profond geste de Deleuze à ce propos, c'est d'arriver à en sonder quelquefois tout l'embarras métaphysique et de le traduire par un mot clé : vibration. Le plan vibre, et c'est là tout ce qu'il est.
Quand je disais que l'ontologie était la pensée déprimée, je parlais de toute ontologie qui essaie de se constituer sur la base de la case vide, de la forclusion, de l'oubli de l'oubli, de la rature, etc. Ca en fait beaucoup évidemment : Heidegger, Derrida, Blanchot, Lacan, Deleuze...      

Mr. le Réfracteur en Chef 24/08/2006 11:12

Sur l'ontologie du devenir et des multiplicités chez Deleuze, cf. Manuel DeLanda, "Intensive Science and Virtual Philosophy", New Ed, 2005.

Paris 8 philo 24/08/2006 13:51

Référence intéressante, merci.
 
Simplement toujours pour continuer notre propos. Il revient aux philosophes, aux esprits libres de savoir ne pas se faire voir, de devenir-imperceptible par rapport au système des valeurs admises admises (morale). Avec la disctinction entre le virtuel et l'actuel, il y a un risque, c'est de substntialiser le virtuel de faire que le virtuel soit En soi. Les artistes parfois court après le Virtuel en soi (cf. Mémoire pure chez Bergson) et les scientifiques arpès la chose en soi, mais à partir de là ils oublient de vivre, il sont soumis à une exigence vitale mais n'ont pas la liberté, celle qui fait que nous sommes reconnaissants à ceux qui nous rendent libres. Je parle ici simplement de mon expérience personnel, car au fond l'En soi (Idéalisation) n'est pas le même pour tous. Ce qui faot que nous ne sommes pas libres les uns les autres. Ce qui fait que Nietsche se demandait à ses débuts, comment les anciens philosophes aient pu être si libres sans pour autant devenir des fou ou des virtuoses NzLP°193_148. Ils avaient créé un continuum de pensée oue constellation affective. C'est pôurquoi nous ne personnalisons pas la pensée autour de Deleuze et nous intéressons davantage à Deleuze-Guattari, histoire de prendre le contre-pied de la majeur partie des thèses universitaires :).

Mr. le Réfracteur en Chef 24/08/2006 11:06

Deleuze ne produit pas une pensée de l'être, mais du devenir. Il n'y a pas de pensée de l'être chez Foucault ; il n'y a plus trace d'un rapport intime avec Heidegger après Les Mots et les Choses (1966). Assimiler la soi-disant pensée de l'être à une pensée dépressive est au mieux un sophisme très spirituel ; mais j'ai bien peur que, simplement, ça ne veuille rien dire. Etonnant, non ?

Paris 8 philo 24/08/2006 12:55

Deleuze produit une pensée de l'être (ontologie revendiquée) mais ce n'est pas le cas dans sa collaboration avec Guattari. Seulement à parler de devenir voir à la substantialiser sous la forme d'un devenir pur (ce que faisait Deleuze dans Logique du Sens), on tombe dans le piège de l'éternel devenir (que dénoncait Nietzsche, j'essayerai de retourver la référence), celui qui n'inscrit rien. L'autonomie n'est pas une simple ligne, une simple fonction anomale. C'est ce que nous essayon,s de monter par ailleurs et c'est précisément pourquoi Deleuze ne parvenait à "épuiser" Mille-Plateau, pourquoi lma richesse de ce livre éctrit en collaboration le dépassait. Histoire de ne pas tout centrer sur Deleuze, notre époque résonne étrangement avec les physiciens grecs (Democrite, Heraclite, Anaximandre et bien d'autres...) et la liberté de ces premiers. Affranchissement que Nietzsche a essayé de rerpoduire dans la tête des philosophes à venir. Précisméent ici nous cherchons à ne pa personnaliser la penser c'est-à-dire de poursuivre la dépersonnalisation qu'a amorcé Deleuze (se dépersonnaliser était ce qui lui imortait le plus si l'on en croit sa Réponse à un critique bien sévère in Pourparlers)
Mais merci pour ce commentaire.
PS : Sancho appréciera indirectement de pratiquer des sophismes. :-( J'essayait de nuancer son propos. La pensée de Deleuze en certaines parite est encore chargée de Métaphysique ou de pensée de l'un comme le suggérait Badiou. Il faut savoir tenir compte et de Sancho, et de Badiou et de Bien d'autres, et ne pas rester un deleuzien béat. :-p, Sa pensée a une période avant et après son acmè comme il le dit lui-même (même s'il n'iame qu'on parle de périodes).