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Publié par Anthony Le Cazals

« L’important est d’être capable de quelque chose… » Nietzsche

C'est alors, quand on est capable de repérer ce qui à de l'importance à notre époque, par exemple que toutes les nouvelles technologies, par-delà le combat entre contrôle et liberté, sont issues d'une pensée qui a rejeté toute représentation sans pour autant tomber dans l'abstraction à savoir la physique quantique. Pour cette physique il n'y a plus ni matérialité ni spiritualité ou plutôt si elles existent cela est sans importance comme un refus de la vie avec ses brèches et des dimensions non-maîtrisées, non formulées. On peut dire qu'il y a de l'indicible, du non-formulable mais on ne peut s'en tenir aux superstitions, aux inobservables du passé, qu'il soit de l'ordre d'un Dieu ou du Vide. Or la pensée tranchante et incisive est toujours l’audace et la volonté d'indiquer quelque chose de différent, de toujours plus nuancé. L'inhumanité tout en crépuscule que l'on veut nous préparer n'est que passage aride ou glacial vers un changement radical du fonctionnement de notre cerveau, que certains artistes, penseurs ou chercheurs ont vécu, vers un bouillonnement affectif de ce qui baigne nos cerveaux, à savoir nos corps, et qui consiste à appuyer vers ce qui est enthousiasmant plutôt que de recevoir tristement les nouvelles du jour, toujours dictées par on ne sait quel pouvoir, par on ne sait qu'elle incapacité à aller vers les affects actifs, les devenirs porteurs bref ce qu'il y a de nouveau dans notre société, ce qu'il y a de natalité en ce monde. On pourrait chercher ailleurs mais c'est ici que les choses se passent, comme le Gai Savoir de Nietzsche qui, passé l'Aurore, sonne toujours un Midi et donc le Crépuscule des anciennes idoles, des erreurs du passé que l'on nous inscrites dans le cerveau comme des vérités, en fondant et en instituant des mots vides et des idées creuses. La plus grande erreur serait de croire que la dialectique est une pensée quand précisément elle n'est qu'une réflexion, « réflexion de l'âme avec l'âme » — dit Platon dans son Sophiste —  illusion du miroir qui nous renvoie toujours la même chose quand nos affects, si déviants, nous suggèrent d'autres choses, d'autres voies. C'est sans doute par une modification de notre bouillon d'hormones qui baignent notre cerveau qu'un basculement se fera de ce que l'on a appelé jusque là l'homme — l'homme supérieur, le bourgeois — vers le Surhomme — vers le collectif des créateurs, des guerriers intempestifs. C'est quand ce genre de pensée peut être amené en face du bourgeois, de l'homme supérieur qu'une grande politique peut commencer, une politique qui repose non sur un pouvoir fait de contraintes et de contrôles ou une économie de la rareté, mais sur un puissance sans cesse renaissante. Le percevoir cela c'est déjà le concevoir. Percevoir une capacité d'autonomie, ressentir quelque chose de l'ordre de l'éternité et non du quotidien c'est déjà concevoir que si l'on veut  que cela revienne il faut s'efforcer, il faut diriger sa volonté vers la puissance. C’est la potentia chez Spinoza ou la dynamis chez les Grecs. Enfin chez les Arabes c’est la quwwa qui  désigne les forces tant rationnelles qu'irrationnelles de traction ou d'attraction qui s'exercent sur l'homme mais c’est aussi la capacité d’agir.
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