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Publié par Les Etudiants de Paris 8

François, duc de la Rochefoucauld

 

 moraliste français,  1613-1680

 

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Moraliste français, surtout connu comme auteur de maximes, dans lesquelles il a souligné le rôle essentiel de l'« amour-propre » dans les relations sociales et tenté de caractériser l'« honnête homme ». Né à Paris, issu de l'une des plus nobles familles de France, aristocrate et homme du monde, il embrassa d'abord la carrière des armes, et se distingua, en 1629, lors de la campagne d'Italie. Enfermé à la Bastille en 1637, puis exilé dans le Poitou pour avoir conspiré contre Richelieu, avec la duchesse de Chevreuse, il fut ensuite impliqué dans les agitations de la Fronde. En effet, par amour pour la duchesse de Longueville, il prit parti contre Mazarin en 1648, comme il le racontera dans ses Mémoires (1662). En 1652, gravement blessé aux côtés de Condé, il renonça aux complots politiques et aux entreprises guerrières, se rallia au roi et se retira dans ses terres. Revenu à Paris en 1656, il fréquenta alors les salons de Mme de La Fayette, de la marquise de Sablé, de Mlle de Scudéry, de Mlle de Montpensier, ou encore de la marquise de Sévigné puis, en 1658, entreprit la rédaction de ses Maximes. Sa vieillesse fut marquée par une douloureuse maladie des yeux et par des deuils qui l'affectèrent beaucoup. Il déclina l'offre d'un fauteuil à l'Académie et mourut avec l'assistance du prédicateur Bossuet. Ses Mémoires (1662), consacrés notamment à la régence d'Anne d'Autriche, sont un précieux témoignage sur les années 1624-1659. Après sa mort parurent ses Réflexions diverses. Mais son œuvre majeure est le recueil de Réflexions ou Sentences et Maximes morales, publié en 1665 sans nom d'auteur. La Rochefoucauld y dénonce, impitoyablement, les déguisements vertueux de l'égoïsme inconscient, que l'on appelle à cette époque « amour-propre » (« Nos vertus ne sont le plus souvent que des vices déguisés »). Cette mise en cause de la vertu, qui n'est que l'imposture de l'orgueil, appartient à une très ancienne tradition chrétienne. Mais la critique du moi, insistante dans les Maximes, vise aussi l'héroïsme et la gloire tels qu'ils ont été exaltés pendant le siècle de Louis XIII. Le recueil présente par ailleurs une réflexion sur l'influence que le corps exerce sur les mouvements de l'âme. L'homme que décrit La Rochefoucauld est dépourvu de liberté, inconstant et ennemi de lui-même. Cependant, bien que cette vision traduise un réel désenchantement, le constat du moraliste n'est pas stérile. Les Maximes enseignent aussi que la vie vaut d'être vécue si on respecte les règles de la sociabilité et de « l'honnêteté ». Le style est travaillé dans les Maximes avec une grande précision, en accord avec la lucidité, l'austérité et l'acuité de la pensée.

 

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