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Publié par Paris 8 Philo

Voici quelques articles relatant la prise de pouvoir instiutionnelle en Turquie par l'Etat obscur (cette collusion de nationalistes-musulmans, de militaire, de chefs de la police qui a investi tout les rouages de l'Etat turc et qui a déjà commis 4 coups d'état en 50 ans mais de manière plus violente et moins légale que cette fois-ci). Vu de l'extérieur, certains penseraient trop rapidement que la dissolution du parti pro-musulman modéré AKP serait une bonne chose et une volonté de faire respecter la laïcité, c'est oublier que les nationalistes sont sont d'autant moins modérés que l'AKP. Certains présentent ce coup d'état comme étant pro-sionniste, comme dans le premier article à suivre. Paris 8 philo

 

Coup d’Etat réactionnaire en Turquie

On Shamireaders, 13 juin 2008

shamireaders@yahoogroups.com

traduit de l’anglais par Marcel Charbonnier

 

Des développements dramatiques en Turquie, où les juges de la cour constitutionnelle (la composante la plus réactionnaire de l’establishment), conjointement aux kémalistes alliés aux généraux pro-américains, soutenus par les sionistes et les néocons, ont mis en scène un coup contre Erdoğan, un modéré, ami de la Russie et de l’Iran, démocratiquement élu. L’article qui suit est d’un analyste indien reconnu, Bhadrakumar. Les ennemis de la démocratie et nos ennemis sont athées – et cela nous amène à y réfléchir à deux fois au sujet des projets d’ « Etat laïc », de « medina chilonit », des juifs antisionistes. Notre ami Paul Eisen, de Londres, l’a résumé de manière succincte : un « Etat laïc », c’est une autre forme de domination juive. Nous l’observons tout aussi bien en Europe – les plus laïcs des pays, la France et l’Angleterre, sont les plus lourdement influencés par leurs communautés juives. En revanche, un pays très influencé par l’Eglise comme la Grèce est parmi les plus libres par rapport à l’influence judéo-américaine. La Russie et l’Iran sont des Etats non-laïcs. En Turquie, le sécularisme n’est qu’une forme, parmi d’autres, de soumission à Sion. Voici l’article en question : (Israël Shamir).

 

Il serait illusoire de croire que dans le paysage politique des pays arabes, que ceux qui se considèrent  les "protecteurs" de ces sociétés contre l'islam politique, en dénigrant et en éradiquant leurs réalités religieuses, culturelles, ne soient pas dans le même état d'esprit que les fascistes turcs, les généraux algériens, BEN ALI, MOUBAREK ect...toute la ligue arabes et ses dictateurs, mais ausi certains groupuscules de la société civile aussi sont disposés à jouer ce rôle.En Tunisie dans le passé des individus comme HERMEL, CHARFI, CHAMMERI, ITTAJDID, les FEMMES DEMOCRATES et quelques vermines sionisantes,  avaient joué,  et parmi ceux qui vivent encore,  jouent ce rôle  d'une façon admirable, ils vampirisent, bloquent et nstrumentalisent pour mieux les vider de leur séve toutes les formes de conmbats populaires, quand ils ne jouent pas les supplétifs de la répression organisée, par toutes les violences criminelles et  liberticides.

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Etat d’alerte au sujet des problèmes politiques en Turquie

par M. K. Bhadrakumar *

 

Le récent verdict rendu par la cour constitutionnelle turque, cassant la tentative du gouvernement d’Ankara de créer une base légale permettant de lever l’interdiction du port des voiles pour les femmes fréquentant les universités, dresse le décor d’une bataille titanesque entre le parti au pouvoir du Premier ministre Recep Tayyip Erdoğan et l’élite laïque de la Turquie, laquelle inclut la justice, l’armée et les « kémalistes ».

 

Le Parti de la Justice et du Développement (AKP) d’Erdoğan mène une bataille de la dernière chance pour sa survie, pas même un an après sa victoire spectaculaire aux élections législatives de juillet dernier, au cours desquelles il s’était assuré un score sans précédent de 40 % des suffrages exprimés. D’après un commentateur politique de haut niveau, Ilnur Cevik, « nous assistons actuellement, en Turquie, à une tentative de coup inspiré par le milieu judiciaire et soutenu par les formations élitaires sécularistes. » Cevik avait averti, voici quelques semaines de cela, : « Ces dernières décennies, en Turquie, les coups d’Etat militaires ont été remplacés par des interventions postmodernes, dans lesquelles certaines formations civiles élitaires sont encouragées à défier le gouvernement élu, ainsi que le parlement, et à imposer leur volonté à la nation. »

 

Mais ce qu’il est en train de se passer ne peut être vu simplement comme des querelles politiciennes. En effet, ce sont des questions très profondes, qui sont en cause. Le cœur de la question, c’est de savoir si le type d’Islam politique pratiqué par l’AKP sera autorisé à fonctionner à l’intérieur des quatre murs des principes démocratiques et à se transformer, graduellement, de manière incrémentale, en une force progressiste, plutôt que de se voir refoulé dans le piège de la radicalisation.

 

Le résultat de ce bras-de-fer sera observé de très près au Moyen-Orient et partout où des musulmans pratiquants se battent, au sujet des questions des relations entre l’Etat et la religion. Inutile de préciser que l’instabilité politique croissante en Turquie aura des répercussions internationales massives, en des temps où l’observation hostile entre les Etats-Unis + Israël, d’un côté, et l’Iran, de l’autre, se rapproche d’un climax fatal, dans le courant des mois à venir.

 

Il a semblé, durant un certain temps de flottement, que les élections de l’année dernière, en Turquie, aboutiraient à générer un équilibre entre Islam, démocratie, laïcité et modernité. L’AKP a assuré ses mandats en tant que parti de croyants pratiquants, mais aussi en tant que parti du « Turc moyen » (pour citer Erdoğan), bien plus qu’en tant que parti profondément enraciné dans l’Islam.

 

L’AKP a insisté sur le fait que sa mission première réside dans l’intégration des différents segments de la société, en tant que mouvement dédié à la « socialisation » de la laïcité. L’AKP a défié la variété de laïcité intégriste régnant en Turquie, qu’il a accusé d’être un concept unidimensionnel, que les kémalistes turcs tiennent pour le stade ultime de l’évolution intellectuelle et organisationnelle de leur société. L’AKP a affirmé que la Turquie ne doit pas rester figée, et qu’elle doit, au contraire, évoluer, en cohérence avec la compréhension que des sociétés démocratiques modernes ont de la laïcité libertaire, qui offre un espace pour la cohabitation d’individus ayant des convictions et des styles de vie différents, dans la société.

 

La conviction de l’AKP, c’est que le sécularisme ne saurait être conçu comme une alternative à la religion, étant donné que c’est non pas l’individu, qui est laïc, mais l’Etat. On peut considérer que cette approche ne diffère pas réellement du nationalisme laïc d’inspiration européenne qui a fourni l’ossature idéologique du système étatique anglo-français, au Moyen-Orient, après la chute de l’Empire ottoman, en 1918.

 

Mais ce qui est en cause, c’est cette réalité, que les régimes nationalistes dans la région – y compris en Turquie – ont de plus en plus perdu leur légitimité politique durant les dernières décennies, ce qui a, a son tour, créé un vide que l’islamisme aspire de plus en plus à remplir. Le camp sécularistes discrédité est incapable de relever les défis de l’islamisme, qui a fait montre d’une habileté remarquable à intégrer les griefs socio-économiques, à les formuler dans un idiome révolutionnaire séduisant, et à leur donner la coloration d’un nationalisme antioccidental extrêmement répandu dans tout le Moyen-Orient.

 

A n’en pas douter, la politique mondiale post-11 septembre (2001) et l’ « islamo-fascisme » dont les Etats-Unis et la Grande-Bretagne insistent à dire qu’il est au cœur de la « guerre contre le terrorisme », ont énormément boosté la plateforme programmatique de l’Islam politique. Pour dire les choses simplement, les forces islamistes sont en train de défier frontalement les espèces ayant cours du pouvoir politique.

 

En recourant à des méthodes populistes, telle la formation de groupes de quartiers, et par leur habileté indéniable à maîtriser les médias, en particulier la télévision, ils se sont adressés à de vastes audiences afin de mobiliser les masses musulmanes. Théoriquement, pour pouvoir se dire laïcs, un système politique ne doit pas interdire les partis politiques confessionnels. Des pays tels que l’Inde, Israël et l’Allemagne se sont dotés d’un système politique inclusif qui autorise la participation des confessions religieuses ou de partis fondés sur la religion à la vie publique. La règle d’or devrait être que des partis comme l’AKP doivent respecter des normes très strictes de résolution non-violente des différends politiques. Et, dès lors que des partis tels ceux-là existent, comme l’AKP, par exemple, qui sont attachés aux principes démocratiques et qui ont reçu du peuple le mandat de gouverner, ils doivent être autorisés à le faire, et à s’intégrer au système politique.

 

Aussi ne devrait-il y avoir nul désaccord quant au fait que l’AKP a réussi au test au papier de tournesol, à savoir qu’il a réussi à être un parti politique fonctionnant conformément aux normes démocratiques. Mais le problème est ailleurs. Des sondages d’opinion récents ont montré que l’AKP continue à surfer sur une puissante vague de popularité. En janvier dernier, sa popularité atteignait les 54 % (à comparer au principal pari « kémaliste », le Parti Républicain du Peuple, dont l’acronyme turc est CHP, qui n’atteint qu’un score d’environ 20 %).

 

L’économie et la stabilité politique ont été des facteurs clés de la popularité constante de l’AKP. Manifestement, comme l’a écrit récemment l’éditorialiste turc Tahya Akyol dans son journal libéral, le Milliyet : « Le CHP n’est pas vraiment influencé par les développements sociaux. Il tourne autour d’une base électorale stable et constante… Le soutien élevé, mais fluctuant, dont bénéficie l’AKP, montre que ce parti est sensible à la conjoncture sociale. Le fait que le soutien au CHP soit bas, mais stable, montre que ce parti n’est pas autant affecté par le social. Ainsi, des millions de patrons de PME, de fermiers et de chômeurs ont des problèmes, et les appels à la démocratisation de la société ne font que croître, mais ces millions de personnes ne voient pas une alternative à l’AKP dans le CHP… Celui-ci n’est pas un parti exprimant la défense de besoins sociaux ; non, c’est un parti élitiste et idéologique.

 

« La structure élitiste et idéologique du CHP, inflexible et insensible aux revendications sociales, interdit à ce parti de devenir un parti de masse, pour les Turcs moyens… Le Turc moyen rejette un Etat théocratique, mais il veut que la religion soit respectée ; il croit à la laïcité démocratique, mais il veut que l’interdiction du voile soit levée ; et il apporte une importance au fait que tous les aspects de la vie courante ne deviennent pas des problèmes. A l’évidence, ce Turc moyen vote généralement pour l’AKP, un parti auquel il n’existe pas d’alternative, parce que, malheureusement, nous n’avons pas de parti social démocrate qui serait soutenu par des millions de citoyens ordinaires, originaires de toutes les régions de la Turquie. »

 

De manière significative, l’élite militaire turque n’a pas perdu une minute pour endosser la décision prise par la cour constitutionnelle mercredi dernier. La haute hiérarchie militaire avait observé un profil bas depuis le succès électoral massif de l’AKP lors des législatives de juillet 2007.

 

Mais, la semaine dernière, elle a montré sa tête, par-dessus le parapet. Le chef suprême de l’armée, le général en chef de l’Etat-major Mehmet Yasar Büyükanit, a retrouvé son élan perdu. Il a tonné : « La République turque est le seul pays, dans le monde musulman, à avoir une structure laïque. D’aucuns veulent détruire la structure laïque de la Turquie, ou qualifier le nom de notre pays au moyen d’épithètes. Les corps judiciaires ne le permettront jamais. Aucun pouvoir ne sera jamais assez puissant pour renverser la République et ses principes fondamentaux. »

 

 

Le général condamnait ainsi tout étranger qui aurait osé voir, en la Turquie, un « pays islamique modéré ». Il a ajouté : « La Turquie est un pays laïc, démocratique et social, gouverné par l’état de droit. Il est impossible de modifier en quoi que ce soit ses caractéristiques. Cela n’est pas un commentaire, c’est l’énonciation d’une évidence ! »

 

La décision de jeudi dernier est une mauvaise nouvelle, pour Erdoğan. Un procès disjoint, intenté par le procureur de la République, est en cours, qui fustige l’AKP pour son comportement anti-laïc et interdit à 71 de ses dirigeants les plus éminents – dont Erdoğan et le président de la République Abdüllah Gül – d’appartenir à un quelconque parti politique pour une durée de cinq ans. La plupart des observateurs turcs considèrent que le verdict de jeudi dernier fait de l’interdiction judiciaire du parti AKP une conclusion quasi-certaine (le verdict du tribunal est attendu pour le mois de septembre ou le mois d’octobre). Les autorités turques ont une longue tradition en matière d’interdiction de partis politiques. Cela s’est produit à plus de vingt reprises, dans le passé (depuis l’instauration de la République en 1921, ndt).

 

Mais l’interdiction de l’AKP aurait des conséquences très graves. Reste le fait que ce parti est le seul parti véritablement national dans le monde politique turc. Et quelles qu’aient pu être les aberrations de son comportement politique dans les mois récents, Erdoğan n’en demeure non moins un homme politique au charisme immense. Sa seule « faute » est le fait qu’il ait dirigé un mouvement représentant une menace très sérieuse pour les élites retranchées qui veulent se faire passer pour « kémalistes » et pour les porte-flambeaux uniques en leur genre du legs de Kamal Atatürk, en tant que fondateur de l’Etat turc moderne.

 

Conformément à des pratiques bien établies par le passé par les partis politiques frappés d’interdiction, l’AKP, selon toutes les probabilités, pourrait toujours ré-émerger sous une bannière différente. Erdoğan, même frappé de l’interdiction de toute activité politique, pourrait toujours rester un acteur influent sur l’échiquier politique turc. Mais ce n’est pas tout : la Turquie serait lourdement perdante. Son image est atteinte, sur le plan international. La revendication d’être intégré à l’Union européenne d’Ankara en souffrirait, très certainement. Les forces consensuelles de l’islamisme, qui sont des forces modérées – que ce soit au Levant, en Palestine ou en Egypte – en tireraient inévitablement des conclusions quant aux limites de la participation inclusive que peut bien offrir la vie démocratique…

 

Israël et ses partisans néoconservateurs aux Etats-Unis pourraient pousser un soupir de soulagement, de voir que le gouvernement AKP est enfin éliminé du paysage politique de la région. Ils ont observé avec horreur le retour de la Turquie, sous la conduite de l’AKP, à l’intérieur du monde musulman. Le rapprochement croissant entre la Turquie et l’Iran, son ouverture vis-à-vis du Hamas, en Palestine, et du Hezbollah, au Liban, ses rapports avec la Syrie – tout cela était « anathème », pour Israël.

 

Le sentiment de soulagement, dans le camp néoconservateur des Etats-Unis, est palpable. Michael Rubin, de l’American Enterprise Institute, voit dans la personne d’ Erdoğan moins un « démocrate douteux » qu’un « protégé » du Premier ministre russe (et ex-président) Vladimir Poutine, qui a élargi le gap entre l’Islam et l’Occident « en encourageant les théories du complot anti-américaines et antisémites les plus virulentes ».

 

Le problème, de toute évidence, est lié au phénomène Erdoğan. Que faites-vous, lorsque quelqu’un doté d’un acumen politique aussi extraordinaire qu’Erdoğan apparaît comme la figure de proue de l’Islamisme, et que vous ne disposez pas du moindre rival à mettre en face ? Le désespoir est évident, dans les propos tenus par Rubin. Il propose une ligne directrice bien utile pour la charte démocratique du Moyen-Orient : « Un succès électoral ne devrait jamais placer les hommes politiques au-dessus de l’état de droit. Le fait que M. Erdoğan ait gagné par 47 % des suffrages lors des dernières élections ne fait qu’exacerber la tragédie, mais cela ne devrait pas lui valoir une quelconque immunité… M. Erdoğan peut certes aspirer à être M. Poutine, mais il ne doit en aucun cas bénéficier du soutien américain, ou européen, qui ne ferait que conforter ses ambitions ».

 

A coup sûr, Israël va acquiescer aux propos de Rubin – d’autant plus qu’il excite la belligérance à l’égard de l’Iran, du Hamas et du Hezbollah. Pourtant, la question à un million de dollars est celle de savoir ce que le Sénateur démocrate Barack Obama, s’il est élu président des Etats-Unis, pensera d’hommes d’Etat musulmans charismatiques, tel celui de la Turquie, M. Erdoğan ?

 

[* M. K. Bhadrakumar a été diplomate dans les services des Affaires étrangères indiennes durant plus de vingt-neuf années. Il a notamment été ambassadeur de l’Inde en Ouzbékistan (de 1995 à 1998) et en Turquie (de 1998 à 2001)]

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Islamophobie sur la couverture de l'Express

 

Cette semaine, l'Express annonce fièrement "Islam, les vérités qui dérangent". Sans vouloir faire de comparaison malsaine, c'est le genre de titre qu'on aurait pu lire dans des magazines fascistes des années 1930: "Judaïsme, les vérités qui dérangent". Le sujet occupe une dizaine de pages, qui tournent toutes autour d'un même sujet: l'incompatibilité de l'islam avec la République. Mais qu'un hebdomadaire modéré se livre à un tel dossier ne semble émouvoir personne. Le prétexte est l'affaire du mariage annulé, qui vient nous rappeler, selon l'Express, que "l'intégration musulmane est un défi continu". Et chaque article est un coup de pioche porté contre cette religion.

1. Premier article: "Les femmes, un statut d'infériorité"

"Allah est t-il misogyne?", interroge l'Express, reprenant l'argument fétiche de ceux
qui critiquent l'islam. Ces bien-pensants devraient se pencher sur les chiffres des violences conjugales en France: les Français chrétiens ou athées ont des comportements qui n'ont rien envier aux "méchants" musulmans (une femme sur dix est victime de violences conjugales, six femmes en meurent chaque mois).

2. Deuxième article: "Les enfants, Allah d'abord"

"Dans les textes sacrés, le nouveau-né est mis sur le même plan que les biens terrestres, explique Geneviève Gobillot, professeur d'études arabes et islamiques, à l'Université Lyon III, s'attacher à lui, c'est s'attacher à ce bas monde et se détourner de Dieu." La foi passe avant tout lien familiale.

Passage abject, qui sous-entend que les musulmans n'aiment pas leurs enfants… Cela me fait penser à certains mythes antisémites. Cette phrase, prononcée par une professeure, spécialiste de culture Arabe qui plus est, dépasse l'entendement, et serait probablement passible de poursuites.

3. Troisième article: "L'Individu. 'Sous le regard de Dieu'"

Ici, c'est la soumission qui est mise en exergue, et bien entendu pour nous autres
Européens, ce mot a une connotation négative (il s'oppose à la liberté). Le musulman est par définition "soumis" et il lui est impossible d'opérer une critique ou d'évoluer. Les questions posées par le journal à l'expert interviewé sont significatives de l'état d'esprit de l'hebdomadaire:

"L'idée d'égalité,au sens ou nous l'entendons en occident,existe-t-elle?", "Des chrétiens et des musulmans critiques sont aujourd'hui persécutés dans des pays islamiques. La liberté religieuse est-elle incompatible avec l'islam?"

"Dans des pays islamiques"… Une expression vague, qui masque les énormes différences entre les pays à majorité musulmane. Quel est le lien entre la République islamique d'Iran et le royaume du Maroc ou l'Indonésie?

4. Quatrième article: "la laïcité. L'Etat ou Mahomet?"

Ici, le ton est donné dans le titre, "l'Etat ou Mahomet?", comme s'il fallait choisir entre les deux, être musulman ou être républicain. Est citée la phrase très connue de Hassan al Banna, fondateur frères musulmans: "Le Coran est notre Constitution", mais sans que cette déclaration ne soit remise dans le contexte insurrectionnel de l'Egypte, colonie anglaise, en 1920. Une photo met l'accent sur cette incapacité de l'islam à vivre en république: "une manifestation contre le projet de loi interdisant les signe religieux dans les écoles en
2004"… sauf que nous sommes en 2008, et que ce problème a été réglé depuis.

5. Cinquième article: "la violence. Au nom du djihad"

"La religion du Prophète n'a évidemment pas le monopole du sang versé", commence l'article comme si on s'adressait à des gens qui pensent que la violence est constitutive à l'islam. Et… c'est bien ce qu'on lit un peu plus bas, en effet:

"L'Ancien Testament regorge de batailles et de tueries, et le christianisme a brulé les hérétiques et promu les croisades, en trahissant le pacifisme de son message
originel. L'islam, cependant, a admis la guerre sainte dès son origine: elle est non seulement juste, mais licite, dit le Coran… La tradition musulmane va donc réglementer et codifier très tôt l'usage des armes jusque dans la répartition des avantages matériels qu'il entraîne, et l'associer à un expansionnisme territorial étranger au judaïsme."

Donc, alors que les chrétiens ont travesti par le passé leur (beau) message pacifique, les musulmans eux, n'ont fait que suivre le message originel, le jihad. Photo qui illustre cet article: une "manifestation contre la reproduction d'une caricature de Mahomet".

6. Sixième article: "la modernité. Ce passé trop présent"

Ici est abordée la question de l'islam dans la vie privée:

"Le poids de la tradition et du Coran freine les sociétés musulmanes, comment trouver un autre chemin vers le progrès?"

Combien de fois avons nous entendu cela? Les musulmans sont arriérés, leur religion les tire vers le bas… Mais quelle différence y-a-t-il entre les croyants musulmans et les croyants évangélistes de la "Bible Belt" étatsunienne, si ce n'est leur niveau de vie? Il est également significatif de constater que l'article va jusqu'à nier l'efficacité des démarches visant à faire évoluer les mentalités musulmanes:

"La modernité ne se décrète pas non plus d'en haut, comme l'ont montré les limites des modèles de laïcité turc ou tunisien."

L'auteur oublie au passage le rôle joué en France par la loi pour annihiler l'influence de l'Église catholique. Le problème, poursuit le journaliste c'est que "dans l'écrasante majorité des pays concernés, l'exaltation du passé sert encore de grilles de lecture du
présent". En France, personne n'a osé dire que les célébrations du bicentenaire de la
révolution Française allaient à l'encontre de la modernité.

7. Septième article: "Esclavage. Histoire d'un tabou"

On continue dans la stigmatisation. L'auteur se délecte ici de nous rappeler la traite des noirs réalisée par les Arabes et se pique de bien rappeler au passage que "trois à quatre millions d'esclaves 'blancs' avaient été raflés par les Turcs". Pourquoi cette précision? Un esclave est un esclave, quelque soit sa couleur de peau ou sa religion, non? En plus d'insister sur le passé esclavagiste des arabes,le doigt est mis sur la continuité mais aussi la résurgence de cette pratique. Qu'on en juge en lisant la conclusion de l'article:

"Car aujourd'hui, comme le souligne Malek Chebel, les serviteurs noirs de Mauritanie,les domestiques des palais Marocains ou des monarchies du golfe, les enfants exploité en Afrique de l'ouest ou en Indonésie sont-ils autre chose que des 'esclaves modernes'?"

A cette aune, on pourrait également citer le sort réservé aux immigrants illégaux aux Etats-Unis ou en France, leurs bas salaires.

8. Huitième article: "Les plaisirs. Parfum d'Orient"

Le ton est donné d'entrée de jeu:

"L'islam,une religion hédoniste? Qui le croirait?"

Une fois de plus, on s'adresse à des gens qui sont supposés avoir une idée arrêtée et rétrograde sur l'islam, norme acceptée de tous. C'est certes le seul moment du dossier où l'islam n'est pas attaqué ou rabaissé. Mais il y a un problème: l'auteur, Malek Chebel, ne parle que du passé. Or, en insistant sur ce passé sensuel et érotique de l'Islam, c'est l'obscurantisme et le puritanisme prêtés aux musulmans actuels qui est souligné en creux. Sait-on pourtant que les femmes saoudiennes achètent plus de dessous "affriolants" que les Européennes, et que sur les chaines satellitaires arabes règne, sur les sujets sexuels, une véritable liberté de parole avec des questions souvent très crues?

9. Neuvième article: "Quand l'Algérie s'en prend aux chrétiens"

L'islam est ici stigmatisé à travers un problème Algero-Algérien, qui n'est en rien représentatif d'une quelconque volonté collective englobant les pays musulmans. Il est certes inadmissible que le président Bouteflika bafoue le droit élémentaire de choisir sa religion. Mais c'est une histoire propre à l'Algerie, dans une problématique spécifique de consolidation du pouvoir.

10. Dixième article: "Que devons nous aux philosophes arabes?"

Dernière des "vérités qui dérangent" de l'islam: c'est à la transmission des savoirs Grecs par les savants arabes, et plus précisément Averroès, que l'on s'attaque:

"Dans un livre critiqué, l'historien Sylvain Gouguenheim minimise l'influence du grand penseur musulman Averroès sur l'Europe chrétienne médiévale, s'explique et répond à ceux qui le taxent d'islamophobie."

L'Express donne ici la parole à un historien, qui, de l'aveu même du journal, "a cité dans ses remerciements un auteur d'extrême droite". Ce qui n'a pas l'air de gêner outre mesure la
rédaction, puisqu'il est offert à ce monsieur une large tribune…

Pour conclure, on doit se demander quel est le but poursuivi par l'Express qui expose ces prétendues "vérités qui dérangent"? En ces temps troubles, où le racisme guette à nouveau l'ensemble de la population, une telle une ne fait que jeter de l'huile sur le feu de l'islamophobie.

http://www.rue89.com/2008/06/19/islamophobie-sur-la-couverture-de-lexpress

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kebe 03/08/2008 19:54

Bonjour,
nous sommes tous indignés des propos intolérables salissant l'image de l'islam et des musulmans, dans cet article de l'express.
cependant sur les allégations attribuées au professeur Genviève Gobillot, il importe de ne pas se précipiter pour faire des jugements.
en fait, le professeur Gobillot a fait une mise au point, dans l'express paru le 17 juillet, démentissant toutes ces allégations que la journaliste lui a imputées.
voici son texte:"Je précise que l’article intitulé « Les enfants, Allah d’abord », (p. 44 de l’Express du 12 juin 2008), dans lequel mon nom figure deux fois ne reflète en rien ma pensée, ni les informations que son auteur m’avait demandées par téléphone. Je n’en reconnais ni le ton ni le contenu, n’ayant jamais dit, ni laissé entendre, que les enfants des musulmans seraient moins aimés que les autres. Je ne me suis jamais exprimée en disant « Ca, c’est intolérable pour Allah » ni dit que seul le mariage entre un musulman et une musulmane est licite. J’ignorais jusqu’au titre qui a été donné à cet article dont j’aurais refusé la publication en l’état si je l’avais vu avant. Les personnes qui me connaissent ont bien compris qu’il s’agissait là d’une monumentale erreur, mais je souhaite informer ici celles, bien plus nombreuses, qui se seraient fait une idée de ma pensée à partir de ce texte.

Geneviève Gobillot, Professeur des Université, spécialiste de Civilisation et Histoire des Idées arabo-musulmanes".

ces propos intolérables ne reflète donc que la pensée de la journaliste qui a signé l'article.
je vous signale que moi-même je suis musulman et je connais très bien cette professeur, pour avoir travaillé avec elle en tant qu'étudiant, et j'ai pu découvrir, par ses cours et par les livres qu'elle a écrit sur l'islam et la civilisation musulmane en général, sa pensée et ses positions vis-à-vis de l'islam, qui diffère totalement de ce qu'on a pu lire et déploré dans l'express.

j'espère donc que grâce à cette correction les lecteurs seront mieux informés