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Publié par Anthony

Si la vie est pour Bergson ce qui augmente sa puissance en se divisant, il n'en reste pas moins que l'humanité telle que nous la connaissons actuellement n'est pas "préformée dans le mouvement évolutif". Pourtant "tout se passe comme si un être indécis et flou, qu'on poura appeler comme on voudra, homme ou surhomme, avait cherché à se réaliser, et n'y était parvenu qu'en abandonnant en route une partie de lui-même" BgEC_266-267 . Insistons bien sur le "comme si". Ces déchets sont réprésenter par les lignes divergentes . Non seulement Bergson, sous la forme de la durée ou de la vitalité intérieure est un penseur de la contingence radicale (l'impression de durée alliée à l'imagination forment ce que l'on peut appeler la contingence radicale. Mais resitués dans l' "élan de la vie", sa pensée et son style en font un penseur de la contingente relative, celle plus diffuse de l' "élan vital" : La vie n'est pas ce qui se divise en élément mais plutôt en tendances : tendances d'accumulation et de dépense, de contraction et d'expansion. S'il y a des éléments, s'il y a des individus et des cellules cela se rapporte à un autre processus. Nous estimons au contraire que, dans le domaine de la vie, les éléments n'ont pas d'existence réelle et séparée. Ce sont des vues multiples de l'esprit sur un processus indivisible. Et c'est pourquoi il y a contingence radicale dans le progrès, incomburantbilité entre ce qui précède et ce qui suit, enfin durée" (BgEC_27). Individualité et sociabilité sont liées (EC_260-261) comme les deux faces d'un élan indivisisible, comme deux vue de l'esprit : deux idéalités comme leur construction sémantique l'indique.

"La part de la contingence est donc grande dans l'évolution. Contingentes,
le plus souvent, sont les formes adoptées, ou plutôt inventées. Contingente,
relative aux obstacles rencontrés en tel lieu, à tel moment, la dissociation de la
tendance primordiale en telles et telles tendances complémentaires qui créent
des lignes divergentes d'évolution. Contingents les arrêts et les reculs ;
contingentes, dans une large mesure, les adaptations. Deux choses seulement
sont nécessaires : 1º une accumulation graduelle d'énergie; 2º une canalisation
élastique de cette énergie dans des directions variables et indéterminables, au
bout desquelles sont les actes libres." BgEC_151

Le chaos, l'incohérent est pour Bergson la coexistence de deux ordres, il naît précisément de cette contingence relative - par exempele celle de l'histoire, celle de l'évolution - : "Nous disions en effet que tout ordre apparaît nécessairement comme contingent.S'il y a deux espèces d'ordre, cette contingence de l'ordre s'explique : l'une des formes est contingente par rapport à l'autre ... Il n'y a pas l'incohérent d'abord, puis le géométrique, puis le vital : il y a simplement le géométrique et le vital, puis, par un balancement de l'esprit entre l'un et l'autre, l'idée de l'incohérent." (BgEC_141) ou un chaos dans l'"esprit".


Que la vie soit en réalité d'ordre psychologique, BgEC_258, est bien la preuve que l'on en est à une idéalité faite de finalité où la consicence et le psychologique préxisterait en suspens. Mais Dans ce mouvement de la pensée comme intuition insuffllée dans le vivant et non plus comme intelligence posée sur la matière (ce qui est déterminée à agir et à être agi pour les tenant de l'idéalisme), ce qui acquiert la dimension de nécessité est comme chez Nietzsche l'accumulation et la dépense d'énergie sous la forme d'une puissance, d'une capacité (dynamis) et non d'un pouvoir qui contrait. Que la vie soit une réalité d'ordre psychologique ne fait que répondre à la question que pose l'évolution Créatrice existe-t-il une durée (une contingence) en dehors de notre liberté intérieur. Le fait que cette contingence soit relative aux obstacle et non plus radicale (du fait de l'imagination ou fabulation) amène la légère par de scepticisme de Bergson quant à l'histoire ou la possibilité d'un changement radical comme le note Merleau-Ponty dans Signes.


La vie est donc la contingence qui ouvre à deux dimensions "nécessaires" que sont l'accumulation et la dépense d'énergie. La vie est la contingence de la nécessité, une manière de repousser l'usage de lois par la puissance, par l'indéterminé alors que les matérialistes institutionnels parleraient volontiers de nécessité de la contingence et ressortiraient alors leur Dieu métaphysique comme principe anhyptohétique, la matière leur servant de corrélat (car pour eux il n'y a que les matérialismes dialectique ou démocratique qui vaillent). La puissance encore une fois n'est que dynamis platonicienne ou potentia spinoziste : le possiblité d'agir et de penser de pair.

Mais, petit cours de critique, si vous définissez la vie, les tenants de l'intelligence et de la matière vous dirons que vous la réduisez et si vous ne la définissez pas tel un axiome (un hypothèse de départ plutôt qu'un principe alors vous demeurerez à leur yeux dans le vague, que ne ferait-on pas pour descendre son adversaire à coup de rhétorique et par là manipuler l'ignorance du disciple de tels procédés : si vous avez un axiome  vous ne pouvez définir et si vous définissez vous réduiser : toujours jouer sur deux tableaux et les tenir pour incomplets chacun séparément tout en évitant de se pencher sur les textes.

De manière plus "la vie comme prétendu corrélat de la chose en soi" n'est qu'un idiome parmi bien d'autres mais cet idiome, ce régime de penser a l'avantage de nous faire sortir du sujet dialectique aussi que de la structure axiomatique. La vie rentre dans le cadre de l'Ouvert, idiome que nous ne défendons pas sur ce site mais avec lequel nous avons des accointances. Au Dehors il n'y a pas LA vie, mais des existence contingentes qui savent comme Bergson et beaucoup d'autres que l'histoire est contingente et qu'il suffit de s'opposer à ses ''lois" et aux déterminismes en général pour changer le destin et l'histoire.


Voir aussi qu'est que la vie chez Nietzsche.

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