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Publié par Paris 8 philo

S’escrimer c'est ferrailler, combattre deux à deux, de la joute mais dans la « vraie » vie non sur internet ou au sein d’une institution. Il s'agit de bretter, de faire cliqueter ses pensées avec la bêtise ambiante. C’est étonnant de devenir ce qu’on à jamais penser être : un escrimeur. Tel est sans doute le révolté sorti de sa campagne vallonnée, prophète hors de son court pays.

 

 

 

Parfois elle nous environne, cette croyance que tout est inutile, que rien ne vaut, que tout s’équivaut. Pour l’escrimeur c’est l’effet inverse, ça le revigore. Il voit tout de suite la plus petite différence et s’embarque dans un ferraillage incessant pour en convaincre les autres. Mettre ses crispins le plastron droit et monter à l'assaut. Engager, tierce; Esquive, octave. Fente avant, contre-riposte et reprise en plein cœur. Avec certains philosophes professionnels, c'est qui s'est passé : mais nos anciens profs de la Sorbonne (Paris 1 et 4) ou de Paris 8, (ceux qui assuraient l’intermède, le désert philosophique) savent feinter extra-ordinairement, la subtilité de leur travail consiste en cela : fuir, tricher. Il y a deux grands classe les traîtres (nous) et les tricheurs qui pris dans un système qu’ils n’ont pas fondés sont . Ces derniers, par expérience, ont toujours ont la botte de réserve qui vous désarçonne. S’escrimer avec eux c’est les travailler au corps, provoquer en eux une crise, bref les sortir de leur lyse, de leur enlisement. Ce qu’il véhicule c’est de la pensée qui analyse, qui dissèque la vie alors que le milieu de la recherche (universitaire ou non) réclame de l’effervescence du bouillonnement. Mais à nos profs on leur doit d’avoir pas mal avancé par l’impasse qu’ils occupent et que tout escrimeur refusera de prendre. S’escrimer c’est savoir que le danger peut venir de n’importe où, d’où l’inconfort qui traverse les pensées de Sartre ou de Nietzsche. Le danger ne vient plus seulement de ses étudiants ou de ses congénères mais des forces au dehors de l’institution. Désormais les règles sont celles de tout un chacun, de la vie intense où l’on a de compte à rendre qu'à soi ou parfois un patron. Tout penseur au fond a besoin de se coltiner en face de lui un minimum de bêtise, pour tester ses galons. Le ferraillage, c'est sa raison. L'affection, le déclenchement, c'est sa motivation.

 

 

 

 

 

 

 

Esquiver est nécessaire pour qui veut avancer. C’est le temps qu’on se donne pour riposter, pour trouver le signe [1] ou tenir la prise [2] qui feront basculer une situation. Saisir l’opportunité. Esquiver, c’est prendre sur soi. Esquiver c’est fuir, tracer une ligne de libération.

 

 

 

C’est se comporter de telle manière qu’on puisse reprendre en soi-même ce qui est inachevé (Hegel), qu’on puisse s’affecter soi-même (Constitution d’un milieu comme l’on faut Deleuze et Guattari où le Temps devenait l’affection de soi par soi c’est-à-dire ramené à une milieu de penseurs la dépersonnalisation et la singularisation de l’un par l’autre). C’est ce que nous avons cherché à faire avec Messieurs Loraux, Prado et Lecerf (enseignants à Paris 8).



[1] Les signes … sont comme des oiseaux qui frappent du bec à la fenêtre. Il ne s’agit pas de les interpréter. Il s’agit plutôt de repérer leur trajectoire, pour voir s’ils peuvent servir d’indicateurs de nouveaux univers de référence susceptibles d’acquérir une consistance suffisante pour retourner une situation DzCC_84, GuaAH, GuaCS.

[2] Détienne et Vernant, les ruses de l’intelligence – la mètis chez les grecs, Paris, Flammarion, 1976



[1] Les signes … sont comme des oiseaux qui frappent du bec à la fenêtre. Il ne s’agit pas de les interpréter. Il s’agit plutôt de repérer leur trajectoire, pour voir s’ils peuvent servir d’indicateurs de nouveaux univers de référence susceptibles d’acquérir une consistance suffisante pour retourner une situation DzCC_84, GuaAH, GuaCS.

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