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Publié par Anthony Le Cazals

Quelque part à travers la morale du prochain, l'attention à autrui, c'est la négation de tout ce qui est de l'ordre de l'énergie, c'est la compassion pour ce qui est faible. S'attrister du malheur d'autrui plutôt que de s'égayer de son propre destin. Nier le dynamisme, comme Achille tétanisé face à cette idée saugrenue que l'être du mouvement serait d'être infinie donc inutile, c'est toute l'énergie et l'effervescence dont sont capables les "devenirs animaux" (et non plus les "êtres humains") qu'on a rejetés. Autrui est la plus grande négation de la nouveauté, car cette dernière il faut l'expérimenter pour mieux en peser la valeur, il faut se séparer d'autrui, je veux dire de la manière égalitaire que l'on a de traiter ce qui nous arrive dans les pattes. Il faut précisément aller du côté où les valeurs sont détestées, sont calomniées, vers l'immoral, le non-médiatique, c'est cela affirmer la vie, transformer ses déviances en tendance, souligner les exceptions à la règle, les erreurs au vrai, pour en faire de nouvelles règles, de nouvelles vérités. Pourtant l’esquive, la fuite tout autant que le combat et l’engagement, ne sont pas de l’ordre d’une morale d’autrui, mais partent bien d’une indifférence, d’un écart vis-à-vis de cet instinct grégaire. Il est aisé de rappeler avec ce vers de Rimbaud « je est un autre », combien la conscience d’autrui est avant tout l’incorporation en soi de ce qui nous est extérieur mais est avant tout le fruit d’une communication communautaire. Or la subjectivité, le « je dissous », le « moi fêlé », le caractère capricieux, la résistance ultime n’est pas exactement la personnalité qui s’appuie avant tout sur une physiologie, pour en libérer une énergie et des perspectives audacieuses.
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