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Publié par Les Etudiants de Paris 8

Michel Eyquem de Montaigne

Montaigne Michel Eyquem de (1533-1592)

écrivain français, héritier de l’humanisme, 1533-1592

 

 

Ecrivain français, héritier de l’humanisme, qui, dans un livre unique, les Essais, a mené à bien «!le projet de se peindre!» et, par-delà, celui de décrire «!l’humaine condition!».

Les années de formation

Né dans le château de Montaigne, en Dordogne, Michel Eyquem prend le nom de ce domaine quand il en hérite. Sous l’influence bénéfique et pleine de douceur d’un père qu’il affectionne, il passe une enfance heureuse au cours de laquelle il apprend le grec et le latin selon une méthode peu traditionnelle : consigne a été donnée à son précepteur et à son entourage de ne jamais lui adresser la parole autrement que dans une langue ancienne («!sans art, sans livre, sans grammaire ou précepte, sans fouet et sans larmes, j’avais appris du latin, tout aussi pur que mon maître d’école le savait!», Essais, I, 26). Pensionnaire au collège de Guyenne à Bordeaux, il a les meilleurs maîtres et assimile brillamment l’enseignement humaniste qui y est dispensé.

L’engagement dans la vie publique et la recontre de La Boétie

Après avoir étudié le droit à Toulouse, il est nommé conseiller à la cour des aides de Périgueux (1554), puis au parlement de Bordeaux (1557). C’est dans cette ville qu’il fait la rencontre décisive d’Étienne de La Boétie, lui aussi magistrat, avec qui il noue une amitié exceptionnelle qui exercera une influence essentielle sur sa vie et sur son œuvre. Intéressé par la chose politique, Montaigne se rend deux fois à la cour, s’implique dans les conflits religieux de son époque, et participe au siège de Rouen, par lequel les armées royales reprennent la ville aux protestants. Très douloureusement affecté par la disparition de La Boétie (1563), cette «!moitié!» de lui-même, il décide d’écrire les Essais, initialement destinés à servir de «!tombeau!» à son ami, à encadrer de réflexions la publication des poésies françaises et latines du disparu.

Une retraite consacrée à l’étude et à la rédaction des Essais

Deux ans plus tard, en 1565, il se marie, et en 1568, hérite du domaine familial puis décide de s’éloigner de la vie publique. Il fait aménager, dans une tour de son château, sa «!librairie!», c’est-à-dire sa bibliothèque, contenant tous ses livres ainsi que ceux que lui a légués La Boétie. Renonçant en 1570 à sa charge de magistrat, il se consacre à la réflexion et à l’étude des textes anciens, notamment ceux de Sénèque et de Plutarque. C’est à cette période aussi qu’il entreprend la rédaction de ses Essais, qui sont l’œuvre de sa vie. Nommé gentilhomme de la chambre du roi en 1571, il est chargé, en 1574, d’une mission auprès du parlement de Bordeaux. Plus tard il sert à deux reprises de médiateur entre le protestant Henri de Navarre, futur Henri IV, et le pouvoir royal. Parallèlement, il continue de s’adonner à l’écriture et publie en 1580 la première édition des Essais. Victime de la «!maladie de la pierre!» (la gravelle), dont il a ressenti les premières atteintes en 1578, il tente, à partir de 1580, de se faire soigner dans différentes villes d’eaux de France, d’Allemagne et d’Italie. Il tire de cette expérience un Journal de voyage et surtout de nombreuses réflexions, qui nourriront ses Essais, consacrées notamment à la douleur et aux rapports qu’elle entretient avec le jugement, mais aussi à l’analyse des mœurs et des coutumes des différents peuples d’Europe. C’est pendant ces voyages qu’il est élu, en son absence, maire de Bordeaux, ce qui témoigne de la réputation dont il jouissait. Il exerce cette fonction de 1581 à 1585, et s’en acquitte avec la plus grande conscience, mais abandonne cette charge au moment où une épidémie de peste se répand dans la région, l’obligeant même à fuir son domaine. En 1588, il se rend à Paris pour faire paraître la seconde édition des Essais, apportant plus de six cents ajouts au corpus existant ainsi qu’un troisième livre. Il est embastillé par le parti de la Ligue, puis immédiatement libéré sur l’ordre de Catherine de Médicis. C’est aussi à Paris qu’il rencontre Marie de Gournay, qui deviendra sa fille d’adoption. C’est elle qui fera paraître une édition posthume des Essais, en 1595, trois ans après sa mort. Cette édition, fondée sur les annotations manuscrites de l’auteur, est appelée « édition de Bordeaux ».

 

 

 

 

 

 

 


 
 
 
Oeuvres
ou

Table des matières

Livre I

 

    Au lecteur
Chapitre I Par divers moyens on arrive à pareille fin
Chapitre II De la tristesse
Chapitre III Nos affections s'emportent au delà de nous
Chapitre IV Comme l'âme descharge ses passions sur des objets faux, quand les vrais luy defaillent
Chapitre V Si le chef d'une place assiégée doit sortir pour parlementer
Chapitre VI L'heure des parlemens dangereuse
Chapitre VII Que l'intention juge nos actions
Chapitre VIII De l'oisiveté
Chapitre IX Des menteurs
Chapitre X Du parler prompt ou tardif
Chapitre XI Des prognostications
Chapitre XII De la constance
Chapitre XIII Ceremonie de l'entrevuë des roys
Chapitre XIV On est puny pour s'opiniastrer à une place sans raison
Chapitre XV De la punition de la courdise
Chapitre XVI Un traict de quelques ambassadeurs
Chapitre XVII De la peur
Chapitre XVIII Qu'il ne faut juger de nostre heur qu'après la mort
Chapitre XIX Que philosopher, c'est apprendre à mourir
Chapitre XX De la force de l'imagination
Chapitre XXI Le profit de l'un est dommage de l'aultre
Chapitre XXII De la coustume et de ne changer aisément une loy receüe
Chapitre XXIII Divers evenemens de mesme conseil
Chapitre XXIV Du pedantisme
Chapitre XXV De l'institution des enfans
Chapitre XXVI C'est folie de rapporter le vray et le faux à nostre suffisance
Chapitre XXVII De l'amitié
Chapitre XXVIII Vingt et neuf sonnets d'Estienne de La Boëtie
Chapitre XXIX De la moderation
Chapitre XXX Des cannibales
Chapitre XXXI Qu'il faut sobrement se mesler de juger des ordonnances divines
Chapitre XXXII De fuir les voluptez au pris de la vie
Chapitre XXXIII La fortune se rencontre souvent au train de la raison
Chapitre XXXIV D'un defaut de nos polices
Chapitre XXXV De l'usage de se vestir
Chapitre XXXVI Du jeune Caton
Chapitre XXXVII Comme nous pleurons et rions d'une mesme chose
Chapitre XXXVIII De la solitude
Chapitre XXXIX Consideration sur Ciceron
Chapitre XL Que le goust des biens et des maux despend en bonne partie de l'opinion que nous en avons
Chapitre XLI De ne communiquer sa gloire
Chapitre XLII De l'inequalité qui est entre nous
Chapitre XLIII Des loix somptuaires
Chapitre XLIV Du dormir
Chapitre XLV De la bataille de Dreux
Chapitre XLVI Des noms
Chapitre XLVII De l'incertitude de nostre jugement
Chapitre XLVIII Des destries
Chapitre XLIX Des coustumes anciennes
Chapitre L De Democritus et Heraclitus
Chapitre LI De la vanité des paroles
Chapitre LII De la parsimonie des anciens
Chapitre LIII D'un mot de Cæsar
Chapitre LIV Des vaines subtilitez
Chapitre LV Des senteurs
Chapitre LVI Des prieres
Chapitre LVII De l'aage

Livre II

 

Chapitre I De l'inconstance de nos actions
Chapitre II De l'yvrongnerie
Chapitre III Coustume de l'isle de Cea
Chapitre IV A demain les affaires
Chapitre V De la conscience
Chapitre VI De l'exercitation
Chapitre VII Des recompenses d'honneur
Chapitre VIII De l'affection des peres aux enfans
Chapitre IX Des armes de Parthes
Chapitre X Des livres
Chapitre XI De la cruauté
Chapitre XII Apologie de Raimond de Sebonde
Chapitre XIII De juger de la mort d'autruy
Chapitre XIV Comme nostre esprit s'empesche soy-mesme
Chapitre XV Que nostre desir s'accroit par la malaisance
Chapitre XVI De la gloire
Chapitre XVII De la presumption
Chapitre XVIII Du desmentir
Chapitre XIX De la liberté de conscience
Chapitre XX Nous ne goustons rien de pur
Chapitre XXI Contre la faineantise
Chapitre XXII Des postes
Chapitre XXIII Des mauvais moyens employez à bonne fin
Chapitre XXIV De la grandeur romaine
Chapitre XXV De ne contrefaire le malade
Chapitre XXVI Des pouces
Chapitre XXVII Coüardise mere de la cruauté
Chapitre XXVIII Toutes choses ont leur saison
Chapitre XXIX De la vertu
Chapitre XXX D'un enfant monstrueux
Chapitre XXXI De la cholere
Chapitre XXXII Defense de Seneque et de Plutarque
Chapitre XXXIII L'histoire de Spurina
Chapitre XXXIV Observation sur les moyens de faire la guerre de Julius Cæsar
Chapitre XXXV De trois bonnes femmes
Chapitre XXXVI Des plus excellens hommes
Chapitre XXXVII De la ressemblance des enfans aux peres

Livre III

 

Chapitre I De l'utile et de l'honeste
Chapitre II Du repentir
Chapitre III De trois commerces
Chapitre IV De la diversion
Chapitre V Sur des vers de Virgile
Chapitre VI Des coches
Chapitre VII De l'incommodité de la grandeur
Chapitre VIII De l'art de conferer
Chapitre IX De la vanité
Chapitre X De mesnager sa volonté
Chapitre XI Des boyteux
Chapitre XII De la physionomie
Chapitre XIII De l'experience

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