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Publié par Anthony et Le Cazals

Ce titre est un peu provocateur mais il signifie avant tout que l’anti-étatisme ou l’autonomie n’est pas forcément le chaos, et ne l’est, même, pas du tout. Toute société a besoin de sa part d’anarchie, à sa part de rêve. Il n’y a pas d’anarchie victorieuse, il n’y a que des anarchies vivantes. Badiou cite à l’occasion 26/05/06 l’exemple de la guerre d’Espagne et des rivalités entre anarchistes et staliniens quant à la formation de corps armés. Les seconds étant plus aptes à la discipline et l’incorporations dans l’armée. Quant aux premiers il est vrai qu’un moment survient où les groupe de partisans doivent former une armée ou du moins s’intégrer à une armée, s’ils veulent une victoire décisive ; mais il disparaissent alors comme hommes libres et rebelles DzCC_151. On pourrait reprendre la théorie de la hiérarchie chez les rats et voir qu’un sixième à un tiers d’une société est autonome ou « anarchique » et que c’est précisément dans la proportion qui va du sixième au tiers qu’une société est close ou ouverte. C’est en introduisant un certain effort, en contaminant les situations d’un certain infini, qu’une effervescence se produire. Tout vouloir ramener à des victoires, au fond, pose le problème en termes de majoritaire et de minoritaire, de bolcheviks et de mencheviks, de rapports de dominés et de dominants (parce qu’alors la mise en place d’un état répressif est nécessaire), alors qu’ il s’agit simplement d’indiquer autre chose comme une résistance ultime, comme l’existence d’anomalies dans le siècle que sont Lucrèce, Spinoza et Nietzsche par exemple. C’est précisément par ce qu’il y a pas de rapport de dominé à dominant, dans cette petite portion de société et qu’il y a donc non-rapport que les choses deviennent intéressantes. C’est que ce non-rapport désigne quelque chose d’incontrôlé par le système dominant-dominé, que précisément celui-ci craint, intimide et réprime, peut-être simplement parce que la proportion d’autonomie ne peut jamais être majoritaire, d’où le fameux tiers de non-dominants et de non-dominés que l’on retrouve chez les rats. Mais encore une fois ce n’est qu’une question de proportion et à partir de là on peut cultiver son jardin plutôt que de vouloir gagner à tous les coups. C’est toute l’effervescence autour des « philosophes des Lumières », Voltaire-Rousseau-Diderot, de la correspondance épistolaire et de la nouvelle subjectivité qu’ils ont généré qui a fait que la donne n’était plus la même avant et après le grand point d’exclamation de la révolution. Une société dans ces cas là est apte à résoudre beaucoup de problèmes, parce que traversé par une certaine énergie, et on ne se focalise pas sur les symptômes que sont les révolutions faites de terreurs et de contre-révolutions suivant le camp qui chercherait à imposer sa domination (ou victoire) sous couvert d’égalité. Comme le montre toute la philosophie de Badiou, l’égalité est l’opposé de la capacité à en terme philosophique on dira que l’axiome égalité (hypothèse qu’il y a du Même) conduit au principe anhypothétique qui fait qu’il y a subjectivité ou capacité. l’indifférenciation de l’être n’empêche pas la subjectivité face à un événement. Ou mieux encore si la capacité est le fait de ne pas être séparé de ce qu’on peut, alors comme l’a montré Deleuze dans son Nietzsche, l’égalité des étants, des individus consiste précisément à ne pas être séparé de ce qu’on peut.

 

Le Cazals

 

L’anarchie n’est pas le chaos comme certains ont toujours voulu nous le vendre. Lisez à l’occasion la nouvelle Le banquier anarchiste de Ferdinand Pessoa. L’anarchie ou le vitalisme ce n’est pas le chaos c'est toute la nuance qu'ont essayé d'amener Michel Foucault  et Gilles Deleuze au travers d'une nouvelle subjectivité : (subjectivation vis-à-vis des bio-pouvoirs), (dépersonnalisation au travers d'une anarchie couronnée). Le système alors mis en place n’est plus institué mais auto-tendu (comme nous avons pu le montrer dans d'autres articles). Un système auto-tendu est une constellation de singularités qui parce qu’elles s’affectent et entretiennent l’énergie des unes et des autres parviennent à se donner de la liberté d’action un peu comme on fait une ronde quand on était petits en tendant ses bras avec ceux des voisins au maximum puis en les relâchant. Comme l’écrit Spinoza « seuls les hommes libres sont très reconnaissants les uns envers les autres » quand ils parviennent à recréer un milieu autonome (ce que les années 70 appelaient nouvelle subjectivité ou actuellement ce qu’on appelle un capacité d’énergie) c’est un peu de cela dont il est question dans Mille-Plateaux de Deleuze et Guattari 

 

Nul au fond n’a intérêt au chaos, mais l’anarchie a longtemps été réduit à un aspect nihiliste et destructeur celui des poseurs de bombes du début du siècles alors qu’il s’agit plus simplement de reléguer la puissance erratique et criminelle de l’Etat. On peut même dire qu’au travers d’ « Action directe » ou de l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand par un anarchiste serbe , c’est l’Etat qui se renforce. La violence contre l’Etat n’a jamais servi les anarchiste puisque celle-ci sert de prétexte à une violence décuplé de la part de l’Etat, bref le renforce dans son institution (on pourrait parler de syndrome Sarkozy). Ce n’est pas une question d’autorité [1] mais de domination, d’institution dissuasive. D’où la grande puissance subversive d’individus comme la mahatma Gandhi, Martin Luther King ou John Lennon, tous assassinés. C’est toujours par indifférence, par lignes de libération créatrices que les problèmes se solutionnent. Alain Badiou par exemple pense que la théorie des ensembles rend compte du chaos contemporain pourtant c’est de tout autre chose dont il est question. Nous ne développons pas sur le chaosmos de Deleuze.

Anthony

 

[1] L’autorité peut se comprendre comme aura qui suscite ou comme place vide qui pour se maintenir nécessite de la part de subalternes de mettre en place des formes de pouvoir coerxitives.

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Tietie007 16/07/2010 07:48



Bof, je me ridiculise sur un blog ridicule, donc ça va ...je vais te faire une confidence, Tonio ...Le Mossad me stipendie pour que je te fasse chier ! Voilà, tu as tout capté maintenant ...


Salutations ummites.



Anthony Le Cazals 17/07/2010 17:18



Au contraire tu ne te ridiculise pas pour de nombreuses raisons... Il n'y a qu'à te laisser t'exprimer. Oh je suis passer de blog que tu admirais à blog que tu ridiculises. Le problème est que tu
n'utilise que l'arme du dénigrement et non celle de l'argument qui prévaut encore dans un monde de représentation. J'attends toujours que tu répondes aux vrais questions et que tu démonte les
vidéos auquel je t'assigne de trouver la petite bête ummite.


Pour le reste je baille. Sans doute est-ce ta réussite, pour moi et mes simples lecteurs. J'espère qu'il ne lisent pas tes commentaires plombant.


Gloups et bon pastis.


 



Tietie007 15/07/2010 05:21



Tin', Badiou est son hypothèse communiste ...comme quoi, l'histoire nous ressert toujours les mêmes plats ! Un Mao qui devient la star des plateaux TV, il va se BHLaliser le Alain ! Il en pense
quoi, Badiou, du complot américano-sioniste ?


Salutations ummites !



Anthony 15/07/2010 10:22



Dis donc tu as le sommeil difficile et les hallucinations rapides. Quel rapport avec ce texte si vieux. Va te ridiculiser tout seul à lui demnder.


Pense à faire une sieste avant de regarder le tour de France avec ton pastis.



Skazat 16/06/2007 22:46

Je n'ai rien à ajouter. Etant moi-même adepte et partisan des "compagnons de la liberté" affiliés à la CNT, je suis content de voir que des personnes censés tels que vous ne tombent pas dans une définition de l'anarchie stéreotypée datant des lois scélérates du XIXe siècle.Bien à vousAmitiés libertaires.