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Publié par D'après Deleuze

Pour rebondir sur ce qu'a dit Sancho et donner suite à notre post sur la politique ou la pensée pratiquée avec trop de sérieux.

"La pensée, personne ne prend ça très au sérieux, sauf ceux qui se prétendent penseurs, ou philosophe de profession. Mais ça n'empêche pas du tout qu'elle ait ses appareils de pouvoir, lorsqu'elle dit aux gens : ne prenez pas au sérieux puisque je pense pour vous, puisque je vous donne une conformité,, des normes et des règles, une image, auxquelles vous pourrez d'autant plus vous soumettre que vous direz : "C'est pas mon affaire, ça n'a pas d'importance, c'est l'affaire des philosophes et de leurs théories pures."

Deleuze ici ne fait que ramassaer une flèche lancée par Nietzsche, reprendre un de ses aphorismes. Il continue.

" L'histoire de la philosophie a toujours été l'agent de pouvoir dans la philosophie, et même dans la pensée. Elle a joué le rôle de répresseur : voulez-vous penser sans avoir lu Platon, Descartes, Kant et Heidegger,, et le livre de tel ou tel sur eux ? Une formidable école d'intimidation qui fabrique des spécialistes de la pensée, mais qui fait aussi que ceux qui restent en dehors se conforment d'autant mieux à cette spécialité dont ils se moquent. Une image de la pensée nommée philosophie s'est constituée historiquement, qui empêche les gens de penser." Gilles Deleuze, Dialogues, p. 19-20 (DzD_19-20).

 

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