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Publié par Le Cazals

Petite note qui a pris de la longueur pour montrer que certains philosophes s'illussionnent à produire l'inverse de ce qu ils prétendent : l'émancipation. Dans une note précédente nous avions parlé en termes bien abstraits de Stupeur de l être et de Clâmeur de l être, ce qui correspond pour les philosophes contemporains à Badiou d'une part - Platon et son système de la République qui n'admet pas la nouveauté - et Deleuze d'autre part. Ils s'agissait comme le remarque lui-même Deleuze (voir note sur les systèmes chez Deleuze*). En quelques mots "un système ouvert c'est quand les concepts sont rapportés à des circonstances et non plus à des essences", dans ce cas c'est un système fermé.

Ce qui se produit donc avec Badiou, l'archevêque de l'émancipation, Saint-Paul de l'infini actuel, c'est que sous couvert d'une égalité déclarée qui vise un absolu inatteignable (pléonasme) à savoir le Dieu-Liberté. Il se trouve que précvisément il respecte les énoncés de Platon, qu'il est allé avec sa grande lenteur de l'hypothèse au principe anhypothétique, de la l'égalité à la liberté. Pour Platon, si avoir en vue c'est faire, il suffit que la liberté soit aperçue pour qu'elle soit effective comme absolu, comme Badiou baignant plein de vanité en ce moment au milieu de son système. Très tôt déjà il affirmait qu'il n'y avait pas de nouveauté en philosophie. Disons que la nouveauté n'a pas lieu mais constitue une donnée importante . Badiou est dans un système qu'il nomme "parcours à l'envers", "trajet point par point" et qui consiste à "platoniser en paix". Nous avons donc là bien un système qui , les problèmes d'asservissement surgissent donc quand on veut passer à l'endroit tout bonnement, mettre en application ces idées transcendantes, qui ne sont là que pour empêcher tout effort, toute action autre que "morale". L'envers de cet envers, ou plutôt l'endroit concert de cela, c'est que l'on tombe dans un système régi par un tribunal de l'égalité, ou en quelque sorte chacun est renvoyé par rapport à ses propres choix par rapport au système que Badiou met en place. C'est qu'il existe pas d'action morale, pas plus qu'il n'existe de phénomènes moraux, il n'y a qu'un jugement moral porté sur les actoin ou la réalité (admise de manière plus ou moins complexe). On est bien renvoyé à un système de jugement, un système qui tend à se fermer et à devenir crépusculaire parce que asservi à des Idoles, des Idées. ¨Pensez à toute la thématique chrétienne dont ne parvient à se dépétrer Badiou. Ce parcours symbolique est anticipable n'amènera rien sinon des malentendus quand certains chercheront à mettre en pratique tout ces illusions symboliques d'un vieux penseur de plus de 55 ans, qui au fond nous parle de sa vie "digne" mais ennuyeuse.  C'est certainement cela qu'il faut faire avec Badiou ne pas détacher le discours de celui qui l'a énoncé, car l'effet inverse produit  des vérité bien ennuyeuse pour notre avenir : "la vérité s'oirigine d'une disparition", celle du sujet qui l'énonce.

Je rappelle ici que j'ai employé des idées creuses, liberté et égalité, qui ne sauraient nullement exister
: on passe plus de temps à les expliquer qu'à réussir à le mettre en oeuvre, car l'une comme l'autre participent d'un système de reconnaissance.

Nous ne venons d'employer ici que ce que Deleuze appelle autrement pensée du Pli et pensée du Dépli, qio sont très exactement des systèmes clos et ouverts. Pour montrer la clôture de Badiou, il suffit de voir en quoi, il reconduit le système communautaire énocé par Platon lui, le Sujet, appelant ses adeptes à mener une "vie bonne" comme lui, bref à porter un jugement de stupeur sur la vie, sur ce qui varie ou devient et donc à esquiver la dimension du combat, du par-delà le Deux (le ni... ni... plutôt que le ou bien... ou bien..). La seule échappatoire à ce retour au même et à cette variation du même est aussi entrevue par Deleuze comme étant une Pensée du Surpli ou du Dehors. Elle consiste tout bonnement à sortir de la pensée en système : c'est la critique et la satire de Nietzsche, ce sont les prétendus "paradoxes" ou énigmes d'Héraclite, qui ne sont là que pour pousser à l'audace et à l'action, donc au final à la lutte et au combat contrairement à Badiou qui arrivera toujours après-coup pour interpréter de manière crépusculaire et Deleuze qui sera dans une attitude de fuite active, d'évitement mais qui au fond n'amène pas à s'intéresser plus au corps et à sa transformation (gymnasitque, arts martiaux) qui conditionne autrement la pensée que vers la dimension du suicide à force d'avoir trop épier le virtuel.



Autres approches des systèmes.
1°) En biologie des systèmes, on parle de système fermé qui entre ensuite dans un servo-mécanisme. Ce système fermé effectue l'opération de régulation réclamée par un autre système auquel il est asservi : cette régulation ayant en vue le maintien en vie du système auquel est asservi le système fermé. C'est toute la biologie de Claude Bernard et à sa suite la théorie de l'homéostasie.

En physique pour parler de servomécanisme on pensera au thermostat qui permet de régler la température d'une pièce. Mais pour tout cela allez voir le site sur cybernétique et physiologie

2°) En dynamique des systèmes (Jay W. Forrester) et cybernétique (Robert Wiener, qui n'est autre que la théorie de la commande et de la communication : art du pilotage en grec) on parle de système à boucle de rétroaction négative pour les système fermés et à boucle de retroaction positive ou explosive pour les systèmes ouverts. Les systèmes ouverts sont alors soient des cercles vicieux soit des cercles vertueux. Et donc pour fermer la boucle, la nouveauté n'existe que pour un système ouvert, dans le cas de Deleuze, c'est la modulation, la différenciation s'appuyant sur un vituel. C'est pourquoi l'on peut dire que le virteul et vertueux.

Il reste tout de même des attitudes, des gestes, qui tendent à s'autonomiser, à se séparer des systèmes et donc de la pensée des philosophes, c'est la pensée des sages, le parcours de sagesse comme l'appelle Nietsche et sur lequel on cherche tôt ou tard d'un point de vue systèmique à y calquer les notions de Vérité, et voyant que l'énigme y est rétive celle de paradoxe, mais précisméent le paradoxe n'est pas dans la doxa, dans la moralité entendue puisque l'énigme est l'énoncé qui pousse à l'effort, à l'investissement corporel.
 
un exemple de boucle de rétroaction négative ou régulatrice

un exemple de boucle de rétroaction positive ou explosive. Les embouteillages dans le trafic nécessitent d'autres infrastructures routières pour décongestionner mais ces nouvelles infrastructures<induient un nouveau trafic qui finira en embouteillage, si l'on demeure dans une optique de croissance.





* "Je crois à la philosophie comme système. C’est la notion de système qui me déplaît quand on la rapporte aux coordonnées de l’Identique, du Semblable et de l’Analogue. C’est Leibniz, je crois, qui le premier identifie système et philosophie. … Pour le système ne doit pas seulement être en perpétuelle hétérogénéité, il doit être une hétérogenèse, ce qui me semble n’a jamais été tenté" (Deleuze in Deux régimes de fous..., DzRF_338). "Un système c'est un ensemble de concepts / En fait les systèmes n'ont précisément rien perdu de leur force vives. Il y a aujourd'hui, dans les sciences ou en logique, tout le début d'une théorie des systèmes dits ouverts, fondés sur les interactions, et qui répudient seulement les causalités linéaires et transforment la notion de temps ... Un système ouvert c'est quand les concepts sont rapportés à des circonstances et non plus à des essences" (Deleuze, Pourparlers, DzP_48).

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olipien 22/10/2008 00:43

"... Un système ouvert c'est quand les concepts sont rapportés à des circonstances et non plus à des essences"

Mais si ces essences font parties des circonstances?....Un système ouvert aurait pour réalité des circonstances , ce qui laisse à penser qu'il ne garanti pas l'holisme des circonstances, puisqu'il a pour axiome le rejet de toutes essences en particuliers des causalités linéaires....

Pour rester ouvert, le système ne doit donc pas être capable d'harmoniser un système fermé selon le mod de son articulation ( ici constructal=hétérogenèse) opposé à un système fermé (fractal=homogenèse).

Le système ouvert n'est donc ni un dépassement du système fermé, ni l'opposé du système fermé.

En fin de compte, un système ouvert pensé est déjà vicié par l'involution du concept. J'entends que le système fermé est un système de causalités linéaires, mais que sont voulu est issu lui même d'une causalité non linéaire. Le système ouvert perd donc sa capacité d'hétérogenèse à partir du moment où il possède une règle ne laissant place qu'a un nombre de paradoxe certes infinis, mais incomplète. Si l'on ne peut déterminer toutes les causalités auquel le système ouvert sera exposé, il ne faut pas oublier qu'en interdisant une causalité connu, l'on crait le modulo de son infinité.

Cela est peut être dû à un phénomène de croissance. C'est à dire que l'hétérogenèse n'existe que pondérément et en permanence à la fois dans les infinités de son vouloir. Un système ouvert devrait être un système qui ne réduit pas l'hétérogenèse à un prisme mais un vouloir en croissance. Le système ouvert doit être organique, sans aucune possibilité de retournement à la machinabilité du système fermé.

Un système ouvert doit donc être capable d'harmoniser selon sa structure organique aussi bien des causalités dû à des circonstances, qui peuvent elles mêmes être des systèmes fermés, puisque toute circonstance peut être aussi bien naturelle, qu'artificielle. Un système ouvert ne doit donc pas se permettre d'oublier volontairement un système fermé sous peine de se confondre avec celui-ci, son principe serait structuré dans le mod même du système fermé par une interaction répulsive, donnant à sa structure constructal, à un moment donné, la forme de la vérité en tant que fermé

Ceci laisserai statistiquement au moins une chance au système ouvert de devenir un système fermé...

Pour un véritable dépassement du système fermé, le système ouvert doit à la fois être primogenitus et autogenitus. Il doit être son vouloir dans l'infinité du voulu....

?

Respectueusement