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Publié par Anthony Le Cazals

Vouloir une vie riche par-delà les contradictions, apparentes contradictions, ce n’est pas revenir éternellement à la même chose mais vouloir revivre les mêmes choses, admettre un destin sans borne et pourtant fini, simplement fini-illimité, nous y reviendrons. C’est alors ne suivre qu'une seule promesse, par exemple celle de revivre sans cesse les midis et les acmés de l'existence, parce que telle est notre capacité, telle est notre envie. C'est cette envie qui relance l’entrain. Combattre plutôt que créer ou même fonder. Concevoir différemment les choses plutôt que d'en chercher sans arrêt l'origine, c'est-à-dire ce Midi avec lequel on ne parvient pas à renouer, faute de l’énergie ou de l’inertie nécessaires. Au fond il n'y a que deux maître-mots, effort et volonté, c'est ce à quoi en appelle toute philosophie sinon elle n'est que calomnie et déchéance. Mais on ne peut en rester là, ni être las. On n’a pas su trouver d’autre nom à ce qui était de l’ordre de notre nature intime et qui échappait au rôle tenu en société autre que la vie ou peut-être avec Nietzsche et Bergson l’expression de « moi profond ». C'est qu'il faut passer du délire à la réalité, de l'idée qu'une capacité d'autonomie — ou puissance — existe à la volonté tournée vers cette puissance, vouloir qu'elle revienne sans cesse mais toujours différemment et ainsi introduire en la réalité une certaine complexité. Non pas vouloir dominer ou maîtriser les choses avec pouvoir ou surplomb, mais assumer les risques, le fait d'être incompris ou non reconnu dans ce que l'on fait, traverser les souffrances pour mieux affirmer les joies intenses qui nous traversent, c'est cela une vie immorale et tragique. Immorale parce qu'elle a rompu avec la quête de reconnaissance, avec les codes de ce qui est admis à une époque et les signes de réussite qui en porte la récompense. Tragique parce qu'elle chante la vie, le chant du bouc. Il n'y a rien d’étonnant à ne rien envier aux Grecs, il n'y a rien de surprenant à se dire que nous vivons une époque merveilleuse dès lors que l'on sait faire fi des passions tristes que les médias vous renvoient et à travers eux, le pouvoir. Longtemps fut coercitif, le pouvoir tente de maîtriser désormais tout ce qui est vivant ou peut s’échanger de l’information. Il ne s’agit pas discipliner mais de contrôler cette information.
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