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Publié par Anthony Le Cazals

Il n’y a pas de capacité à penser, la seul chose dont nous soyons certain c’est de la capacité d’agir de notre corps. L’acte de penser ne relève pas d’une aptitude, comme c’est le cas pour notre réflexion. Tout le monde ou presque sait réfléchir dans le but de s’adapter à une situation présente, mais rares sont ceux qui pensent avec une certaine concentration et une certaine ampleur. Ceci vient de que l’acte de penser relever davantage d’une rencontre qui parce qu’elle est contingente plus que hasardeuse. Pour qu’il y a rencontre il faut qu’ill y ait affinité, « atomes crochus » et c’est cette contingence qui garantit l’authenticité de ce que l’on ressent et la nécessité de ce qu’elle donne à penser. C’est ce qui fait la force d’une rencontre, ce qui marque un destin.

« Si la philosophie apparaît en Grèce, c’est en fonction d’une contingence plutôt que d’une nécessité, d’une ambiance ou d’un milieu plutôt que d’une origine, d’un devenir plutôt que d’une histoire, d’une géographie plutôt que d’une historiographie, d’une grâce plutôt que d’une nature. » DzQP_92 Bref de rencontres dans un milieu propice.

Notre destin, comme celui de la pensée et de notre civilisation, n'est inscrit dans aucun livre de philosophie ni dans aucun cerveau. On peut idéaliser le destin sous le terme de vie, ui regroupera tant l’idée qu’on s’en fait, que l’élan énergétique impersonnelle voire spirituel qu’activité intempestive qui consiste à se placer hors de toute institution. Mais dans le destin on peut voir surtout une dimension contingente ou supplémentaire à l’existence, qui fera à dire à tous que « la vie » n’est pas l’existence, que le tourbillon n’est pas la simple présence. Nietzsche est le premier a parlé de la nécessité du destin comme amor fati et non comme simple nécessité de la contingence. C'est cela que les Grecs en marins avertis, nommait direction ou cap quand ils ne connaissaient pas le but exact. C’est cela qu’à partir des Alexandrins et des Latins nous nommerons esprit et qui ne se réduit pas à notre conscience. Tenir la direction, c’est tenir son destin en main et cela très peu de personnalités parviennent à le faire. L'amour du destin est amour de la contingence ou de ce que j'appelle la complexité, de la mise en relation de ce qui ne devrait pas tenir ensemble, selon les lois cartésiennes, c’est autre chose qu’une glande spinale. Chez Spinoza il n'y a pas de contingence. On pourrait croire que la seule contingence qui soit dans son système est la substance car il nous pousse à aimer est Dieu ou la Nature ou la Substance. Mais si Spinoza a recours à la substance et dit qu’il y a substance comme d’autre dirait qu’il y a Vérité, c’est que la substance n’existe pas, elle est une hypothèse de départ dont l’amour sera le principe, seuls les modes, les manières d’exister peuvent exister ou non selon les lois qui les déterminent. Le naturalisme n’admet pas la contingence, car tout doit pouvoir être expliquer par des causes issues des lois de la Nature, cela est valable de Spinoza à Goethe : « dans la nature des choses il n’y a rien de contingent » I,29, mais dans ce que Spinoza nomme béatitude ou grâce, oui. Ainsi quand certains parle la « nécessité de la contingence » et non de son amour, ce qu’il cherche à faire c’est à sauver le cartésianisme et faire que la contingence acquiert une nature divine, alors que Dieu ne peut être dit chose contingente, une hypothèse n’est pas un principe, c’est l’amour de Dieu qui est la contingence chez Spinoza, car demeure une dimension du destin (possible) et de la rencontre (compossibilité), bref de la direction de vie.

La contingence est une richesse, une émulsion, c’est-à-dire combinaison de deux termes soutenus comme contradictoires, mais c’est une chimère bien réelle dans le cas de toute les émulsion. De la contingence on peut qu’elle relève de l’Un selon l’usage platonicien, mais s’il n’y par nihilisme, par croyance en rien, pas d’Un, il y a de la contingence, quelque chose qui échappe à l’existence normale et normée. On peut relever différents passages d’auteur sur la contingence : « elle est ou elle n’est pas » BgPM_207 « L’Un qui ne peut être ni ne peut ne pas être »BdCE_44E°I,33,sc.1.
indécidabilité absolue de la liberté « qu’il soit faux et que l’Un est et qu’il n’est pas » _87 « une chose dont nous savons fort bien qu’elle n’enveloppe pas contradiction sans pouvoir pourtant rien affirmer de certain concernant son existence, pour la raison que l’ordre des causes nous échappe… aini nous l’appelons soit contingente soit possible
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dominique giraudet 18/07/2009 12:21

Développement intéressant, merci Anthony !

Anthony 19/07/2009 18:35


Bonne saison estivale, Dominique :)

Amitiés

A.