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Publié par Le Cazals

La dialectique énonce qu’il y a du Deux (Théorie du Sujet, p 40). La philosophie dialectique est pensée de la pensée, une pensée rupture avec l’opinion C_168. Ce qui veut dire que dans la dialectique de Badiou il y a l’existence contradictoire du même et de l’autre, elle n’est donc pas seulement tributaire de l’être mais aussi du Sujet, c’est pourquoi s’appuyant sur une logique de l’apparaître LM et une ontologie du multiple, EE Badiou met en place une méta-ontologie qui n’est autre que la dialectique elle-même. Ce qui est réel ou pensable dans les conditions de la philosophie telle que Badiou les repère, c’est un réel auquel Platon donne le nom d’intelligible, et que tout comme Lacan, il distingue de la réalité qu’il nomme sensible C_323. Par exemple, quand Badiou s’emploie à dégager la politique comme pensée, ceci, dans le langage de Platon, veut dire qu’elle brise l’immédiat sensible OT_97. Pourtant, cette pensée de l’intelligible ne peut échapper au discours démonstratif que Badiou nomme persuasion et argumentation C_67. Ce discours ne peut lui-même éviter de véhiculer des opinions philosophiques, ce qui fut déjà le cas dès Platon : Chez Platon c’est le régime du « long détour », développements dialectiques dont les procédés sont exactement les mêmes que ceux des sophistes combattus… Chez Platon ce sont les images, les mythes, les comparaisons, dont les procédés sont exactement les mêmes que ceux des sophistes combattus C_67. C_. Nous ne développons pas pour l’instant.

 

 

 

La distinction majeure pour Badiou se fait entre l’intelligible et le sensible : c’est le geste platonicien de rupture avec les opinions et les affects qui pose le « réel » comme « pensée ». L’intelligible est le réel par la dialectique, c’est-à-dire qui est pensable dans la réalité. La distinction entre intelligible et sensible reconduit celle entre réel et réalité, ainsi a-t-on un réel intelligible distinct une réalité sensible C_323. Ceci a son importance puisque la pensée n’est plus pensée de la réalité mais de ce qui est « véritablement » pensable dans le réel, à savoir l’être. La pensée véritable est une pensée qui ne s’attache qu’à l’être et aux formes. Or ce qui est à la fois pensée et être c’est le Même. Ainsi Badiou s’attache à relever tout point où le Même se trouve disséminé comme affirmation LM_117. La pensée de Badiou n’est pas une déposition du Même, bien au contraire, mais une assomption du Même. Par exemple, il en va ainsi comme de l’amour qui n’est pas la déposition du Même sur l’autel de l’Autre C_256. La dialectique badiousienne se fixe précisément là où pensée et être se recoupent. Au travers de la mathématique ou fiction de savoir, la dialectique ne pense que l’être et au travers de la logique ou fiction d’art, la dialectique pense l’apparaître. Double dimension de la philosophie formaliste.. Logique d’apparaître et ontologie sont donc les deux branches de la philosophie dialectique. La première enchaîne dans une fiction d’art, la seconde porte le réel jusqu’à la limite de son être. C’est pourquoi Badiou dit que la philosophie enchaîne et sublime et qu’elle argumente et persuade

 

 

 

Etre, sujet et vérité forment les concepts centraux du système dialectique de Badiou, comme une triple réciprocité, une triade fondatrice. Ceci a son importance car derrière cette triade surgit la Loi du Même. En effet si Badiou est parti en combat contre la Loi de l’Un c’est que tout son système repose sur la dialectique du Même et de l’Autre. Badiou recompose ou reconnaît un réel à partir des « genres suprêmes » ou « natures génériques » de la dialectique que sont le Même, l’Autre, l’Etre et le logos (le Mouvement et le Repos sont laissées de côté). Pour mieux comprendre, il faut savoir que Badiou reprend à plusieurs reprises C_87, C_279, DC_117, OT_49, OT_96, LM_109 l’énoncé parménidien selon lequel « Le même, lui, est à la fois pensée et être ». Ainsi l’être (en tant qu’être) se comprend comme l’être même, l’être identique à soi-même, le sujet comme ce qui est plus qu’un individu, un individu qui réincorpore les vérités éternelles, qui les reconnaît. C’est la question du sujet comme individu autonome, comme individu qui obéit à la loi du Même qui se dit auto-nomia en grec. On peut donner comme synonymes au terme incorporer : reconnaître, identifier, soustraire une vérité au flux qui la sous-tend, à une procédure de vérité ou procès de création. Une vérité est identifiée en ce qu’elle est coupée et soustraite aux procédures de vérité, ce qui rejoint la définition que Badiou donne de la dialectique comme coupure-interprétation. Mais ici, comme précédemment, nous en revenons toujours au même.

 

 

 

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Anthony de Paris8philo 30/06/2006 20:17

Alors oui Sancho nous te demandaons avec grand plaisir une présentation de Badiou. On mettra volontiers ton post sur ce blog ou avec un lien vers ton blog si tu le postes chez toi.

sancho 29/06/2006 20:39

S'agissant de philosophies, à mi chemin du délire et de l'imposture, comme celle de Badiou, il faudrait prendre un point de vue clair. Ou bien on adhère, et alors, pédagogie s'il vous plaît. Ou bien on dénonce, et alors, pédagogie, s'il vous plaît. Si vous voulez, une "rapide présentation de la philosophie de Badiou", demandez-la moi!

Le Cazals 30/06/2006 01:16

C'était un exposé de ce qui peut constituer le noyau le plus abstrait de sa philosophie. Après à chacun d'en mesurer les conséquences, difficile d'exposer le double discours de Bdiou sans le trahir avec de la pédagogie.
Simplement, on peut dire qu'il n'est pas recommander à toute philosophie de reproduire le geste platonicien c'est-à-dire de se couper de la réalité pour produire une pensée qui s'enferme dans du statique (le fameux réel intelligible). Badiou pensant un peu comme on marche à reculons ne voit exactement où il va, et il s'écarte de son point d'origine, par exemple l'Etre (qu'il dénonce au fond -- comme indifférencié) et l'égalité.
Pour développer sur la question de l'égalité car elle est intéressante, Badiou la pose comme hypothèse de départ (axiome dans son langage), non comme un but de la politique. Elle ne peut être inscrite dans un programme auquel cas la politique qui la défendrait serait représentative, ce que ne veut absolument pas Badiou. C'est tout le contraire qu'il faut lire en sous main Badiou pose un monde autoritaire (mais sans domination) où précisément c'est la liberté et non l'égalité qui compte.

zytare 29/06/2006 19:26

Le texte n'est pas signé ? Il comporte quelques jolies sottises !!

Paris 8 philo 30/06/2006 00:59

Il serait intéressant de savoir lesquelles ? L'intéressé a signé je crois.

vincennes 27/06/2006 20:49

C'est un peu jargonneux, non ? Honnêtement ?

Paris 8 philo 28/06/2006 14:02

Oui c'est tout à dait jargonneux, Baadiou avoue lui-même que certains de ses raisonnements sont compliqué, simplement parce que sa pensée est abstraite c'est-à-dire soustraite à la réalité. C'est la travers autaunt que la spécificité de sa pensée. Mais il exisite plusieurs styles ou devenirs de pensée comme notre site cherche à en faire état. Nous ne faisons que redonner ici ce qui est au fond le noyau de sa philosophie. Faut-il parler d'objectivité ?