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Publié par Anthony Le Cazals

Un abandon de la spiritualité  « Le discours spirituel qui accompagne cette méthode [d’art martial] est un fatras inutile. En revanche, il faut ce temps-là pour modifier la structure musculaire et obtenir les moyens physiques qui vont permettre de transmettre l'énergie dans la frappe. » S. U. Uem**. Nietzsche le disait autrement la guerre est ce qui fait abandonner toute dimension personnel, et donc le repli spirituel et confessionnel.

 

Une autre manière d’agir, d’activer ses muscles — «  En effet, il faut saisir la distinction entre la pensée et l'intention. Si on pense, dans un combat c'est trop tard. L'entraînement doit nous permettre d'utiliser l'intention, beaucoup plus rapide mais bien plus difficile à développer. Il s'agit d'un autre schéma de fonctionnement du système nerveux qui permet de déclencher une autre manière d'agir sur le système musculaire. » S. U. Uem*

 

Une énergétique comme gestion du combat — « Pour faire des arts martiaux un moyen de mieux exploiter l'énergétique, il y a des principes simples regroupés autour de deux concepts, seules clefs pour progresser en âge dans les arts martiaux : le premier est le relâchement qui rend le corps disponible qui permet la gestion technique. Quand vous utilisez cinq muscles, réduisez à deux. Celui qui frappe avec cinq muscles est moins efficace et s’épuisera beaucoup plus vite. Quand on regarde un mauvais combat, c’est un peu comme quand on est assis à côté d’un mauvais conducteur, on termine noué et courbatu d’avoir freiné de tout son corps. Le second est le principe général d’économie. Chercher à obtenir le même, ou un meilleur résultat avec moins de dépense. Ce n’est pas la force qui doit produire du mouvement, mais le mouvement qui produit de la force.Le bon combattant cherche non pas la vitesse, mais la rapidité. C’est-à-dire que les gestes ne doivent pas être effectués comme si on les précipitait, mais dans un timing juste, pour toucher rapidement la cible. Cette rapidité n’est pas réactivité neuromusculaire, mais technique, placement, trajectoire. Par exemple, quand on dégaine un sabre, le geste est plus rapide quand on recule en même temps la jambe et qu’on fouette avec le poignet. Gagner du temps c’est une question d’orientation articulaire, de placement d’appui, de suppression de gestes intermédiaires. De l’intérieur, vous êtes « tranquille », de l’extérieur, cela paraît incroyablement rapide. » S. U. Uem**

 

L’économie énergétique des samouraïs — « le principe de moindre action n’est plus « axiomatique » selon la symbolique employée par nos dogmatiques occidentaux (platoniciens, dialecticiens et structuralistes), le principe de moindre action  n’est plus principe de raison suffisante mais à la base du combat pour les samouraïs. « La recherche de la meilleure gestion de l’énergie, c’est ce à quoi les samouraïs consacraient toute leur vie. Ils avaient compris que l’énergie est un concept d’ordre général, qui va de l’alimentation, jusqu’à la manière de penser. Quand la vie est en jeu, tout est gestion de l’énergie, de la posture parfaite qui permet la meilleure répartition du poids et de la gravité sur la structure osseuse, de la façon de marcher, d’économiser le moindre geste jusqu’à la posture mentale, où il s’agit là aussi de choisir juste, d’élaguer. Après une séance sportive, on peut boire une boisson énergétique. Sur un champ de bataille, survivent ceux qui dépensent le moins, qui ne se fatiguent pas. C’est pour cela que les samouraïs considéraient que suer pendant le combat était déshonorant, signe de manque d'efficacité. Ce concept, il l’ont étendu à l’existence dans son ensemble et c’est l’origine de notre travail martial. » S. U. Uem**

 

Le mouvement en arts martiaux —  « L'arrêt est un tabou en I-Chuan car c'est la mort dans un combat. En effet, l'arrêt produit de l'inertie et donc la nécessité de produire une force qui combat cette inertie. Si on arrive à bouger sans produire cette inertie, on évite d'avoir à la combattre, de perdre ainsi de l'énergie. Ce n'est qu'après avoir maîtrisé ce qui vient d'être dit que l'on apprend à déplacer l'axe du corps, indispensable pour acquérir le sens de l'esquive, dans le contexte d'un combat réel où l'adversaire est censé attaquer avec une arme blanche. » S. U. Uem* voir ci-après la force explosive .

« A titre d'exemple, le maître Wang Xian Zhai donnait l'image d'une marche, la nuit, sur une mince couche de glace qui s'est formée sur le Fleuve Jaune. Le moindre appui, le moindre arrêt dans le déplacement du poids provoque un grave danger. Toute marche qui ne respecte pas cette règle n'est pas la marche du I-Chuan. Pour être plus complet, après avoir étudié la notion d'inertie dans le shili

La force explosive ou fa ling — « Après avoir réussi à déplacer la force, on peut alors la faire sortir. C'est la notion de « fa ling ». Pour mieux comprendre cette explosion, on peut donner comme image celle d'une force comprimée qui trouve un point de fuite et par lequel toute l'énergie accumulée jaillit. On ne peut donc produire cette explosion sans avoir compris dans son corps les notions de concentration d'énergie, de déplacement de force, d'énergie centripète et centrifuge. » S. U. Uem*. « Le phénomène ondulatoire de la frappe, qui la rend « magique » pour un non initié, les experts chinois l’appellent le « fa ling ». C’est essentiellement ce qu’ils recherchent : la capacité à rendre la force explosive. En karaté, à un petit niveau, on exploite essentiellement l’inertie. On lance la frappe et on suit. Cela ne va pas loin. Je dirais même que la technique commence quand on parvient à effacer l’inertie pour y substituer la force explosive. La tradition martiale en a identifié de nombreuses formes. J’arrive désormais à huit, dont trois de base : la compression, l’extension, le frottement. Rien de tout cela n’est secret ni caché. Rien n’est vraiment difficile à expérimenter. Il faut en revanche du travail pour installer cette compréhension des phénomènes dans les techniques. Je crois aussi  que c’est universel. L’une des plus belles manifestations de fa ling, c’est le knock-out de Mohammed Ali sur Georges Foreman ! Ali n’avait pas fait d’arts martiaux, mais il avait l’intuition de la frappe non pas puissante, mais  efficace. » S. U. Uem**.

 

La force ascensionnelle — C’est un petit écart que nous nous permettons mais cette force aussi appelé rotation ascensionnelle est la force qui utilisant est la gravitation et la percussion permet aux sauteurs en hauteurs de sauter plus haut que leur taille parfois 60µ cm au-dessus. Cela repose sur le « principe » un bâton ou du manche à balai que l’on lance en avant presque à la verticale et qui rebondit en effectuant une rotation. Cette technique ne pas exactement celle du saut à la perche car cette dernière plus souple utilise le principe du levier pour catapulter le perchiste en l’air, celui-ci devant ensuite s’aider de ses bras pour franchir la barre, toujours plus haute que la hauteur de la perche.

 



Uem*    entretien de Shigeru Uemura dans la revue arts martiaux, mis en ligne sur www.kamuhi.com, en mai 2006, par Seijilo Uenura
Uem**    http://www.ffkama.fr/magazine/n22/P36-39-KM22.pdf

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