Archives

Publié par Les Etudiants de Paris 8


Pierre Joseph Proudhon

Théoricien socialiste et mutualiste, 1809-1865

 

 

 

 

 

Vie de Proudhon

 

Pierre-Joseph Proudhon, né le 15 janvier 1809 à Besançon d’un père garçon brasseur et d’une mère cuisinière et mort le 19 janvier 1865 à Passy. IL était un publiciste,économiste, sociologue et socialiste français, le premier à se qualifier d'anarchiste. Proudhon est célèbre pour sa fameuse citation « la propriété, c'est le vol ! » dans son mémoire Qu'est ce que la propriété? Ou recherches sur le principe du droit et du gouvernement qui fut son premier ouvrage majeur, publié en 1840.

La publication de « Qu'est-ce que la propriété? » attire l'attention des autorités françaises mais aussi de Karl Marx qui entame une correpondance avec Proudhon. Les deux hommes s'influencent mutuellement ; ils se rencontrent à Paris où Marx est en exil. Leur amitié s’achève quand, en réponse à La Philosophie de la misère de Proudhon, Marx écrit La Misère de la philosophie. Leur dispute est une des causes de la scission entre anarchistes et marxistes à la suite de la création de l'Association internationale des travailleurs (première Internationale). Il y eut aussi une scission entre les anarchistes de Bakounine et ceux de Proudhon. Proudhon pensait que la propriété collective était indésirable et que la révolution sociale pouvait être atteinte pacifiquement.

Dans son livre « Les Confessions d’un révolutionnaire pour servir à l’histoire de la Révolution de Février », Proudhon écrit entre autres choses la fameuse phrase « l'anarchie c'est l'ordre sans le pouvoir ». Il tenta de créer une banque nationale qui donne des prêts sans intérêts, similaire d'une certaine façon aux mutuelles d'aujourd'hui.

Oeuvres

Qu'est-ce que la propriété ?

 

 

avertissez-nous dès qu’un lien ne fonctionne plus ici 

 

 

 

 

 

 

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Sébastien Junca. 28/07/2011 10:59



La propriété a-t-elle la
priorité ?


 


À l’heure où l’âge de la retraite vient d’être repoussé à 62 ans et où l’universalisation du profit et de la misère semble sur
le point d’atteindre son acmé, la question posée en 1840 par Pierre-Joseph Proudhon - Qu’est-ce que la propriété ? reste d’autant plus
d’actualité.


Tout d’abord, ne serait-il pas légitime que les richesses produites par tout un chacun au cours de son existence professionnelle
et laborieuse lui assurent, pour ses vieux jours, une juste rétribution ? Les fortunes dégagées par les entreprises, le commerce, les échanges de toutes sortes ne devraient-elles pas être
redistribuées comme le clame Proudhon, à ceux-là même qui ont au moins la moitié de leur existence été les artisans et donc les légitimes bénéficiaires de ces profits souvent énormes ?
« Quiconque travaille devient propriétaire ; ce fait ne peut être nié dans les principes actuels de l’économie politique et du droit. Et quand je dis propriétaire : je n’entends
pas seulement, comme nos économistes hypocrites, propriétaire de ses appointements, de son salaire, de ses gages ; je veux dire propriétaire de la valeur qu’il crée, et dont le maître seul
tire le bénéfice[1]. »


Ne sont-ce pas là les véritables actionnaires, autrement dit ceux qui, par leur
action ouvrière ont participé à la transformation de la matière brute ? L’ouvrier, l’employé, le salarié de manière générale n’a-t-il pas droit
au même statut que l’inventeur qui perçoit sur chaque produit manufacturé et vendu un juste bénéfice ?


« Mais la propriété privée des moyens de production autorise le capitaliste à rémunérer le travailleur non sur la
production à laquelle il a contribué comme élément du groupe, mais sur la base individuelle de ce qu’il aurait produit s’il avait été privé de la force collective de l’atelier. Le capitaliste
empoche la différence et ce surplus engendré par la collectivité est soustrait aux travailleurs. Le propriétaire perçoit une rémunération du fait de sa propriété sans y apporter son propre
travail[2]. »


Sur des salaires le plus souvent injustes au vu du travail fourni et des richesses produites en commun, l’ouvrier est à nouveau
mis à contribution. Ceci afin de gaver des caisses de retraite et d’assurance-maladie dont il ne sera jamais assuré de retrouver l’argent qu’il y a contre son gré englouti. Les gains et les
dividendes qu’il a générés tout au long de sa vie par son propre travail seraient largement à même d’assurer les dépenses quotidiennes de ses années de retraite amplement méritée. Qui plus est,
tout cet argent arbitrairement et injustement ponctionné sous couvert d’une solidarité intergénérationnelle de façade, ne servira, par l’intermédiaire des organismes financiers les plus divers,
qu’à alimenter la spéculation et enfler les profits grâce à l’argent et donc au travail de l’ouvrier sous-payé, abusé, exploité, corvéable à merci et souvent remercié. Un ouvrier le plus souvent
dépouillé de sa vie, de son temps libre, de sa santé physique et parfois mentale ; de ses rêves, de ses idéaux, de sa liberté et parfois même de sa dignité. Enfin, cet argent habilement
extorqué à tous les travailleurs du monde par les professionnels de la spéculation et de la spoliation puis « blanchi » par les différents organismes patentés de l’économie dite
libérale, est finalement prêté à des taux scandaleux à ces mêmes travailleurs contraints de s’aliéner leur vie durant pour rembourser au centuple des
sommes qui leur revenaient de droit. Enfin, ces dividendes, quand ils ne sont pas ponctionnés par les différents organismes privés ou d’état ;
quand ils ne sont pas aussi réinjectés dans l’outil de travail afin d’en accroître toujours plus la productivité et le trésor de guerre, sont
arbitrairement reversés à ceux-là seuls qui se sont arrogé un droit de propriété illégitime. Car l’outil de travail lui-même, s’il est né de l’initiative d’une poignée de décideurs, n’en demeure
pas moins le fruit du travail de tous. La survie et la croissance de n’importe quel organisme, qu’il soit biologique ou mécanique et industriel, ne sont pas seulement dues à sa seule
« matière grise ». Chaque fibre, chaque cellule participe de la cohésion et de la croissance du tout. À partir du moment où le concepteur ou inventeur s’est vu dans l’obligation de
s’adjoindre différents collaborateurs afin de faire vivre et développer son entreprise ; cet outil de travail lui-même est devenu implicitement la possession de tous, présents ou absents,
parce que fruit du travail et de la participation de chacun. (Lire la suite sur http://les-naufrages-de-dieu.over-blog.fr ).


 


Sébastien Junca.