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Publié par Les értudiants de Paris 8

Saint-Augustin

philosophe chrétien, 354-430

 

 

 

Saint Augustin est, chronologiquement parlant, le premier grand philosophe chrétien de l'histoire. Son action fut autant politique que doctrinale. Son œuvre est immense. Saint Augustin est d'abord un philosophe chrétien et, bien sûr, toute sa pensée en est influencée. Mais il a aussi lu Platon, le néo-platonicien Plotin (204-270). Il tente de réaliser la synthèse du christianisme et du platonisme.

 

Vie de Saint-Augustin

Aurelius Augustinus naît le 13 novembre 354 à Thagaste en Numidie (aujourd'hui Souk Ahras en Algérie). C'est un romain d'Afrique, issu d'une famille assez modeste : son père, Patricius, est un petit propriétaire foncier. L'éducation à donner au jeune Augustin cause de la tension entre les parents car le père reste attaché à la religion du paganisme romain alors que sa mère, Monique, est une fervente chrétienne (l'Eglise la fera Sainte Monique). Augustin sera élevé dans la religion maternelle. Augustin reçoit une formation intellectuelle solide et envisage un temps de devenir avocat mais, en réalité, devient professeur dans sa ville natale, puis à Carthage, où il fonde une école de rhétorique, et enfin à Rome et Milan. Pendant cette période, au désespoir de sa mère, il s'éloigne de la religion de son enfance, menant une vie intense, une vie de débauche, dira-t-il dans les Confessions, une vie tourmentée, divisée entre son amour pour la femme avec laquelle il est lié depuis l'âge de 17 ans (et dont il a, en 372, un fils, Adéodat), sa passion pour la littérature et le théâtre et ses inquiétudes métaphysiques.
Il découvre la philosophie vers 15 ans, en lisant Cicéron, mais c'est d'abord au manichéisme qu'il se convertit. Cette religion connaît à cette époque une grande expansion. Elle enseigne une vision dualiste et tragique du monde (le conflit entre le Bien et le Mal) et préconise une morale ascétique par laquelle l'âme ferait son salut en s'arrachant au monde mauvais. Augustin, déchiré par ses conflits internes, est séduit par cette doctrine et y adhère pendant 9 ans. A son arrivée à Milan, il s'éloigne déjà du manichéisme. Il subit alors l'influence du grand théologien chrétien Ambroise (plus tard Saint Ambroise) qui lui fait découvrir le néo-platonisme. Il se tourne alors vers le christianisme, mais cette adhésion intellectuelle n'est pas encore décisive.
C'est dans un jardin de Milan que lui vient la révélation. Il entend une voix qu'il interprète comme celle de Dieu. Abandonnant l'enseignement, il se retire avec quelques amis et rédige ses premiers dialogues philosophiques. Puis ce sera trois ans de vie monastique et enfin les charges ecclésiastiques. A partir de ce moment, la vie d'Augustin se confond avec l'activité qu'il exerce comme prêtre puis comme évêque d'Hippone (395). Participant activement à tous les grands conflits qui secouent l'Eglise d'Afrique, il produit en même temps une œuvre immense, à la fois philosophique et théologique. Les trois œuvres les plus célèbres seront les Confessions (396-397), La Trinité (400-416), La Cité de Dieu (411-426).
La fin de la vie d'Augustin est assombrie par l'effondrement de l'Empire romain d'Occident. C'est dans une ville assiégée par les Vandales qu'Augustin meurt le 28 août 430 à Hippone (aujourd'hui Annaba).

 

 
Apports conceptuels

 

La philosophie de Saint Augustin est intimement liée à sa vie et en particulier à son expérience de la culpabilité. S'il finit par rejeter le manichéisme, c'est parce qu'il exonère l'homme de toute faute. Il existe une liberté du pécheur. Néanmoins, et en ce sens il s'opposera vigoureusement à l'hérésie pélagienne, l'homme ne peut pas se sauver tout seul. Il n'appartient pas à l'homme de faire lui-même son salut. Tout dépend de la grâce que Dieu accorde ou non. (cette idée influencera plus tard la religion réformée de Calvin). L'homme est incapable de se libérer seul des sollicitations de la concupiscence. La puissance des passions est liée au péché originel.
Augustin découvre, avant Descartes, le cogito : je puis me tromper mais " si je me trompe, c'est que j'existe" C'est par la participation à la lumière divine que l'esprit humain acquiert sa sagesse, reflet de ce Divin que l'homme peut saisir au sein même de son âme. Il existe donc des vérités éternelles qui nous sont révélées par une lumière intérieure (théorie de l'illumination), ce qui permet à Augustin de conserver la théorie platonicienne des Idées tout en rejetant le mythe de la réminiscence et de la métempsycose.
La religion est affaire de foi, adhésion de l'âme nous faisant saisir les principes premiers et qui nous met en possession de la vérité. Néanmoins, la Raison, conçue comme faculté discursive, n'entre pas en conflit avec la foi, mais la complète : il faut comprendre pour croire. De ce point de vue les mystères (par exemple celui de la Trinité) doivent être expliqués. On commence par la foi qui appelle ensuite la connaissance. "La foi cherche, l'intellect trouve."
La notion de devenir historique (qui d'ailleurs n'est pas explicitement formulée) existe chez Saint Augustin : le fait que, par le Christ, Dieu soit intervenu dans le cours naturel du monde est un événement fondamental qui donne son sens à la cité des hommes et à son devenir vers la Cité de Dieu. Il existe en effet deux cités qui coexistent dans ce monde : la cité terrestre qui a pour principe l'amour de soi allant jusqu'au mépris de Dieu et la cité céleste qui regroupe toutes les nations vivant sous la loi de Dieu et a pour principe l'amour de Dieu jusqu'au mépris de soi. Si la cité terrestre est historique et donc contingente, la cité de Dieu a pour fin la paix dans la perfection. Les malheurs terrestres sont des épreuves et des châtiments qui nous préparent à l'éternité.
Dans Les Confessions, Saint Augustin développe une intéressante conception du temps. S'opposant à la conception classique, qui faisait du temps une dimension des choses, Saint Augustin montre que le temps n'a pas d'être puisque le passé n'est plus, l'avenir n'est pas encore et le présent est cet instant infinitésimal immédiatement retourné au néant. Ainsi le temps n'a pas d'autre réalité que la réalité subjective que lui confère ma conscience, par ma mémoire (passé), mon attente (avenir) ou mon attention (présent). Il n'est nulle part ailleurs que dans l'esprit des hommes. Ce qui distingue le temps de l'éternité divine est que cette dernière échappe à la succession.

 

 

 

 

Oeuvres en ligne

Oeuvres complètes (traduction M. Raulx sur le site de l'Abbaye de Saint Benoît de Port-Valais).

LES RETRACTATIONES

LES CONFESSIONS

LA CITÉ DE DIEU

DU BAPTÊME

DE LA TRINITÉ

DISCOURS SUR LES PSAUMES

TRAITÉ DU CATÉCHISME

TRAITÉS SUR SAINT JEAN.

EPÎTRE AUX PARTHES (SAINT JEAN)

LES SOLILOQUES

DE L'IMMORTALITÉ DE L'ÂME

DE LA VIE BIENHEUREUSE

DU MAÎTRE

DE L'ORDRE

CONTRE LES ACADÉMICIENS

DES MOEURS DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE ET DES MOEURS DES MANICHÉENS

RÈGLE DE SAINT AUGUSTIN

DE LA VRAIE RELIGION

DE LA GRANDEUR DE L'ÂME

TRAITÉ DU LIBRE-ARBITRE

DE LA NATURE ET DE LA GRÂCE.

DE LA GRÂCE  ET DU LIBRE ARBITRE.

SERMONS INÉDITS

 

Gli scritti di Sant'Agostino - textes latins.

La Cité de Dieu.

Lettre (Académie de Nancy-Metz).

Oeuvres (latin : bibliothèque Patriot).

Oeuvres (bibliothèque Gallica).

Textes (bibliothèque de l'Académie de Nancy-Metz).

Textes (extraits des Confessions : Académie de Grenoble).
 

Sites et analyses

Augustine of Hippo (Université de Penn).

L'Eglise selon saint Augustin. Article.

Le Temps et l'histoire dans La Cité de Dieu.

Philosophie augustinienne : communications de T. Kato sur Augustin, Origène, Cicéron, Gabriel Marcel...

St. Augustine of Hippo.

 

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Commenter cet article

Tietie007 14/07/2019 18:29

Ce ne sont d'ailleurs pas les jésuites qui sont à l'origine du libre-arbitre (dixit un de mes profs d'IEP), mais Saint-Augustin, dans son De libero arbitro, qui explique le Mal dans ce bas monde par le libre-arbitre humain.