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Publié par Le Cazals

1°) Quantitatif et affectif en philosophie
2°) Quantitatif et affectif en science
3°) Quantitatif et affectif en économie (différence entre faire des affaires et entreprendre)


1°) Beaucoup de gens qui abordent Deleuze par le « Cinéma » disent : « oh c’est bien compliqué », certainement que c’est bien compliqué parce qu’on est face à un aspect mal dégrossi de Deleuze, qui est sa confusion vis-à-vis de la Durée, des deux « durées » Bergsonienne, pour dire cela je m’appuie sur quatre « sentiments » (affects énoncés) de Deleuze que je retranscrit ainsi :
- Mille Plateaux est un livre que je ne parviens pas à épuiser
- Durant mes dernières années d’enseignement (sans doute 83-86), enseigner a été très douloureux, j’avais perdu l’inspiration.
- Guattari et moi, nous n’avions pas la même conception du corps-sans-organes.
- J’espère avoir été vitaliste dans mes livres (Deleuze en doute sur certains points avec raison)
Enfin on peut penser aux quelques relents qui parsème les cours de Deleuze contre la Durée « hégémonique ». Tout cela mis bout à bout, me fait dire que Deleuze dans ses deux livres sur le « cinéma » (qui sont des livres sur les images mais comme affections tronquées), se livre à une entreprise de totalisation, qui est à mille lieues de la pensée de Dehors qu’il a initiée avec Guattari (en suivant Foucault et Nietzsche). Deleuze se croit spinoziste, il l’est mais le complexe Deleuze-Guattari, n’appartient pas à une philosophie du Tout ou de l’Ouvert mais à une pensée du Dehors, des scolies fulgurants et en cela rejoint Nietzsche. Avec ce qu’on peut appeler la retombée du corps-sans-organes (pour dramatiser les choses) Deleuze se met à regarder en arrière, le chapitre 1 d’Image-Mouvement et Qu’est-ce que la philosophie ? sont instructifs sur ce point. Il y a quelque chose d’un Deleuze qui regarde en arrière sa nouveauté guattarienne : Deleuze cherche la totalisation comme Einstein un peu quand après 1922, il cherchait Ce processus de totalisation appartient à une philosophie de l’Ouvert qui se manifeste chez Deleuze par un matérialisme spinoziste (l’expression spinoziste tronquée convient à Deleuze de son propre aveu, on peut en restes aux rapports, aux concepts 2e genre)
Mais les multiplicités (les multiplicités impliquées de Différence et Répétition) disent autre chose et oublient la vision matérialiste avec laquelle Deleuze se sent obligé à plusieurs reprises d’aborder Spinoza et Bergson. Deleuze avec les multiplicité abandonne les catégorie du quantitatif et du qualitatif , ou plus simplement abandonne le quantitatif propre à notre intelligence. Il lui préfère l’affectif mais il faut faire attention à ce niveau. Deleuze au travers d’une pensée qui dissocie être et pensée (les deux séries, les deux substances qualifiées) croit prolonger Spinoza, certes il fait du matérialisme spinoziste (phiosophie de l’Ouvert) mais il sauve ou tente de sauver à la suite de Martial Guéroult. Bref il surf sur la crise au lieu de la résoudre activement. Ses livres sur le cinéma aborde un aspect spectateur de l’affection, comme le relève Alain Beaulieu il y a une « passivité » chez Deleuze, Fr. Zourabichvili parle lui d’ « involontarisme », mais Deleuze explique bien son fonctionnement dans un entretien de Deux Régimes de Fou, lui est une colline entêtée et Guattari un fleuve dispersé qui tourne autour. Deleuze n’a qu’à saisir quelques éléments de Guattari pour en faire des évènements. Entre les deux, il s’est catalysé quelque chose que le discours maîtrisé de Deleuze a su extirper. Deleuze à ce moment donné laisse faire et recueille. Ce que « j’ » essaye de dire c’est que le vieux débat matérialisme-spiritualisme est dépassé, même en physique il n’y a plus de matière mais des quantas d’énergie. Par réduction, par intelligence on découpe de la matière pour pouvoir se déplacer, maîtriser cette même matière, Bergson l’explique on ne peut mieux (EC), mais cette visualisation, cette philosophie visuelle, qui prend la vue comme sens noble, est dépassée, par quelque chose de plus labile, de plus duplice, sans doute un vitalisme où biologie vitaliste et physique quantique. Les problèmes de la science sont toujours une affaire de faux-problèmes de mauvaise découpe de la réalité, de réduction urgente (Souvenez-vous je vous avez parler de l’Urgence c’est Derrida). Dans l’urgence il y a toujours quelque chose a sauvé : c’est Derrida qui « sauve » la phénoménologie, Deleuze qui « sauve » le matérialisme.


2°) Sinon avec Mr Bitbol j’ai eu quelques confirmations, son vocabulaire pour décrire la réalité est kantien mais la réalité dont il parle ne l’est plus du tout, il fefait en somme le même parcours que Niels Bohr, qui dépassa avec sa physique « atomique » le dogmatisme kantien. Mr Bitbol dit après avoir exposé quelques dispositifs expériementaux. L’ « argument transcendental » (la condition de sa propre possibilité de connaissance), point focal d’une philosophie de l’ouvert, saute. Il laisse suggérer que le dilemme corps/ondes est un faux problèmes même si on peut calquer des résultats ondulatoires sur ces phénomènes. Il se met même a appeler ces mêmes phénomènes, évènements (Niels Bohr parle lui d’ « impulsions »). Ce dont Mr Bitbol fait état c’est qu’il n’y a qu’une seule réalité. Mieux encore qu’il y a incompatibilité entre les résultats de variables, quand on obtient une variable il n’y a pas de variable qui lui correspondent dans un autres ordre : traduit maladroitement il n’y a pas de coupure qualitatif-quantitatis mais si je vais jusqu’au bout que de l’intensif. En somme il n’y a plus de crise. Les scientifiques ne parviennent plus à découper la réalité selon les variables de l’espace et de la fréquences. Pour eux il y a incomplétudes, incompatibilités de ces mêmes variables à définir tout le réel. On a pour les physiciens dépasser le seuil d’intelligibilité .
Les particules du fait de l’affection (interaction) de l’observateur ne se trouve pas là où on les cherche, problème ?! :

IMAGE MANQUANTE

les physiciens quantiques, se raccrochent alors à leur formalisme mathématiques , et comme un psychanalyste avec les symptômes de son patient ce n’est pas cela que je retiens, les diagrammes ne sont que des symptômes, des exutoires, des frontières sur lesquelles batailler. Plus largement, il y a quelque chose de commun dans le passage d’une philosophie de l’Ouvert (Descartes-Kant / Conscience humaine et représentation) à une pensée du Dehors (Deleuze-Foucault / intensités et affections du Dehors) et au passage d’une science classique (Révolution Galiléenne) à une physique quantique (impulsion d’énergie). Entre parenthèse le terme quanta est très maladroit pour parler de ce qui est intensif, affectif. L’affectif n’est pas le quantitatif. La durée de la vie, les blocs d’espace-temps intensifs (ou quanta d’énergie) ne rentreront jamais dans une case, dans des ensembles.


3°) Je fais maintenant un rapprochement avec ce que vous disiez à deux moments différents :
- « faire des affaires c’est bien, y a pas de mal à ça ».
- « monter son entreprise, c’est bien… ».
Mais là j’introduis une distinction, on tombe parce que pour avoir travailler pour un patron exécrable qui ne pensais qu’à justement faire des affaires, je sais dans quel monde paranoïaque. Entreprendre n’est pas calculer, ni même thésauriser, capitaliser. Entreprendre est très louable c’est sortir de la crise. Faire des affaires c’est la reconduire, la prolonger. Tout simplement parce que le quantitatif n’est pas l’affectif. Par une vision du monde, découpée, qui n’est la réalité, toute notre économie s’en ressent. On thésaurise, on fait fructifier le Capital, tout se ramène à Je et « je » finit toujours par partir ailleurs aux Bahamas, ou six pieds sous terre. « Je » ne tient pas en place car il suppose un ailleurs, un autre, Certains capitaines d’industrie vont jusqu’au bout, développent leur projet d’autres se tirent avec la malle à billet, comme un exutoire « quantitatif ». Mais si on calque des « expériences » à la Dewey, des « durées » à la Bergson, des blocs d’espace-temps intensifs sur la réalité alors c’est tout autre chose qu’on obtient. C’est de l’affectif spinoziste qui passe alors. C’est des processus (style le livre V de l’Ethique) de déterritorialisation qui s’amorcent. ON fait alors l’expérience de l’éternité, d’une extrême intensité en somme, on se fout bien de mourir un jour c’est l’ici qui compte. L’ailleurs n’a que fonction première la peur et une dérivée la honte. J’ai vu des affairistes cracher leur haine à deux mettre de moi, parce qu’il ramenaient tout à leur moi. Là ce qu’on opère c’est encore et toujours une réduction (husserlienne) alors que la révolution quantique et la pensée du Dehors (Nietzsche-Foucault-Deleuze) disent autre chose.


> Toute la philosophie consiste à changer d’échelle (éviter les réductions), à faire varier une intensité (déterminant de l’idée) pour actualiser justement la bonne idée ; la plus pertinente. Mais pour cela il faut de l’activité, il faut entreprendre. Le risque sans la prévision des gains c’est en quelque sorte une philosophie de l’Eternel Retour : on y met ce qu’on peux et ce qui restera c’est qui pourra « revenir ». On se dirige vers ça, droit au Dehors. Question de pertinence (ou d’impertinence parfois).

LETTRE 21 A MR LORAUX
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